14/03/2018

Qui fait le malin...

Ben oui, à force de dire que cette année je gérais mieux, que j'avais beau être un peu fatiguée, que j'étais zen, que j'étais contente de voir que j'apprenais avec l'âge... je me suis pris un gros revers de manivelle.

Je ne sais pas si c'est Alzheimer qui me guette, un énorme coup de mou, ou quelque chose de plus sérieux. Mais je ne gère plus rien du tout. Rien que d'allumer le feu sous une casserole d'eau me semble trop. ça faisait longtemps que je n'avais plus vécu ça... depuis l'année passée, tiens. Bref, autant pour le concept que l'âge rend plus sage...

ça doit être la saison des carnavals: mon cerveau semble partir en confetti. Je ne retiens plus rien, même pas ce que j'écris - forcément, j'oublie de consulter mes post-it. Même acheter un cadeau pour le copain de ma fille (anniversaire oblige) me semble une épreuve insurmontable. Je dois être à 100% de plein de côtés à la fois, et là je me sens juste à 0% partout.

Je comprends de mieux en mieux ce concept de "charge mentale" qui tombe généralement sur la gueule des femmes. Limite, je me prends à fantasmer sur la vie d'une femme au foyer soumise, dont le boulot principal serait de nettoyer. Un truc physique, mais pas penser. Plus penser. Surtout pas prévoir, ni anticiper. Ah merde, qu'est-ce que j'ai encore oublié, déjà?

J'ai envie de prendre mes godasses (la voiture, ça serait trop dangereux, me sens pas capable) et de partir loin, très loin, toute seule. Passer 3 jours sans penser. Limite, sans parler. Je suis sur le point de prendre 2 jours (une nuit) de vacances seule. Depuis que je suis en couple ça ne m'est jamais arrivée. Mais là, c'est ça, une bulle d'air, ou l'hôpital. Ou je dramatise?

Toujours est-il que pour l'instant, tout me pèse. 

Me lever et être celle qui doit faire lever les gosses, et leur répéter plusieurs fois.

Me lever et devoir m'assurer que mon homme ne s'est pas rendormi.

Me lever et, si on a tous (enfin, lui ou moi) on a eu la flemme de préparer le petit-déj, être celle qui.

Me lever et si un des gosses est malade, être celle qui.

Me préparer sans avoir le temps de finir une seule tasse de café. Parce que je n'arrive pas à sortir du lit. 6h c'est pas mon heure, et ça ne le sera jamais.

Devoir gérer, au boulot, un nombre de casquettes qui peut aller jusque (je compte sur mes doigts) 6, avec tout leur lot de réunions. Cette semaine j'ai eu deux journées sans aucune pause, parce que toutes remplies par des réunions concernant ces diverses casquettes. Et ça, c'est juste dans le bâtiment scolaire, sans parler des prépas, des corrections, des comptes à rendre aux parents (qui, heureusement, n'ont pas mon numéro de téléphone et qui ne savent pas que je ne suis pas connectée toute la nuit - merci vieux gsm des années 90!).

Devoir, à peine rentrée, me précipiter sur le linge à laver, à pendre, à monter (pas fait, pas fait, pas fait aujourd'hui), à regarder la crasse s'accumuler en soupirant parce que comment faire, à moins d'avoir 6 mains? Faire à bouffer. Me prendre le chou avec mes DEUX ados, à présent. Me sentir nulle parce qu'ils partent un peu en cacahuète tous les deux et je me dis que - forcément - c'est ma faute.

Faire à bouffer et en venir à souhaiter avaler une pilule, pour être plus vite au lit ou étalée comme une grosse merde devant une débilité télévisée.

Ranger le brol pendant que les autres s'amusent. Préparer la table, penser, prévoir, penser, prévoir. 

M'écrouler et ne même plus avoir la force d'écouter mon homme me raconter sa journée. (ok, il peut être très, très, heu... balzacquien dans ses descriptions, mais quand même!) Soupirer intérieurement quand ma fille veut un câlin, en plus de son bisou, parce que même ces secondes-là me semblent plus que ce que je peux donner.

Puis geindre, geindre, geindre... je me fais chier moi-même. Sauf que personne ne semble m'entendre. C'est décidé, je vais être plus claire. Je devrais le savoir, je vis avec 3: un mec, ça n'entend pas entre les lignes. Si vous dites "je suis fatiguée", il va juste entendre "elle se plaint encore" ou limite, si vous avez un vraiment obtus "ah merde, c'est pas encore pour ce soir", mais il ne va JAMAIS se dire spontanément "alors je vais prendre l'aspiro et passer un coup"... Soit je les castre, soit je me fais entendre mieux. Mais une chose est sûre: si je continue à faire des grands pas en avant en étant au bord du gouffre... le ravin n'est plus très loin.

18/01/2018

La solidarité? Un crime en Belgique...

Ceci est une réaction à chaud. C'est contraire à mes "habitudes" d'écriture (je ne suis plus guère présente, certes, mais en général quand j'écris un billet, c'est qu'il a mûri un peu auparavant). Mais là je DOIS réagir.

Notre cher gouvernement est en train de plancher sur un projet de loi qui viserait à autoriser des perquisitions SANS MANDAT dans des endroits où logeraient des sans papiers. En outre, ce projet autoriserait également à perquisitionner chez des gens soupçonnés d'HEBERGER des sans papiers.

Je trouve que ce projet n'est pas complet: on devrait, en plus, encourager la dénonciation de ces mauvais citoyens qui osent ne pas laisser crever des (forcément) criminels devant chez eux, pourquoi ne pas proposer une récompense à ceux qui font leur devoir?

On devrait aussi réaménager les abattoirs chez nous, afin d'y parquer les sans papiers, en leur proposant une douche gratos: ça éviterait les frais de rapatriement, tant qu'à faire de faire des économies. Parce que les ramener chez eux pour qu'on les torture, que de frais pour pas grand-chose! Autant privilégier les circuits courts et le local! En plus ça donnerait du boulot aux chômeurs, qui se les roulent, c'est bien connu, en touchant leur rente mensuelle, bref, ça serait QUE DU BONHEUR, faire d'une pierre deux, trois, quatre coups! Aaaah, heureusement qu'y a des gens qui ont les couilles de prendre le taureau par les cornes! (ou le contraire)

 

"Blague" à part... je sais qu'accuser de fascisme les gens qui ne pensent pas comme nous est une tendance très commune. Il y a même une théorie, la loi de Godwin, qui la chiffre. Mais putain, je vois la deuxième guerre mondiale avec mes étudiants, et je remarque quand même quelques légères similitudes!!! Déjà, qu'on puisse proposer des lois en désaccord direct avec la Constitution belge, quand même... A quand un "Enabling Act" qui permettrait à Vrancken de tout décider sans que notre crétin de Premier Ministre ne doive l'excuser?

Je suis horrifiée. Outragée. Triste. Effrayée. J'ai le coeur qui bat à du mille à l'heure. Franchement, si c'est dans cette direction-là que va le monde, je n'ai plus envie d'y vivre. Ceci n'est pas une menace de suicide en direct, j'ai un peu des responsabilités et je dois continuer à y croire, mais moi qui ai toujours été super modérée (politiquement, en tout cas), super "civile", du genre à ramasser mes papiers par terre, voire ceux des autres, je commence à me demander si lancer des pierres n'est pas la seule solution pour mettre fin à la dictature des connards. Je ne me sens pas capable de faire de la politique moi-même, mais aider à faire place nette en foutant tout à la poubelle pour laisser la place à des gens honnêtes, ça commence à me démanger.

Je suis frustrée par mon manque de ressources, d'énergie, de courage, sans doute. En attendant, je vais particulièrement faire attention à pour qui je vote, aux prochaines élections. Parce que, franchement, c'est vraiment maintenant qu'il faut réagir. Dire NON, dire NON, BORDEL, c'est pas ce genre de monde qu'on veut pour nos gosses.

D'ailleurs appel aux belges qui me liraient toujours (merci les fidèles): je ne suis pas sur Facebook mais s'il y a des mouvements collectifs et citoyens pour dire MERDE et lancer des pavés, contactez-moi!!!

Merci d'avance à ceux qui y croient encore. Il FAUT continuer.

Voilà, c'était ma réaction à très, très chaud... mais là, je pense qu'il faut réagir avec ses tripes et avec son humanité. 

01/08/2017

Le No Poo... miracle ou grosse arnaque?

Eté 2015.

Ce sont les vacances. Je suis bien, je suis bronzée, je suis reposée, je me sens belle... sauf quand j'ôte la pince qui retient ce qui me sert de cheveux. La fatigue, les colorations, le soleil et le chlore ont fait qu'il ne me reste plus grand-chose, et ce qui a survécu aux chutes massives et à répétition, c'est franchement minable. Mes cheveux bouclent, certes (alors qu'avant ils étaient plutôt raides), mais ils sont gras aux racines et secs aux pointes. J'ose espérer qu'une bonne coupe va remettre de l'ordre dans tout ça... mais j'ai peur d'aller chez le coiffeur depuis la dernière fois, où la nana a passé son temps à critiquer mes cheveux, à me demander si je faisais parfois des "soins" (de l'après-shampoing, tu veux dire?), avec, en sous-titre, "au moins, grosse conne?", au point que j'ai eu envie de dire qu'à part la boue et le purin, non, je ne savais pas bien comment faire...

Je me décide quand même - une chance, je tombe sur une coiffeuse qui bégaie (je vous jure!), du coup ça limite les interventions - sauf qu'elle me dit que mes shampoings sont "mauvais". Je traduis dans ma tête "pas ceux que ELLE, elle vend, sauf qu'ils coûtent blindé plus", mais elle m'assure que ce qui tue ma tignasse c'est le (la?) silicone. Elle est presque convaincante...

Peu de temps après, je vais boire un verre avec ma copine A., qui me donne un tuyau: shampoing au rasoul, ça épaissit le cheveu et ça ralentit la chute. J'essaie... effectivement, ça me donne enfin un peu plus de volume. Par contre au niveau cheveux secs, ça ne change pas grand-chose.

Puis je rencontre mon autre copine A., qui affiche une chevelure de sirène tahitienne... je lui demande ce qu'elle a fait - et bam, elle me répond: "ça fait deux ans que je ne les lave plus"...

J'avais déjà entendu parler de cette nouvelle mode "no-poo", et je l'avais vite reléguée dans la catégorie "truc de bobo qui s'emmerde"... moi, j'assumais pleinement mon shampoinage quotidien, je ne me sentais bien que le cheveu fraîchement lavé, donc l'idée d'y renoncer me semblait inconcevable, fait pour les Zaz aux dread cradingues et à la lèvre percée, pour les habillés "world" qui sentent la chèvre et qui dorment avec leurs chiens, bref, PAS POUR MOI du tout!!!

Sauf que ma copine A. n'est pas du tout comme ça. Certes, elle fait plus bohème qu'Yvanna Trump, mais elle est propre, elle sent bon, elle est habillée "normal" et pas en peaux de bêtes... et, putain, ce qu'elle a des beaux cheveux!!! ça fait rêver!

Après quelques semaines de réflexions, je décide de tenter l'aventure, moi aussi, en me disant que de toute façon je n'ai rien à perdre, et que au bout d'un an, si je ne vois aucune différence, il sera toujours temps de revenir à mes anciennes habitudes.

Je ne vais pas détailler ici en détails le "journal de bord" de mes tentatives, de mes échecs, du lent cheminement... Je vais plutôt partager mes conclusions, deux ans après...

 

Au départ, il y a deux ans, j'en étais donc à 7 shampoings par jour, avec le résultat qu'on connaît. Mes cheveux ne poussaient plus (enfin, dès qu'ils dépassaient la longueur des épaules, ça partait en vrille et j'avais plus envie de les appeler "poils" que chevelure). Je multipliais les colorations, puisque, forcément, même sans repousses, à force de lavages, la couleur partait tout de suite, et je me retrouvais avec des cheveux carottes délavées, alors que la couleur que j'affectionne est plutôt "rouge profond sur cheveux foncés". J'avais même l'impression que mes cheveux repoussaient "incolores", comme si, à force de jouer avec des saloperies, j'avais même niqué ma couleur naturelle...

D'abord, j'avoue que je n'ai PAS joué le jeu du no-poo complet. Je n'ai pas réussi à passer le mois sans les laver: ça gratte, ça plaque, c'est crad', non, je n'ai pas pu. Je n'ai même pas voulu dépasser (sauf peut-être une fois ou deux) la semaine. Impossible... blocage... Juste, NON!

Par contre, oui, j'ai espacé les shampoings le plus possible. Mon rythme de croisière, même s'il fluctue, est d'un lavage tous les 5 jours. Quand je fais du sport régulièrement, je les "lave" à l'après-shampoing après 4 jours, puis 3-4 jours plus tard je shampouine - shampoing bio au rhassul. Cet été, je vais tester le shampoing aux oeufs. Après la piscine, je les rince au vinaigre et à l'eau froide - ce qui amuse toujours mes copines (et c'est TRES DUR en plein hiver...).

Ce que j'ai constaté comme résultats, en toute honnêteté:

  • Ils sont vachement plus beaux, c'est indéniable. Ils brillent plus, ils n'ont plus l'air sales au bout d'une journée, ils sont plus abondants (même si je n'ai jamais eu une grosse masse de tignasse, même enfant). Bref, pour ça, que du positif.
  • Ils poussent!!! Et sans se casser!!! Bon, demain je vais couper les pointes (sans crainte de me faire insulter, cette fois...) puisque après deux semaines au soleil, à la mer et à la piscine, ma foi, ça craint toujours un peu. Mais ils sont un bon 12 cm (voire un peu plus pour les mèches les plus longues) plus bas que mes épaules. J'arrive à faire un chignon qui tient au sommet de la tête sans trop de mèches folles (surtout quand ils sont sales, ce qui est le cas ce soir, vous savez tout à présent! wink)
  • J'utilise vachement moins de produits colorants, malgré qu'ils poussent plus vite. Donc ils sont plus beaux. Et j'ai refait connaissance avec ma couleur naturelle - et vous savez quoi? Les repousses, ça ne choque pas tant que ça. (je n'ai pas des repousses d'un noir de jais en-dessous d'une décolo blonde platine non plus, ça aide!!!) J'ai quelques cheveux blancs, dont j'ai fait la connaissance, et ça ne me choque même pas non plus.
  • Avoir les cheveux pas trop propres, ça aide à avoir un chignon structuré, il tient mieux. 
  • Le shampoing sec, même "officieux" (càd de la farine de maïs toute biès) aide à combattre l'effet "tu reviens de la piscine, tu as les cheveux mouillés? - ah non, ils sont gras!" pendant parfois plusieurs jours.
  • Qu'est-ce que ça prend du temps, de se laver les cheveux tous les jours!!! A présent, la plupart des matins, je mets 5 minutes montre en main pour me doucher ET me sécher! Quand au brushing, ça n'a jamais été mon truc (voir ci-dessous).
  • A présent qu'ils ont plus de forme, qu'ils ne sont pas minables et pendouillants même après le shampoing, mon "brushing", c'est simplement de les sécher à la serviette et de les brosser. Après, je poigne dedans une fois ou deux pour faire revenir les boucles. Puisque c'est la première chose que je fais le matin et que je déjeune toujours entre-temps, quand je pars bosser, ils sont secs, donc plus besoin de sèche-cheveux. Ce qui tombe assez bien, vu que ce sont mes fils qui l'utilisent, à présent... Et si vraiment il fait moins mille dehors, un petit coup de 2 minutes max me suffit. La coiffure? J'ai ma pince, puisqu'ils ont poussé!!! Bonheur...
  • Autre avantage non négligeable: quand je dois m'absenter de mon confort habituel, cela ne provoque plus le stress et le questionnement existentiel de "où et quand vais-je pouvoir me laver les tifs?"!!! Je sais que passer plusieurs jours sans douche ni shampoing ne me tuera pas, je suis libérée! (délivrée....) Enfin, il reste quand même le problème "toilettes" et le problème "truc de filles"... mais bon, ça en fait déjà un en moins, quoi!
  • Par contre, point négatif, j'ai refait connaissance avec les pellicules, notamment dans les moments de stress. Avant, forcément, en les lavant tous les jours, je n'avais pas le temps d'observer cet intéressant phénomène... Honnêtement, c'est le seul auquel je pense.

Bref, comme toutes les "modes", il y a à boire et à manger dans le "no-poo". Moi, perso, je ne me vois pas utiliser uniquement de l'eau et du bicarbonate de soude (malgré mon amour grandissant pour ce produit) pour les laver. Peut-être changerai-je d'avis. Peut-être vais-je trouver d'autres solutions à MA sauce. Mais au moins j'ai pu un peu me désintoxiquer des Fructis et autres saloperies. C'est vrai que les laver trop souvent les rend plus gras. C'est vrai que les enfants n'ont pas (encore) ce besoin - ma fille, elle, peut rester 2 semaines sans shampoing et elle garde une chevelure magnifique. Mais je ne suis pas persuadée que c'est uniquement le fait de les laver qui les amoche. Après tout, avec l'âge, on produit plus de sébum (suffit de voir les ados à 12-13 ans), on flaire plus vite, aussi. Donc il faut adapter les soins au corps que l'on a!

On n'en parle plus des masses, ceci dit, de cette tendance. Peut-être était-ce une fulgurance pour avoir du buzz. Je suis contente d'avoir tenté l'affaire, puisque je pense que ça m'a permis de garder des cheveux, ils en étaient quasi à ce point. Pour le reste... c'est comme la politique ou la religion: je n'ai pas envie de devenir une esclave des extrêmes.

 

18:00 Écrit par Catherine dans Mes tartines à moi | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : blog de filles, cheveux, no poo |  Facebook |

11/07/2017

Et pour vous, c'est quoi le pire?

J'ai entendu récemment une collègue se plaindre que, après la naissance de son petit, tout le monde lui disait de "profiter", car ça passait vraiment "trop vite". Elle, au contraire, trouvait cette fusion totale avec un môme braillard plutôt ennuyeuse - quand elle n'était pas carrément en pleine détresse, après 6 semaines de nuits interrompues, et donc, à juste titre, elle ne voyait pas ce que les autres voulaient dire.

A l'époque, moi non plus, je ne voyais pas. Mais à présent que le nombre de jeunes mâles hargneux, non communicatifs - et pourtant ô combien revendicateurs est passé de un à deux, je me prends à me demander si moi aussi, je ne viens pas de basculer de l'autre côté de la Force, je me demande si à mon tour je ne suis pas prête à répéter cette phrase énervante aux jeunes mamans en détresse... et pourtant, mes souvenirs "nouveaux-nés" sont toujours très loin du rose bonbon - bleu pastel! 

C'est pourquoi j'ai décidé de comparer. Je reste juste, ceci dit: pas question de comparer les mérites du nouveau-né versus l'enfant de deux ans ("je braille" ou "je dis que ma maman est la plus belle"), ni de l'enfant de 8-10 ans (période de calme où l'évolution semble aller vers le haut et vers l'avant) versus l'ado (heu... période de tsunami où l'évolution semble aller vers le "plus grand, plus biès", et où, s'ils devaient s'exprimer sur nous, ça ressemblerait plutôt à "ma daronne c'est la plus ringarde/chiante/injuste/pas stylée..."). 

J'ai décidé de comparer les deux (jusqu'à présent) plus horribles phases de la vie, j'ai dit: le nouveau-né versus l'ado... qu'est-ce qui est plus pénible, un bébé ou un "jeune"? Quelqu'un qui braille pour s'exprimer, ou quelqu'un qui borborygme (si possible de manière monosyllabique, même pour dire "anticonstitutionnellement"), et qui semble toujours trop comateux pour daigner répéter? Quelqu'un qui a des besoins d'attention constants, ou quelqu'un qui a des besoins de pognon constants? Voici donc le match de l'année - et n'hésitez pas à poster pour compléter ce à quoi je n'aurais pas pensé, dans ma petite expérience d'un de presque 15 et d'un de 12 qui y rentre... (j'avoue, je n'ai pas encore des angoisses de sorties ou de permis de conduire, encore moins des belles-filles qui vivent chez moi...)

1. Le corps après la venue du bébé / de l'ado

Là, on pourrait se dire que le match est gagné d'avance: heureusement pour nous, mamans, l'ado ne doit pas passer par notre vagin pour apparaître! Il se s'accroche pas à nos tétons, il ne provoque pas de bouleversement hormonal... alors, un point pour l'ado? Oui, peut-être... mais c'est sans compter les rides qu'on gagne à cause d'eux! Mais bon, aurions-nous échappé à ces dites rides si on avait eu la bonne idée le malheur de ne pas avoir d'enfants? Allez, j'accorde le point à l'ado. 0 - 1

2. Nos nuits avec le bébé / l'ado

Là encore, chez moi en tout cas, y a pas photo: le premier se réveillait toutes les deux heures (le bébé, je veux dire, pas l'ado!), le deuxième n'a passé ses nuits qu'à (gloups, pulsion de haine qui revient) 2 ans et demi... Je ne dois plus me réveiller pour des cauchemars, des biberons, des tétées... Je ne dois pas encore me réveiller pour aller chercher quelqu'un en boîte (ou parce qu'il n'est pas encore rentré malgré qu'il soit 4h et que j'avais bien dit 2h dernière limite... bref, je "profite", quoi!) Par contre j'ai dû une fois descendre parce qu'ils se disputaient... ben oui, les hormones, ça ne rend pas forcément plus malin! C'est vrai pour les gonzesses qui enfantent, ben c'est vrai aussi pour les enfants qui grandissent! Mais bon, une fois encore j'accorde le point à l'ado. 0 - 2

3. Les repas avec le bébé / l'ado

Oui, j'ai bien dit "avec" l'ado... parce que j'insiste quand même que le repas du soir soit pris en famille autour d'une table et sans télé. Avec des couverts et des assiettes. Et même des légumes (la plupart du temps, quoi! ce soir c'était pâtes aux lardons, j'avoue...). Evidemment, s'il pouvait, l'ado mangerait tous ses repas soit en ville avec sa tribu, soit seul devant son écran...

L'avantage majeur de l'ado, c'est qu'il mange tout seul comme un grand. Pas toujours proprement. Pas toujours droit à table (bizarre, cette tendance de la colonne vertébrale de l'ado à suivre une courbe parfaite). Pas toujours avec le sourire, parce que, honte sur moi, je ne m'inspire pas très souvent des Mc Do' et autres "crasses" pour mon menu, du coup, ben, ce que je propose, c'est bèrk. Mais au moins il manipule les couverts tout seul, et ne passe plus son temps à éternuer la bouche pleine de soupe aux carottes sur mon chemisier blanc. Il fout des coups de coude à ses voisins, voire des coups de pieds (ça grandit vite, ces petites bêtes), mais il mange seul. Et honnêtement, moi, donner la becquée ça m'emmerdait assez vite. Donc je tendrais vers le point une fois encore pour l'ado - sauf qu'il grogne, qu'il râle, qu'il soupire quand on l'exploite (= quand on lui demande de dresser la table), qu'il ne se contente pas des petits plats préparés avec amour, mais qu'il fait comme l'écureuil avant l'hiver: l'ado stocke dans sa tanière, des trucs gras et sucrés de préférence, et comme il oublie parfois à quoi sert ce truc en plastic à côté de son bureau (= sa poubelle), ben, disons que la tanière, parfois, embaume un peu tout l'étage. Un peu comme les langes de bébé, tient, à l'époque... 

En résumé, le bébé gazouille, sourit, éternue et ne mange pas seul. L'ado grogne, salit, râle, mais mange seul. Et ils puent tous les deux (voir plus loin). Allez... égalité? donc on en est à 1 - 3

4. La propreté du bébé / de l'ado

Tout comme les propriétaires de chien, les parents de bébés n'aiment pas ramasser les crottes - sauf qu'on n'a pas tellement le choix, les bébés étant généralement trop biès pour comprendre le concept de ch... sur le trottoir pour amuser les autres. C'est ZE désavantage majeur du bébé - et dès qu'il passe au solide, ça empire. Et quand il devient carnivore, je ne vous raconte pas... mon homme a déjà failli gerber en s'occupant du change du matin. L'ado a beau être un peu flairant lui aussi, on a rarement envie de vomir quand on lui dit bonjour. Quand on rentre dans sa chambre, c'est une autre histoire. Mais en le bisant, lui, ça va encore. Par contre, un bébé, une fois le derrière propre, ça sent généralement assez bon - ok, parfois le lait sûri, mais ce n'est pas une généralité. L'ado, lui, traverse parfois une phase hydrophobe qui peut être assez pénible pour ses proches. Il a l'air crad', mais bon, ça pourrait être fashion dans certains milieux, mais il oublie souvent que ces foutues hormones ont un effet direct sur certaines parties du corps. L'ado pue des pieds, par exemple. Mais ça ne le dérange pas: c'est SON odeur, dit-il d'un air angélique. Et si ça vous fait chier en plus, c'est bonus!

Sa chambre, son domaine privé, ben l'ado a ça en commun avec les chats, il doit marquer son territoire. Heureusement, il ne pisse pas contre les murs (enfin, pas ceux de sa chambre, sinon un seul conseil: le faire castrer au plus vite!), par contre il accumule des vivres (voir point 3), on ne sait jamais que sa mère ne décide de cuisiner des légumes TOUS LES JOURS, afin d'assurer ses réserves en gras et en conservateurs cancérigènes. Sauf qu'il entame de nombreux paquets, qu'il laisse ensuite péricliter - sans doute l'esprit curieux et ouvert de l'ado, qui décide de faire de chaque moment de sa vie une merveilleuse aventure scientifique, sans oublier qu'il vit avec d'autres...

Donc là, je dis clairement, le point va au bébé. 2 - 3

5. Les rapports humains

En début de vie, on se dit "vivement qu'ils parlent". Et pourtant, on oublie à quel point il est facile de communiquer avec un bébé. Attention, je n'ai pas dit qu'il était simple de les décrypter. Mais si vous observez les yeux d'un bébé à qui la mère parle, gazouille, chante, c'est magique: la moindre connerie que vous proférez a tout de suite l'air de le fasciner, de l'amuser, de le rendre HEU-REUX! Vous vous sentez la reine du monde, devant les yeux pleins d'amour de ce petit être qui vous répond, certes, avec des borborygmes, mais également avec tout son corps, qui semble dire "continue, parle-moi, je t'aime!"...

Et l'ado? Heu... le point commun, c'est l'articulation du langage, qui régresse à nouveau au stade du grognement (on ne PEUT pas décemment dire "gazouillis", même si j'aimerais bien!). Si on décrypte le reste... c'est là que ça se corse. Ses yeux vous évite, sa bouche tombe vers le sol, et tout son corps semble dire "mais qu'est-ce que tu m'emmeeeeeerdes!!!". Que faites-vous pour l'emmerder? Rien. Vous êtes là. Vous vous intéressez à lui. Vous osez lui poser plein de questions chiantes et indiscrètes (du genre "tu écoutes quoi en ce moment?" - KGB, les mères, c'est bien connu!). Il vous soupçonne sans cesse de vouloir l'espionner. Vous êtes comme une espèce de gros caillou géant qui se dresse entre lui et le plaisir: les potes, les écrans, le mutisme. Bref, vous faites chier. 

Ici aussi, je ne PEUX PAS ne pas donner le point au bébé. 3 - 3

6. Eux et l'univers autour d'eux

 

On pourrait dire qu'ici, le match est clairement inégal, si on prend en compte le développement du cerveau... et pourtant, quand on y regarde d'un peu plus près, non, pas tant que ça. Au contraire, quand je vois mes ados, je repense souvent à mes bébés...

En effet, ils ont des réactions un peu similaires: ils ne voient qu'eux, ne prennent en compte que leurs besoins, ils oublient qu'ils vivent avec d'autres personnes qui ne sont pas eux, et ils voient l'univers à travers le prisme de leur petit nombril... Leur univers, c'est l'Univers. Le reste, ils s'en foutent.

Autre point commun: leur allergie à toute forme de frustration. Le bébé, forcément, ne comprend pas qu'on puisse reporter la satisfaction de ses besoins primaires (= téter) d'une éternité (quelques minutes). L'ado... ben, c'est pareil: il ne comprend pas qu'on puisse reporter la satisfaction de ses besoins primaires (= consommer, que ce soit de la nourriture, des gadgets électroniques, des fringues ou notre précieux temps en trajets pour sa vie sociale trépidante) d'une éternité (à partir de quelques minutes également).

C'est le point qui m'énerve, me révolte, me frustre et m'attriste le plus chez mes ados... et pourtant, j'ai des souvenirs de réactions pareilles. Pas aussi virulentes (mes parents, je pense, m'auraient reclapée assez vite...), mais d'un égocentrisme tel qu'en y pensant, j'ai moi-même envie de me foutre des claques. Et comme je suis, je pense, devenue quelqu'un de relativement empathique et ouvert sur le monde, je garde espoir... Pas le choix!

Donc ici aussi, je donne un point à chacun. 4 - 4

L'image qu'ils nous donnent de nous

Autrement dit, peut-on se sentir une bonne mère avec l'un ou l'autre?

Le bébé a l'art de nous faire sentir comme les plus idiotes du monde, parce que, pensez-vous, c'est bête, il vient rarement avec un mode d'emploi. Tout ce qu'on dit aux mamans concerne la grossesse, après, c'est démerde-toi, toute façon que veux-tu savoir, c'est que du bonheur, puis on va te donner 180 milliards de conseils - contradictoires, bien sûr! Quand c'est un 2è ou un 3è, c'est pas grave. Quand c'est ton premier, que tu as eu un accouchement de merde, un début d'allaitement de merde, un moral de merde... ben c'est un peu dur. Tu te demandes ce qui t'a pris de le vouloir à ce point, ce môme. Tu as peur.

Ben, quand ils deviennent ados... c'est un peu la même chose. Sauf qu'on sait qu'à un moment, ça fonctionnait pas trop mal (entre les deux phases), donc que tout ne vient pas forcément de nous et de notre incapacité congénitale. C'est dur - parce que quitter une phase chouette pour une phase de merde, forcément, c'est plus difficile que l'inverse. Mais finalement, ma plus grande peur à moi était de ne pas savoir aimer mon bébé, au tout début. Quand ils sont ados, ces salauds, c'est trop tard, le mal est fait, on les aime à crever même quand ils nous en font voir de toutes les couleurs. ça doit être pour ça, d'ailleurs, qu'ils naissent bébés... 

Mais quand ils nous envoient chier, nous et toutes les valeurs, tous les trucs qui sont importants pour nous, en nous disant qu'on est à côté de la plaque, ce n'est pas forcément agréable non plus. A moins d'être un parangon de confiance en soi et en ses convictions (pas notre cas, malheureusement), ça déstabilise un peu. On se sent parfois (souvent? tout le temps?) un mauvais parent qui ne sait pas et qui n'a jamais su s'y prendre. C'est quoi le pire, monstre sans coeur ou biès qui n'a aucune idée? Franchement, j'hésite...Egalité encore? ça nous ferait un score de 5 - 5...

Conclusion

En commençant ce billet, inspiré, vous l'aurez compris, par l'exaspération à laquelle me mènent parfois mes deux grands, je pensais atteindre un score "stalinien" de 100% de succès pour le bébé... J'ai essayé d'être relativement objective, tant que faire se peut. J'ai également un peu forcé le trait - sinon c'est moins drôle, puis ça devient trop personnel. Ma conclusion verra un autre point commun entre les deux personnages, du moins en ce qui me concerne: pour ces deux stades (et pour les autres aussi, finalement), on passe par des moments de doute, de découragement, voire de désespoir à se dire qu'on a tout raté, et qu'on n'aurait jamais dû les mettre au monde, ces fichus mômes. Puis votre bébé vous sourit... et le soleil se lève et illumine tout autour de vous. Vous oubliez votre corps endolori, votre cerveau brouillé après mille nuits sans sommeil, vous êtes heureuse.

Quand l'ado vous entoure de ses grands bras osseux, même si aucun mot ne sort de sa bouche, parce que ça devient pudique, ces petites choses fragiles malgré tout, le même sentiment vous envahit. Et comme c'est plus rare, ces moments deviennent d'autant plus précieux. 

De temps en temps, de préférence ailleurs que devant vos yeux, on vous rapporte que votre ado a été poli, souriant, agréable et tourné vers les autres (et tout ça gratos!). Là aussi, vous vous dites "ok, il n'a pas TOUT jeté à la poubelle de ce que j'ai essayé de lui inculquer". Vous reprenez espoir.

Parfois, même, vous arrivez à avoir une vraie conversation avec eux, sans qu'ils ne se referment comme des huîtres hostiles. Faut choisir son moment (enfin, celui de l'ado) et SURTOUT ne pas basculer dans la "parentalité" (du style conseils ou reproches) sinon ça fout le camp, mais en attendant votre inévitable gaffe (consciente ou perçue comme telle par l'ado), ça aussi, c'est bon.

Enfin, il y a les vacances, où, forcément, on ne parle plus d'école, où on est plus disponible... là aussi, c'est l'occasion de les retrouver un peu comme du temps où ils étaient "les vôtres" uniquement.

C'est peut-être ça qui est dur, malgré tout ce qu'on nous avait prévenus: le bébé, il est à vous. L'ado... ben, il déploie ses ailes, quoi. Allez, faites-lui vite un câlin avant qu'il ne se casse pour de bon dans l'âge adulte! 

24/05/2017

Débordée, dépassée??? J'ai un truc!!!!!!

Bon, déjà j'avais mis "trucs", avec S, malgré que je n'en ai que UN... ça veut déjà tout dire...

Comme chaque année, c'est fin mai - oui, j'ai remarqué que fin mai arrivait chaque année, z'avez vu?

Bref... toi aussi, fais-toi passer pour gâteuse précoce parce que tu ne maîtrises plus ta langue maternelle...

Ce que je voulais dire, un peu maladroitement, c'est que chaque année à cette époque, c'est la même histoire dans ma vie pro et perso: c'est FULL MEGA TOTAL PLEIN!

Entre la fête d'école de Mr 1 (qui est la mienne aussi), celle de Mr 2, celle de Mlle 3 (pourquoi faire simple, après tout, quand on peut se compliquer la vie - moi j'vous l'dis, inconsciemment j'ai peur de m'emmerder...)... Entre le spectacle sport de Mr 1 (càd conduire, rechercher, soutenir, encourager etc...), les tournois de foot de Mr 2 (càd conduire, rechercher etc...), le brevet de Mlle 3 (ben oui, ici aussi!)... Entre les piles de corrections pré-examens, les piles de corrections d'examens, puis un magnifique projet mais super "time-consuming"... Entre mon sport à moi ("brevet" de 10 kms: J-13!!!), les amis, la logistique familiale, les vingt milliards de choses à penser pour vingt milliards de catégories différentes... comment fait-on, bon sang de bois, pour ne pas terminer complètement chèvre, sous Prozac et/ou sous cocaïne avant la date fatidique du 30 juin?

La solution? En un mot? Qui, de plus, est, je pense, un véritable mot français? (enfin... je crois)

On compartimentalise!!! On voit la vie comme une page à remplir, avec différents blocs de construction, de zones de texte (oui, j'ai bouffé de la mise en page pendant 48 heures, ça se voit?), UN A LA FOIS. Une marche, une zone, une tâche...

C'est ce que je fais pour l'instant: je vis plus ou moins une heure à la fois. Certes, ça ne me rend pas forcément beaucoup plus efficace (on manque parfois un peu de vue d'ensemble)... mais au moins je reste zen face à ma petite marche (et donc je fais le boulot qu'est sur la marche), alors que si je devais regarder la montagne, je me dirais juste AAAAAAAAARRRRRGGGGGHHHHHH!

"En mai, fais ce qu'il te plaît", qu'ils disaient!!! La bonne blague... Moi c'est plutôt "en mai, fais comme tu peux"!

En attendant, ma pile de choses à corriger n'augmentera plus avant la fin de la semaine prochaine! Je pense pouvoir bientôt dire que la quantité de travail ne va plus (trop) augmenter. Puis viendra le jour où ça va carrément diminuer... allez, encore une année où je pense que je vais survivre... Ouaaaaaaais!

(attention, je n'ai jamais dit que j'allais survivre en bon état!!! avec le temps j'ai appris à diminuer mes ambitions...)

30/04/2017

Une petite histoire

Je n'écris pas beaucoup pour le moment. Enfin... pas ici. 

Ce n'est pas que je n'aie plus rien à dire! Mais j'ai l'impression que, depuis un moment, je me répète, je ressasse, je râle sur les mêmes choses, et parfois je me sens un peu seule.

Pourtant, là, j'ai envie de raconter une petite histoire.

Il était une fois, un pays qui, après toute une série de crises (financière, morale, philosophique, d'image...), avait en tête qu'il voulait du changement. Les décideurs politiques "traditionnels", ceux dont le rôle avait été décidé dans leur dernière constitution, dans leur dernière République, avaient déçu tout le monde. A tort ou à raison, le peuple ne leur faisait plus confiance. C'est alors que vinrent les élections.

Au départ, la victoire n'était pas assurée. Le parti avait beaucoup d'opposants, bien que beaucoup de supporters. Beaucoup s'en méfiaient, à juste titre. Sauf que ces méfiants visionnaires n'ont jamais pu se mettre d'accord, et donc n'ont jamais pu opposer une véritable autre vision au parti sus-mentionné - qui gagna les élections.

Le chef de file de ce parti était une personne assez charismatique, connue pour ses talents d'orateur. Elle voulait redorer l'image de son pays, tant au niveau national que devant la communauté internationale. Elle voulait son pays d'abord, arguant que charité bien ordonnée commence par soi-même. Le reste, on verrait.

Elle avait pour son pays des idées grandioses. Au niveau économique, au niveau militaire, au niveau culturel. Et, gros avantage par rapport à la langue de bois des partis concurrents, cette personne osait identifier la cause des malheurs qui les frappaient depuis si longtemps. LES causes, devrais-je dire: une cause interne, inhérent à la population du pays, et une cause externe, une espèce de convention internationale signée par d'autres, et qui les emprisonnait.

Redonnons à notre pays sa grandeur, disait-elle. Rejetons le traité, disait-elle. Et elle fut écoutée.

Elle devint chancelier le 31 janvier 1933. Elle avait promis de redonner sa grandeur à l'Allemagne, Deutschland über alles. Elle avait promis de rejeter le traité de Versailles. Puis elle avait bien compris que tout ça était de la faute des Juifs. Ces problèmes ont tous été "solutionnés". On sait comment...

Peut-être que si les autres partis s'étaient unis, cela ne se serait pas passé. Peut-être que si tout le monde avait voté, sans abstention, cela ne se serait pas passé. Peut-être que si plus de gens s'étaient rendu compte que cette personne ne faisait que donner un visage "respectable" à la haine, au rejet de l'autre, à l'extrême repli sur soi, cela ne se serait pas passé.

En attendant, moi, de ma petite Belgique voisine, je deviendrais presque croyante pour pouvoir prier, je m'accroche aux lambeaux de foi en l'être humain qui me restent, en l'admiration que j'ai toujours pour les penseurs et la pensée française, je croise les doigts que la population comprenne que l'extrême droite n'est JAMAIS une solution, j'espère de toutes mes forces que l'histoire, cette histoire que j'enseigne à mes ados, l'Histoire joue son rôle salvateur de messager.

Et en attendant... je chie dans mon froc, pour le dire platement. 

 

14/01/2017

Où sont passés les journalistes?

Dans un pays où la liberté de la presse n'est pas vain mot, à une époque où l'information passe par de plus en plus de canaux, est-il encore possible d'exercer le métier de "journaliste", dans le sens noble du terme, à savoir, celui qui informe ses contemporains de manière réfléchie, objective et, si pas scientifique, au moins honnête? De plus en plus, j'en doute.

Quand je vois en effet la pauvreté du contenu des bulletins dits "d'information", quand j'entends des soi-disant journalistes pratiquement mettre les "bonnes" réponses dans la bouche des gens qu'ils interrogent, quand je prête attention au vocabulaire choisi - toujours pour susciter l'émotion, le scandale, le sensationnel, au détriment de la réflexion - je suis affligée.

J'admets qu'avec les réseaux sociaux, où tout petit morceau ressemblant vaguement de loin à une info est relayé, partagé sans prendre le temps d'être vérifié, à un moment où prime surtout l'audimat, les chiffres et la vitesse (surtout, être le premier à le dire, même si c'est une connerie monumentale, de toute façon les autres vont répéter bêtement sans réfléchir!), la tâche n'est pas devenue plus aisée. N'empêche, je continue à être une fervente défenseuse d'un service public de qualité... or, il me semble de plus en plus que les programmes, même ceux qui sont sensés nous informer, partent complètement en vrille - pour rester polie...

La crise des migrants, les centrales nucléaires, les "risques" de pénurie, et enfin les attentats de Bruxelles, tous ces sujets, une fois traités, m'ont laissé en bouche un bien mauvais goût. Bien souvent, je me suis demandé quelle était l'information qu'on avait voulu faire passer - et je n'ai pas trouvé de réponse. C'est parce que j'aurais dû poser la question autrement: était-ce un bulletin d'informations, ou une tentative de convaincre? Et, bien souvent, moi j'ai opté pour la deuxième solution. Convaincre de quoi, je ne suis toujours pas sûre. De cliquer, sans doute, puisque, de nos jours, un mensonge cliqué suffisamment de fois devient une quasi-vérité...

Mes élèves m'ont fait la réflexion pas plus tard que cette semaine: si eux bossaient leurs fiches d'actualité et leur travail de fin d'études comme certains journalistes semblent le faire (càd je sais ce que je veux dire et je récolte des "témoignages" - soigneusement mis en scène par des questions fermées - qui alimentent ma thèse de départ), personne ne sortirait de rhéto dans notre établissement. Pas en histoire, en tout cas. Ni en français. Ni en anglais. Ni... bref, ils ne sortiraient pas, quoi!

Cette semaine encore... alerte de neige sur la Belgique. Rien qu'à ce mot, on sent le frémissement d'aise de la presse et des médias: chouette, on va encore pouvoir envoyer des "infos" super dramatiques pour paralyser tout le pays, foutre la pétoche à tout le monde, sans jamais donner de véritable info! Et être payés comme si on avait vraiment bossé! Pire que des profs, quoi! (oui, je sais, c'est bas...)

Jeudi soir déjà à 19h, c'était la grande panique sur les ondes: il ne faut SURTOUT PAS sortir de chez soi, même pas pour aller faire pisser le chien, en voiture n'en parlons même pas, c'était suicide garanti avec les tonnes de neige et le blizzard qui allait s'abattre sur nos montagnes... (je parle de Liège, pour ceux qui ne suivent pas...) Moi (qui suis plutôt couillonne, en voiture, je l'admets), je devais rouler jusque dans la bourgade voisine (j'avais piscine). Quand on est sorties, ma fille et moi, un peu avant 21h, nous avons dû prendre une pelle pour creuser un tunnel dans la neige, afin d'arriver jusqu'à... non, je confonds avec le Minnesota. Nous avons remarqué... que la pluie était vachement froide. Ce qui n'est pas très agréable quand on sort de la piscine. Mais ce n'est tout de même pas dramatique!

Vendredi, j'avais une sortie prévue avec mes élèves. Pour une fois que j'organise quelque chose, déjà... Pendant toute la semaine, les collègues friands de média (surtout sur les p*** de réseaux asociaux) m'ont dit que je pouvais supprimer le truc, de toute façon y aurait pas d'élèves, pas de bus, plus d'électricité, qu'on allait tous mourir à moins de se ravitailler en sucre. (ça m'a toujours laissée rêveuse, d'ailleurs, ce penchant à bouffer du sucre en cas de mauvais temps chez mes compatriotes - moi j'aurais tendance à acheter des pâtes et des cubes de bouillon...)

Le matin fatidique, j'étais donc un peu nerveuse: je me voyais déjà marcher jusqu'au théâtre seule, à devoir payer la facture (pour 120 personnes, quand même) avec mes petits sous, à devoir faire du stop avec trois élèves... pffff, tout allait bien! (ou presque) Je répète, les montagnes de Liège sont assez peu connues, on vit dans une cuvette, purée, pas au sommet de l'Himalaya!!! Les bus roulaient presque tous, le nôtre, en tout cas, oui, et ok tous les élèves n'étaient pas là mais une majorité quand même, on a donc pu voir notre pièce et rentrer chez nous sains et saufs. Il y a bien eu quelques problèmes sur la route - causés surtout par tous ces crétins débiles pour qui adapter sa conduite aux éléments extérieurs est un truc de bonne femme en petite voiture pas chère - mais dans l'ensemble, oh zut, pas la paralysie générale annoncée. Ils doivent être déçus. Moi, je pense à nos amis canadiens, par exemple, qui doivent se foutre de notre gueule grave...

La semaine prochaine, même chose: on nous annonce "de probables pénuries d'électricité" parce qu'il va faire méga top froid. 2 degrés. Non, je blague: -7°C. Ok, fair enough... mais ch'ais pas, moi si je devais annoncer un truc pareil, j'aurais besoin, me semble-t-il, de réfléchir à comment éviter le possible problème! Genre: si vous voulez pouvoir vous chauffer, évitez de... Donner des infos aux gens sur ce qui consomme le plus. Dire de reporter le séchage de leur linge, ou le repassage, ou la soirée disco... Mais ça fait moins vendre, je suppose... Mieux vaut leur annoncer la cata, puis passer à la pub pour une app' qui leur permet de mesurer la consommation de chaque appareil.. sauf celle de leurs appareils "intelligents"...

Ceci dit, je comprends que de nos jours c'est pas évident de survivre pour la presse papier. Je comprends que si on pense qu'il y a une formule qui marche (le nombre de clicks versus la qualité de l'info), on soit tenté de la suivre. Mais ne serait-ce pas un formidable défi de prendre, pour une fois, le spectateur/lecteur/surfeur (internet) pour quelqu'un d'intelligent? Allez, les journaleux: votre défi pour 2017?

Merci d'avance.