01/08/2017

Le No Poo... miracle ou grosse arnaque?

Eté 2015.

Ce sont les vacances. Je suis bien, je suis bronzée, je suis reposée, je me sens belle... sauf quand j'ôte la pince qui retient ce qui me sert de cheveux. La fatigue, les colorations, le soleil et le chlore ont fait qu'il ne me reste plus grand-chose, et ce qui a survécu aux chutes massives et à répétition, c'est franchement minable. Mes cheveux bouclent, certes (alors qu'avant ils étaient plutôt raides), mais ils sont gras aux racines et secs aux pointes. J'ose espérer qu'une bonne coupe va remettre de l'ordre dans tout ça... mais j'ai peur d'aller chez le coiffeur depuis la dernière fois, où la nana a passé son temps à critiquer mes cheveux, à me demander si je faisais parfois des "soins" (de l'après-shampoing, tu veux dire?), avec, en sous-titre, "au moins, grosse conne?", au point que j'ai eu envie de dire qu'à part la boue et le purin, non, je ne savais pas bien comment faire...

Je me décide quand même - une chance, je tombe sur une coiffeuse qui bégaie (je vous jure!), du coup ça limite les interventions - sauf qu'elle me dit que mes shampoings sont "mauvais". Je traduis dans ma tête "pas ceux que ELLE, elle vend, sauf qu'ils coûtent blindé plus", mais elle m'assure que ce qui tue ma tignasse c'est le (la?) silicone. Elle est presque convaincante...

Peu de temps après, je vais boire un verre avec ma copine A., qui me donne un tuyau: shampoing au rasoul, ça épaissit le cheveu et ça ralentit la chute. J'essaie... effectivement, ça me donne enfin un peu plus de volume. Par contre au niveau cheveux secs, ça ne change pas grand-chose.

Puis je rencontre mon autre copine A., qui affiche une chevelure de sirène tahitienne... je lui demande ce qu'elle a fait - et bam, elle me répond: "ça fait deux ans que je ne les lave plus"...

J'avais déjà entendu parler de cette nouvelle mode "no-poo", et je l'avais vite reléguée dans la catégorie "truc de bobo qui s'emmerde"... moi, j'assumais pleinement mon shampoinage quotidien, je ne me sentais bien que le cheveu fraîchement lavé, donc l'idée d'y renoncer me semblait inconcevable, fait pour les Zaz aux dread cradingues et à la lèvre percée, pour les habillés "world" qui sentent la chèvre et qui dorment avec leurs chiens, bref, PAS POUR MOI du tout!!!

Sauf que ma copine A. n'est pas du tout comme ça. Certes, elle fait plus bohème qu'Yvanna Trump, mais elle est propre, elle sent bon, elle est habillée "normal" et pas en peaux de bêtes... et, putain, ce qu'elle a des beaux cheveux!!! ça fait rêver!

Après quelques semaines de réflexions, je décide de tenter l'aventure, moi aussi, en me disant que de toute façon je n'ai rien à perdre, et que au bout d'un an, si je ne vois aucune différence, il sera toujours temps de revenir à mes anciennes habitudes.

Je ne vais pas détailler ici en détails le "journal de bord" de mes tentatives, de mes échecs, du lent cheminement... Je vais plutôt partager mes conclusions, deux ans après...

 

Au départ, il y a deux ans, j'en étais donc à 7 shampoings par jour, avec le résultat qu'on connaît. Mes cheveux ne poussaient plus (enfin, dès qu'ils dépassaient la longueur des épaules, ça partait en vrille et j'avais plus envie de les appeler "poils" que chevelure). Je multipliais les colorations, puisque, forcément, même sans repousses, à force de lavages, la couleur partait tout de suite, et je me retrouvais avec des cheveux carottes délavées, alors que la couleur que j'affectionne est plutôt "rouge profond sur cheveux foncés". J'avais même l'impression que mes cheveux repoussaient "incolores", comme si, à force de jouer avec des saloperies, j'avais même niqué ma couleur naturelle...

D'abord, j'avoue que je n'ai PAS joué le jeu du no-poo complet. Je n'ai pas réussi à passer le mois sans les laver: ça gratte, ça plaque, c'est crad', non, je n'ai pas pu. Je n'ai même pas voulu dépasser (sauf peut-être une fois ou deux) la semaine. Impossible... blocage... Juste, NON!

Par contre, oui, j'ai espacé les shampoings le plus possible. Mon rythme de croisière, même s'il fluctue, est d'un lavage tous les 5 jours. Quand je fais du sport régulièrement, je les "lave" à l'après-shampoing après 4 jours, puis 3-4 jours plus tard je shampouine - shampoing bio au rhassul. Cet été, je vais tester le shampoing aux oeufs. Après la piscine, je les rince au vinaigre et à l'eau froide - ce qui amuse toujours mes copines (et c'est TRES DUR en plein hiver...).

Ce que j'ai constaté comme résultats, en toute honnêteté:

  • Ils sont vachement plus beaux, c'est indéniable. Ils brillent plus, ils n'ont plus l'air sales au bout d'une journée, ils sont plus abondants (même si je n'ai jamais eu une grosse masse de tignasse, même enfant). Bref, pour ça, que du positif.
  • Ils poussent!!! Et sans se casser!!! Bon, demain je vais couper les pointes (sans crainte de me faire insulter, cette fois...) puisque après deux semaines au soleil, à la mer et à la piscine, ma foi, ça craint toujours un peu. Mais ils sont un bon 12 cm (voire un peu plus pour les mèches les plus longues) plus bas que mes épaules. J'arrive à faire un chignon qui tient au sommet de la tête sans trop de mèches folles (surtout quand ils sont sales, ce qui est le cas ce soir, vous savez tout à présent! wink)
  • J'utilise vachement moins de produits colorants, malgré qu'ils poussent plus vite. Donc ils sont plus beaux. Et j'ai refait connaissance avec ma couleur naturelle - et vous savez quoi? Les repousses, ça ne choque pas tant que ça. (je n'ai pas des repousses d'un noir de jais en-dessous d'une décolo blonde platine non plus, ça aide!!!) J'ai quelques cheveux blancs, dont j'ai fait la connaissance, et ça ne me choque même pas non plus.
  • Avoir les cheveux pas trop propres, ça aide à avoir un chignon structuré, il tient mieux. 
  • Le shampoing sec, même "officieux" (càd de la farine de maïs toute biès) aide à combattre l'effet "tu reviens de la piscine, tu as les cheveux mouillés? - ah non, ils sont gras!" pendant parfois plusieurs jours.
  • Qu'est-ce que ça prend du temps, de se laver les cheveux tous les jours!!! A présent, la plupart des matins, je mets 5 minutes montre en main pour me doucher ET me sécher! Quand au brushing, ça n'a jamais été mon truc (voir ci-dessous).
  • A présent qu'ils ont plus de forme, qu'ils ne sont pas minables et pendouillants même après le shampoing, mon "brushing", c'est simplement de les sécher à la serviette et de les brosser. Après, je poigne dedans une fois ou deux pour faire revenir les boucles. Puisque c'est la première chose que je fais le matin et que je déjeune toujours entre-temps, quand je pars bosser, ils sont secs, donc plus besoin de sèche-cheveux. Ce qui tombe assez bien, vu que ce sont mes fils qui l'utilisent, à présent... Et si vraiment il fait moins mille dehors, un petit coup de 2 minutes max me suffit. La coiffure? J'ai ma pince, puisqu'ils ont poussé!!! Bonheur...
  • Autre avantage non négligeable: quand je dois m'absenter de mon confort habituel, cela ne provoque plus le stress et le questionnement existentiel de "où et quand vais-je pouvoir me laver les tifs?"!!! Je sais que passer plusieurs jours sans douche ni shampoing ne me tuera pas, je suis libérée! (délivrée....) Enfin, il reste quand même le problème "toilettes" et le problème "truc de filles"... mais bon, ça en fait déjà un en moins, quoi!
  • Par contre, point négatif, j'ai refait connaissance avec les pellicules, notamment dans les moments de stress. Avant, forcément, en les lavant tous les jours, je n'avais pas le temps d'observer cet intéressant phénomène... Honnêtement, c'est le seul auquel je pense.

Bref, comme toutes les "modes", il y a à boire et à manger dans le "no-poo". Moi, perso, je ne me vois pas utiliser uniquement de l'eau et du bicarbonate de soude (malgré mon amour grandissant pour ce produit) pour les laver. Peut-être changerai-je d'avis. Peut-être vais-je trouver d'autres solutions à MA sauce. Mais au moins j'ai pu un peu me désintoxiquer des Fructis et autres saloperies. C'est vrai que les laver trop souvent les rend plus gras. C'est vrai que les enfants n'ont pas (encore) ce besoin - ma fille, elle, peut rester 2 semaines sans shampoing et elle garde une chevelure magnifique. Mais je ne suis pas persuadée que c'est uniquement le fait de les laver qui les amoche. Après tout, avec l'âge, on produit plus de sébum (suffit de voir les ados à 12-13 ans), on flaire plus vite, aussi. Donc il faut adapter les soins au corps que l'on a!

On n'en parle plus des masses, ceci dit, de cette tendance. Peut-être était-ce une fulgurance pour avoir du buzz. Je suis contente d'avoir tenté l'affaire, puisque je pense que ça m'a permis de garder des cheveux, ils en étaient quasi à ce point. Pour le reste... c'est comme la politique ou la religion: je n'ai pas envie de devenir une esclave des extrêmes.

 

18:00 Écrit par Catherine dans Mes tartines à moi | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : blog de filles, cheveux, no poo |  Facebook |

11/07/2017

Et pour vous, c'est quoi le pire?

J'ai entendu récemment une collègue se plaindre que, après la naissance de son petit, tout le monde lui disait de "profiter", car ça passait vraiment "trop vite". Elle, au contraire, trouvait cette fusion totale avec un môme braillard plutôt ennuyeuse - quand elle n'était pas carrément en pleine détresse, après 6 semaines de nuits interrompues, et donc, à juste titre, elle ne voyait pas ce que les autres voulaient dire.

A l'époque, moi non plus, je ne voyais pas. Mais à présent que le nombre de jeunes mâles hargneux, non communicatifs - et pourtant ô combien revendicateurs est passé de un à deux, je me prends à me demander si moi aussi, je ne viens pas de basculer de l'autre côté de la Force, je me demande si à mon tour je ne suis pas prête à répéter cette phrase énervante aux jeunes mamans en détresse... et pourtant, mes souvenirs "nouveaux-nés" sont toujours très loin du rose bonbon - bleu pastel! 

C'est pourquoi j'ai décidé de comparer. Je reste juste, ceci dit: pas question de comparer les mérites du nouveau-né versus l'enfant de deux ans ("je braille" ou "je dis que ma maman est la plus belle"), ni de l'enfant de 8-10 ans (période de calme où l'évolution semble aller vers le haut et vers l'avant) versus l'ado (heu... période de tsunami où l'évolution semble aller vers le "plus grand, plus biès", et où, s'ils devaient s'exprimer sur nous, ça ressemblerait plutôt à "ma daronne c'est la plus ringarde/chiante/injuste/pas stylée..."). 

J'ai décidé de comparer les deux (jusqu'à présent) plus horribles phases de la vie, j'ai dit: le nouveau-né versus l'ado... qu'est-ce qui est plus pénible, un bébé ou un "jeune"? Quelqu'un qui braille pour s'exprimer, ou quelqu'un qui borborygme (si possible de manière monosyllabique, même pour dire "anticonstitutionnellement"), et qui semble toujours trop comateux pour daigner répéter? Quelqu'un qui a des besoins d'attention constants, ou quelqu'un qui a des besoins de pognon constants? Voici donc le match de l'année - et n'hésitez pas à poster pour compléter ce à quoi je n'aurais pas pensé, dans ma petite expérience d'un de presque 15 et d'un de 12 qui y rentre... (j'avoue, je n'ai pas encore des angoisses de sorties ou de permis de conduire, encore moins des belles-filles qui vivent chez moi...)

1. Le corps après la venue du bébé / de l'ado

Là, on pourrait se dire que le match est gagné d'avance: heureusement pour nous, mamans, l'ado ne doit pas passer par notre vagin pour apparaître! Il se s'accroche pas à nos tétons, il ne provoque pas de bouleversement hormonal... alors, un point pour l'ado? Oui, peut-être... mais c'est sans compter les rides qu'on gagne à cause d'eux! Mais bon, aurions-nous échappé à ces dites rides si on avait eu la bonne idée le malheur de ne pas avoir d'enfants? Allez, j'accorde le point à l'ado. 0 - 1

2. Nos nuits avec le bébé / l'ado

Là encore, chez moi en tout cas, y a pas photo: le premier se réveillait toutes les deux heures (le bébé, je veux dire, pas l'ado!), le deuxième n'a passé ses nuits qu'à (gloups, pulsion de haine qui revient) 2 ans et demi... Je ne dois plus me réveiller pour des cauchemars, des biberons, des tétées... Je ne dois pas encore me réveiller pour aller chercher quelqu'un en boîte (ou parce qu'il n'est pas encore rentré malgré qu'il soit 4h et que j'avais bien dit 2h dernière limite... bref, je "profite", quoi!) Par contre j'ai dû une fois descendre parce qu'ils se disputaient... ben oui, les hormones, ça ne rend pas forcément plus malin! C'est vrai pour les gonzesses qui enfantent, ben c'est vrai aussi pour les enfants qui grandissent! Mais bon, une fois encore j'accorde le point à l'ado. 0 - 2

3. Les repas avec le bébé / l'ado

Oui, j'ai bien dit "avec" l'ado... parce que j'insiste quand même que le repas du soir soit pris en famille autour d'une table et sans télé. Avec des couverts et des assiettes. Et même des légumes (la plupart du temps, quoi! ce soir c'était pâtes aux lardons, j'avoue...). Evidemment, s'il pouvait, l'ado mangerait tous ses repas soit en ville avec sa tribu, soit seul devant son écran...

L'avantage majeur de l'ado, c'est qu'il mange tout seul comme un grand. Pas toujours proprement. Pas toujours droit à table (bizarre, cette tendance de la colonne vertébrale de l'ado à suivre une courbe parfaite). Pas toujours avec le sourire, parce que, honte sur moi, je ne m'inspire pas très souvent des Mc Do' et autres "crasses" pour mon menu, du coup, ben, ce que je propose, c'est bèrk. Mais au moins il manipule les couverts tout seul, et ne passe plus son temps à éternuer la bouche pleine de soupe aux carottes sur mon chemisier blanc. Il fout des coups de coude à ses voisins, voire des coups de pieds (ça grandit vite, ces petites bêtes), mais il mange seul. Et honnêtement, moi, donner la becquée ça m'emmerdait assez vite. Donc je tendrais vers le point une fois encore pour l'ado - sauf qu'il grogne, qu'il râle, qu'il soupire quand on l'exploite (= quand on lui demande de dresser la table), qu'il ne se contente pas des petits plats préparés avec amour, mais qu'il fait comme l'écureuil avant l'hiver: l'ado stocke dans sa tanière, des trucs gras et sucrés de préférence, et comme il oublie parfois à quoi sert ce truc en plastic à côté de son bureau (= sa poubelle), ben, disons que la tanière, parfois, embaume un peu tout l'étage. Un peu comme les langes de bébé, tient, à l'époque... 

En résumé, le bébé gazouille, sourit, éternue et ne mange pas seul. L'ado grogne, salit, râle, mais mange seul. Et ils puent tous les deux (voir plus loin). Allez... égalité? donc on en est à 1 - 3

4. La propreté du bébé / de l'ado

Tout comme les propriétaires de chien, les parents de bébés n'aiment pas ramasser les crottes - sauf qu'on n'a pas tellement le choix, les bébés étant généralement trop biès pour comprendre le concept de ch... sur le trottoir pour amuser les autres. C'est ZE désavantage majeur du bébé - et dès qu'il passe au solide, ça empire. Et quand il devient carnivore, je ne vous raconte pas... mon homme a déjà failli gerber en s'occupant du change du matin. L'ado a beau être un peu flairant lui aussi, on a rarement envie de vomir quand on lui dit bonjour. Quand on rentre dans sa chambre, c'est une autre histoire. Mais en le bisant, lui, ça va encore. Par contre, un bébé, une fois le derrière propre, ça sent généralement assez bon - ok, parfois le lait sûri, mais ce n'est pas une généralité. L'ado, lui, traverse parfois une phase hydrophobe qui peut être assez pénible pour ses proches. Il a l'air crad', mais bon, ça pourrait être fashion dans certains milieux, mais il oublie souvent que ces foutues hormones ont un effet direct sur certaines parties du corps. L'ado pue des pieds, par exemple. Mais ça ne le dérange pas: c'est SON odeur, dit-il d'un air angélique. Et si ça vous fait chier en plus, c'est bonus!

Sa chambre, son domaine privé, ben l'ado a ça en commun avec les chats, il doit marquer son territoire. Heureusement, il ne pisse pas contre les murs (enfin, pas ceux de sa chambre, sinon un seul conseil: le faire castrer au plus vite!), par contre il accumule des vivres (voir point 3), on ne sait jamais que sa mère ne décide de cuisiner des légumes TOUS LES JOURS, afin d'assurer ses réserves en gras et en conservateurs cancérigènes. Sauf qu'il entame de nombreux paquets, qu'il laisse ensuite péricliter - sans doute l'esprit curieux et ouvert de l'ado, qui décide de faire de chaque moment de sa vie une merveilleuse aventure scientifique, sans oublier qu'il vit avec d'autres...

Donc là, je dis clairement, le point va au bébé. 2 - 3

5. Les rapports humains

En début de vie, on se dit "vivement qu'ils parlent". Et pourtant, on oublie à quel point il est facile de communiquer avec un bébé. Attention, je n'ai pas dit qu'il était simple de les décrypter. Mais si vous observez les yeux d'un bébé à qui la mère parle, gazouille, chante, c'est magique: la moindre connerie que vous proférez a tout de suite l'air de le fasciner, de l'amuser, de le rendre HEU-REUX! Vous vous sentez la reine du monde, devant les yeux pleins d'amour de ce petit être qui vous répond, certes, avec des borborygmes, mais également avec tout son corps, qui semble dire "continue, parle-moi, je t'aime!"...

Et l'ado? Heu... le point commun, c'est l'articulation du langage, qui régresse à nouveau au stade du grognement (on ne PEUT pas décemment dire "gazouillis", même si j'aimerais bien!). Si on décrypte le reste... c'est là que ça se corse. Ses yeux vous évite, sa bouche tombe vers le sol, et tout son corps semble dire "mais qu'est-ce que tu m'emmeeeeeerdes!!!". Que faites-vous pour l'emmerder? Rien. Vous êtes là. Vous vous intéressez à lui. Vous osez lui poser plein de questions chiantes et indiscrètes (du genre "tu écoutes quoi en ce moment?" - KGB, les mères, c'est bien connu!). Il vous soupçonne sans cesse de vouloir l'espionner. Vous êtes comme une espèce de gros caillou géant qui se dresse entre lui et le plaisir: les potes, les écrans, le mutisme. Bref, vous faites chier. 

Ici aussi, je ne PEUX PAS ne pas donner le point au bébé. 3 - 3

6. Eux et l'univers autour d'eux

 

On pourrait dire qu'ici, le match est clairement inégal, si on prend en compte le développement du cerveau... et pourtant, quand on y regarde d'un peu plus près, non, pas tant que ça. Au contraire, quand je vois mes ados, je repense souvent à mes bébés...

En effet, ils ont des réactions un peu similaires: ils ne voient qu'eux, ne prennent en compte que leurs besoins, ils oublient qu'ils vivent avec d'autres personnes qui ne sont pas eux, et ils voient l'univers à travers le prisme de leur petit nombril... Leur univers, c'est l'Univers. Le reste, ils s'en foutent.

Autre point commun: leur allergie à toute forme de frustration. Le bébé, forcément, ne comprend pas qu'on puisse reporter la satisfaction de ses besoins primaires (= téter) d'une éternité (quelques minutes). L'ado... ben, c'est pareil: il ne comprend pas qu'on puisse reporter la satisfaction de ses besoins primaires (= consommer, que ce soit de la nourriture, des gadgets électroniques, des fringues ou notre précieux temps en trajets pour sa vie sociale trépidante) d'une éternité (à partir de quelques minutes également).

C'est le point qui m'énerve, me révolte, me frustre et m'attriste le plus chez mes ados... et pourtant, j'ai des souvenirs de réactions pareilles. Pas aussi virulentes (mes parents, je pense, m'auraient reclapée assez vite...), mais d'un égocentrisme tel qu'en y pensant, j'ai moi-même envie de me foutre des claques. Et comme je suis, je pense, devenue quelqu'un de relativement empathique et ouvert sur le monde, je garde espoir... Pas le choix!

Donc ici aussi, je donne un point à chacun. 4 - 4

L'image qu'ils nous donnent de nous

Autrement dit, peut-on se sentir une bonne mère avec l'un ou l'autre?

Le bébé a l'art de nous faire sentir comme les plus idiotes du monde, parce que, pensez-vous, c'est bête, il vient rarement avec un mode d'emploi. Tout ce qu'on dit aux mamans concerne la grossesse, après, c'est démerde-toi, toute façon que veux-tu savoir, c'est que du bonheur, puis on va te donner 180 milliards de conseils - contradictoires, bien sûr! Quand c'est un 2è ou un 3è, c'est pas grave. Quand c'est ton premier, que tu as eu un accouchement de merde, un début d'allaitement de merde, un moral de merde... ben c'est un peu dur. Tu te demandes ce qui t'a pris de le vouloir à ce point, ce môme. Tu as peur.

Ben, quand ils deviennent ados... c'est un peu la même chose. Sauf qu'on sait qu'à un moment, ça fonctionnait pas trop mal (entre les deux phases), donc que tout ne vient pas forcément de nous et de notre incapacité congénitale. C'est dur - parce que quitter une phase chouette pour une phase de merde, forcément, c'est plus difficile que l'inverse. Mais finalement, ma plus grande peur à moi était de ne pas savoir aimer mon bébé, au tout début. Quand ils sont ados, ces salauds, c'est trop tard, le mal est fait, on les aime à crever même quand ils nous en font voir de toutes les couleurs. ça doit être pour ça, d'ailleurs, qu'ils naissent bébés... 

Mais quand ils nous envoient chier, nous et toutes les valeurs, tous les trucs qui sont importants pour nous, en nous disant qu'on est à côté de la plaque, ce n'est pas forcément agréable non plus. A moins d'être un parangon de confiance en soi et en ses convictions (pas notre cas, malheureusement), ça déstabilise un peu. On se sent parfois (souvent? tout le temps?) un mauvais parent qui ne sait pas et qui n'a jamais su s'y prendre. C'est quoi le pire, monstre sans coeur ou biès qui n'a aucune idée? Franchement, j'hésite...Egalité encore? ça nous ferait un score de 5 - 5...

Conclusion

En commençant ce billet, inspiré, vous l'aurez compris, par l'exaspération à laquelle me mènent parfois mes deux grands, je pensais atteindre un score "stalinien" de 100% de succès pour le bébé... J'ai essayé d'être relativement objective, tant que faire se peut. J'ai également un peu forcé le trait - sinon c'est moins drôle, puis ça devient trop personnel. Ma conclusion verra un autre point commun entre les deux personnages, du moins en ce qui me concerne: pour ces deux stades (et pour les autres aussi, finalement), on passe par des moments de doute, de découragement, voire de désespoir à se dire qu'on a tout raté, et qu'on n'aurait jamais dû les mettre au monde, ces fichus mômes. Puis votre bébé vous sourit... et le soleil se lève et illumine tout autour de vous. Vous oubliez votre corps endolori, votre cerveau brouillé après mille nuits sans sommeil, vous êtes heureuse.

Quand l'ado vous entoure de ses grands bras osseux, même si aucun mot ne sort de sa bouche, parce que ça devient pudique, ces petites choses fragiles malgré tout, le même sentiment vous envahit. Et comme c'est plus rare, ces moments deviennent d'autant plus précieux. 

De temps en temps, de préférence ailleurs que devant vos yeux, on vous rapporte que votre ado a été poli, souriant, agréable et tourné vers les autres (et tout ça gratos!). Là aussi, vous vous dites "ok, il n'a pas TOUT jeté à la poubelle de ce que j'ai essayé de lui inculquer". Vous reprenez espoir.

Parfois, même, vous arrivez à avoir une vraie conversation avec eux, sans qu'ils ne se referment comme des huîtres hostiles. Faut choisir son moment (enfin, celui de l'ado) et SURTOUT ne pas basculer dans la "parentalité" (du style conseils ou reproches) sinon ça fout le camp, mais en attendant votre inévitable gaffe (consciente ou perçue comme telle par l'ado), ça aussi, c'est bon.

Enfin, il y a les vacances, où, forcément, on ne parle plus d'école, où on est plus disponible... là aussi, c'est l'occasion de les retrouver un peu comme du temps où ils étaient "les vôtres" uniquement.

C'est peut-être ça qui est dur, malgré tout ce qu'on nous avait prévenus: le bébé, il est à vous. L'ado... ben, il déploie ses ailes, quoi. Allez, faites-lui vite un câlin avant qu'il ne se casse pour de bon dans l'âge adulte! 

24/05/2017

Débordée, dépassée??? J'ai un truc!!!!!!

Bon, déjà j'avais mis "trucs", avec S, malgré que je n'en ai que UN... ça veut déjà tout dire...

Comme chaque année, c'est fin mai - oui, j'ai remarqué que fin mai arrivait chaque année, z'avez vu?

Bref... toi aussi, fais-toi passer pour gâteuse précoce parce que tu ne maîtrises plus ta langue maternelle...

Ce que je voulais dire, un peu maladroitement, c'est que chaque année à cette époque, c'est la même histoire dans ma vie pro et perso: c'est FULL MEGA TOTAL PLEIN!

Entre la fête d'école de Mr 1 (qui est la mienne aussi), celle de Mr 2, celle de Mlle 3 (pourquoi faire simple, après tout, quand on peut se compliquer la vie - moi j'vous l'dis, inconsciemment j'ai peur de m'emmerder...)... Entre le spectacle sport de Mr 1 (càd conduire, rechercher, soutenir, encourager etc...), les tournois de foot de Mr 2 (càd conduire, rechercher etc...), le brevet de Mlle 3 (ben oui, ici aussi!)... Entre les piles de corrections pré-examens, les piles de corrections d'examens, puis un magnifique projet mais super "time-consuming"... Entre mon sport à moi ("brevet" de 10 kms: J-13!!!), les amis, la logistique familiale, les vingt milliards de choses à penser pour vingt milliards de catégories différentes... comment fait-on, bon sang de bois, pour ne pas terminer complètement chèvre, sous Prozac et/ou sous cocaïne avant la date fatidique du 30 juin?

La solution? En un mot? Qui, de plus, est, je pense, un véritable mot français? (enfin... je crois)

On compartimentalise!!! On voit la vie comme une page à remplir, avec différents blocs de construction, de zones de texte (oui, j'ai bouffé de la mise en page pendant 48 heures, ça se voit?), UN A LA FOIS. Une marche, une zone, une tâche...

C'est ce que je fais pour l'instant: je vis plus ou moins une heure à la fois. Certes, ça ne me rend pas forcément beaucoup plus efficace (on manque parfois un peu de vue d'ensemble)... mais au moins je reste zen face à ma petite marche (et donc je fais le boulot qu'est sur la marche), alors que si je devais regarder la montagne, je me dirais juste AAAAAAAAARRRRRGGGGGHHHHHH!

"En mai, fais ce qu'il te plaît", qu'ils disaient!!! La bonne blague... Moi c'est plutôt "en mai, fais comme tu peux"!

En attendant, ma pile de choses à corriger n'augmentera plus avant la fin de la semaine prochaine! Je pense pouvoir bientôt dire que la quantité de travail ne va plus (trop) augmenter. Puis viendra le jour où ça va carrément diminuer... allez, encore une année où je pense que je vais survivre... Ouaaaaaaais!

(attention, je n'ai jamais dit que j'allais survivre en bon état!!! avec le temps j'ai appris à diminuer mes ambitions...)

30/04/2017

Une petite histoire

Je n'écris pas beaucoup pour le moment. Enfin... pas ici. 

Ce n'est pas que je n'aie plus rien à dire! Mais j'ai l'impression que, depuis un moment, je me répète, je ressasse, je râle sur les mêmes choses, et parfois je me sens un peu seule.

Pourtant, là, j'ai envie de raconter une petite histoire.

Il était une fois, un pays qui, après toute une série de crises (financière, morale, philosophique, d'image...), avait en tête qu'il voulait du changement. Les décideurs politiques "traditionnels", ceux dont le rôle avait été décidé dans leur dernière constitution, dans leur dernière République, avaient déçu tout le monde. A tort ou à raison, le peuple ne leur faisait plus confiance. C'est alors que vinrent les élections.

Au départ, la victoire n'était pas assurée. Le parti avait beaucoup d'opposants, bien que beaucoup de supporters. Beaucoup s'en méfiaient, à juste titre. Sauf que ces méfiants visionnaires n'ont jamais pu se mettre d'accord, et donc n'ont jamais pu opposer une véritable autre vision au parti sus-mentionné - qui gagna les élections.

Le chef de file de ce parti était une personne assez charismatique, connue pour ses talents d'orateur. Elle voulait redorer l'image de son pays, tant au niveau national que devant la communauté internationale. Elle voulait son pays d'abord, arguant que charité bien ordonnée commence par soi-même. Le reste, on verrait.

Elle avait pour son pays des idées grandioses. Au niveau économique, au niveau militaire, au niveau culturel. Et, gros avantage par rapport à la langue de bois des partis concurrents, cette personne osait identifier la cause des malheurs qui les frappaient depuis si longtemps. LES causes, devrais-je dire: une cause interne, inhérent à la population du pays, et une cause externe, une espèce de convention internationale signée par d'autres, et qui les emprisonnait.

Redonnons à notre pays sa grandeur, disait-elle. Rejetons le traité, disait-elle. Et elle fut écoutée.

Elle devint chancelier le 31 janvier 1933. Elle avait promis de redonner sa grandeur à l'Allemagne, Deutschland über alles. Elle avait promis de rejeter le traité de Versailles. Puis elle avait bien compris que tout ça était de la faute des Juifs. Ces problèmes ont tous été "solutionnés". On sait comment...

Peut-être que si les autres partis s'étaient unis, cela ne se serait pas passé. Peut-être que si tout le monde avait voté, sans abstention, cela ne se serait pas passé. Peut-être que si plus de gens s'étaient rendu compte que cette personne ne faisait que donner un visage "respectable" à la haine, au rejet de l'autre, à l'extrême repli sur soi, cela ne se serait pas passé.

En attendant, moi, de ma petite Belgique voisine, je deviendrais presque croyante pour pouvoir prier, je m'accroche aux lambeaux de foi en l'être humain qui me restent, en l'admiration que j'ai toujours pour les penseurs et la pensée française, je croise les doigts que la population comprenne que l'extrême droite n'est JAMAIS une solution, j'espère de toutes mes forces que l'histoire, cette histoire que j'enseigne à mes ados, l'Histoire joue son rôle salvateur de messager.

Et en attendant... je chie dans mon froc, pour le dire platement. 

 

14/01/2017

Où sont passés les journalistes?

Dans un pays où la liberté de la presse n'est pas vain mot, à une époque où l'information passe par de plus en plus de canaux, est-il encore possible d'exercer le métier de "journaliste", dans le sens noble du terme, à savoir, celui qui informe ses contemporains de manière réfléchie, objective et, si pas scientifique, au moins honnête? De plus en plus, j'en doute.

Quand je vois en effet la pauvreté du contenu des bulletins dits "d'information", quand j'entends des soi-disant journalistes pratiquement mettre les "bonnes" réponses dans la bouche des gens qu'ils interrogent, quand je prête attention au vocabulaire choisi - toujours pour susciter l'émotion, le scandale, le sensationnel, au détriment de la réflexion - je suis affligée.

J'admets qu'avec les réseaux sociaux, où tout petit morceau ressemblant vaguement de loin à une info est relayé, partagé sans prendre le temps d'être vérifié, à un moment où prime surtout l'audimat, les chiffres et la vitesse (surtout, être le premier à le dire, même si c'est une connerie monumentale, de toute façon les autres vont répéter bêtement sans réfléchir!), la tâche n'est pas devenue plus aisée. N'empêche, je continue à être une fervente défenseuse d'un service public de qualité... or, il me semble de plus en plus que les programmes, même ceux qui sont sensés nous informer, partent complètement en vrille - pour rester polie...

La crise des migrants, les centrales nucléaires, les "risques" de pénurie, et enfin les attentats de Bruxelles, tous ces sujets, une fois traités, m'ont laissé en bouche un bien mauvais goût. Bien souvent, je me suis demandé quelle était l'information qu'on avait voulu faire passer - et je n'ai pas trouvé de réponse. C'est parce que j'aurais dû poser la question autrement: était-ce un bulletin d'informations, ou une tentative de convaincre? Et, bien souvent, moi j'ai opté pour la deuxième solution. Convaincre de quoi, je ne suis toujours pas sûre. De cliquer, sans doute, puisque, de nos jours, un mensonge cliqué suffisamment de fois devient une quasi-vérité...

Mes élèves m'ont fait la réflexion pas plus tard que cette semaine: si eux bossaient leurs fiches d'actualité et leur travail de fin d'études comme certains journalistes semblent le faire (càd je sais ce que je veux dire et je récolte des "témoignages" - soigneusement mis en scène par des questions fermées - qui alimentent ma thèse de départ), personne ne sortirait de rhéto dans notre établissement. Pas en histoire, en tout cas. Ni en français. Ni en anglais. Ni... bref, ils ne sortiraient pas, quoi!

Cette semaine encore... alerte de neige sur la Belgique. Rien qu'à ce mot, on sent le frémissement d'aise de la presse et des médias: chouette, on va encore pouvoir envoyer des "infos" super dramatiques pour paralyser tout le pays, foutre la pétoche à tout le monde, sans jamais donner de véritable info! Et être payés comme si on avait vraiment bossé! Pire que des profs, quoi! (oui, je sais, c'est bas...)

Jeudi soir déjà à 19h, c'était la grande panique sur les ondes: il ne faut SURTOUT PAS sortir de chez soi, même pas pour aller faire pisser le chien, en voiture n'en parlons même pas, c'était suicide garanti avec les tonnes de neige et le blizzard qui allait s'abattre sur nos montagnes... (je parle de Liège, pour ceux qui ne suivent pas...) Moi (qui suis plutôt couillonne, en voiture, je l'admets), je devais rouler jusque dans la bourgade voisine (j'avais piscine). Quand on est sorties, ma fille et moi, un peu avant 21h, nous avons dû prendre une pelle pour creuser un tunnel dans la neige, afin d'arriver jusqu'à... non, je confonds avec le Minnesota. Nous avons remarqué... que la pluie était vachement froide. Ce qui n'est pas très agréable quand on sort de la piscine. Mais ce n'est tout de même pas dramatique!

Vendredi, j'avais une sortie prévue avec mes élèves. Pour une fois que j'organise quelque chose, déjà... Pendant toute la semaine, les collègues friands de média (surtout sur les p*** de réseaux asociaux) m'ont dit que je pouvais supprimer le truc, de toute façon y aurait pas d'élèves, pas de bus, plus d'électricité, qu'on allait tous mourir à moins de se ravitailler en sucre. (ça m'a toujours laissée rêveuse, d'ailleurs, ce penchant à bouffer du sucre en cas de mauvais temps chez mes compatriotes - moi j'aurais tendance à acheter des pâtes et des cubes de bouillon...)

Le matin fatidique, j'étais donc un peu nerveuse: je me voyais déjà marcher jusqu'au théâtre seule, à devoir payer la facture (pour 120 personnes, quand même) avec mes petits sous, à devoir faire du stop avec trois élèves... pffff, tout allait bien! (ou presque) Je répète, les montagnes de Liège sont assez peu connues, on vit dans une cuvette, purée, pas au sommet de l'Himalaya!!! Les bus roulaient presque tous, le nôtre, en tout cas, oui, et ok tous les élèves n'étaient pas là mais une majorité quand même, on a donc pu voir notre pièce et rentrer chez nous sains et saufs. Il y a bien eu quelques problèmes sur la route - causés surtout par tous ces crétins débiles pour qui adapter sa conduite aux éléments extérieurs est un truc de bonne femme en petite voiture pas chère - mais dans l'ensemble, oh zut, pas la paralysie générale annoncée. Ils doivent être déçus. Moi, je pense à nos amis canadiens, par exemple, qui doivent se foutre de notre gueule grave...

La semaine prochaine, même chose: on nous annonce "de probables pénuries d'électricité" parce qu'il va faire méga top froid. 2 degrés. Non, je blague: -7°C. Ok, fair enough... mais ch'ais pas, moi si je devais annoncer un truc pareil, j'aurais besoin, me semble-t-il, de réfléchir à comment éviter le possible problème! Genre: si vous voulez pouvoir vous chauffer, évitez de... Donner des infos aux gens sur ce qui consomme le plus. Dire de reporter le séchage de leur linge, ou le repassage, ou la soirée disco... Mais ça fait moins vendre, je suppose... Mieux vaut leur annoncer la cata, puis passer à la pub pour une app' qui leur permet de mesurer la consommation de chaque appareil.. sauf celle de leurs appareils "intelligents"...

Ceci dit, je comprends que de nos jours c'est pas évident de survivre pour la presse papier. Je comprends que si on pense qu'il y a une formule qui marche (le nombre de clicks versus la qualité de l'info), on soit tenté de la suivre. Mais ne serait-ce pas un formidable défi de prendre, pour une fois, le spectateur/lecteur/surfeur (internet) pour quelqu'un d'intelligent? Allez, les journaleux: votre défi pour 2017?

Merci d'avance.

02/01/2017

Courir? J'adore!!!

Je l'avais annoncé publiquement ici, ça y est, encore un autre "jamais" qui a volé en éclats... J'ai commencé à courir... et je suis tombée dedans la tête la première. Je suis accro... grâce au programme Je Cours Pour Ma Forme.

On m'avait prévenue que c'était un risque à prendre. Mais je doutais. J'avais en tête que je n'aimais pas courir, que je ne savais pas courir, que oui, avec l'entraînement le souffle viendrait sans doute, mais de là à aimer ça... je doutais vraiment très fort. Je me suis pourtant inscrite. 

J'avais déjà tenté de courir seule quelques fois, pour voir... Le souffle, en fait, ça allait (je nage régulièrement depuis 5 ans, ça aide), mais les jambes, pas du tout: courbatures tenaces, sentiment de fatigue totale, je ne voyais pas le "high" décrit par les joggers, je ne me sentais pas spécialement bien après, et pendant, ça m'emmerdait. Mais j'avais envie de tenter l'expérience. J'habite près de nombreuses pistes cyclables (les fameux Ravel typiques de chez nous), et j'avoue que voir tous ces gens courir au bord de l'eau, sous les arbres, me faisaient envie. Je n'aimais pas courir, mais j'avais envie d'aimer ça. Peut-être que l'effet de groupe allait me convenir?

Le principe de JCPMF est simple: progression étudiée pour convenir aux plus moules d'entre nous, rythme compatible avec une condition physique de merde, vitesse minimale (on doit pouvoir continuer à papoter tout le long - je rêve, une "classe" de bonnes femmes qui DOIVENT parler, mais c'est NOEL!!!!!!), bref, que de la douceur. Et j'ai très vite attrapé la jogginite aigüe.

L'objectif du programme: parvenir à boucler 5 kms sans s'arrêter, mais à son rythme. Tout le monde y est parvenu, dans la joie et la bonne humeur. J'ai eu la chance de tomber dans un groupe "de bonnes femmes" - pardonnez le cliché - donc un groupe où la compétitivité était absente. Nous avons progressé ensemble. Nous nous sommes soutenues. On s'est donné des rendez-vous pour les entraînements non encadrés. Le dimanche matin est devenu sacré, synonyme de "ouaaaaais on va courir". Et c'était génial.

J'ai fait des super chouettes rencontres. Des femmes drôles, intéressantes, gentilles, dynamiques, volontaires. J'ai découvert ce fameux "high" qui envahit après quelques minutes de courses, une fois qu'on est "en jambes" (et c'est vrai que c'est bon...). J'ai découvert qu'après un entrainement j'ai plus de peps qu'avant d'y aller. J'ai été de meilleure humeur. Plus dynamique. En meilleure santé. Avec des cuisses plus dures.

Au départ, quand on s'inscrit, on se dit: faut trouver le temps de courir une fois par semaine, pfff, pas évident. Très vite, on se réjouit de se retrouver le mardi soir (notre jour coaché). On se dit qu'une semaine entre deux entrainements, c'est beaucoup trop long. On se donne des rendez-vous intermédiaires. On sent petit à petit l'envie - que dis-je, le besoin d'aller courir, de chausser ses baskets pour aller suer au bord de l'eau. On devient enragés quand le rendez-vous ne peut pas être respecté. On devient comme tous ces crétins qu'on critiquait avant, ceux qui vont courir par froid, par pluie, par vent. On ne peut plus s'en passer... on ne VEUT plus s'en passer. On est bien - et on SENT que c'est grâce à la course à pied. L'entourage ne comprend pas - mais les copines de course, elles, elles comprennent. Entre "junkies", on se serrent les coudes...

J'ai envie de continuer à progresser - même s'il faut d'abord "fixer" les 5 kms, que ça devienne banal, et non plus l'objectif ultime. J'ai pris tellement de plaisir à la session d'automne, je ne peux pas m'imaginer simplement me dire "ok, je peux le faire, j'arrête"... C'est décidé, ce printemps, je m'inscrits aux 5-10... Les autres avaient raison: je suis complètement accro... N'y a-t-il cependant pas de pires assuétudes???

Au plaisir de vous croiser, peut-être, au bord de l'eau!

12:51 Écrit par Catherine dans Mes tartines à moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courir, jcpmf, sport, bien-être |  Facebook |

17/12/2016

Lettre ouverte à mes enfants

Liège, 9 novembre 2016

Mes amours,

Rarement je n'ai été alerte aussi rapidement à 6h du matin. La nouvelle vient de tomber. "Il" a été élu... contrairement à ce que tout le monde espérait, contrairement aux prévisions des sondages... entre la grippe et le choléra, ils ont choisi le choléra...

Pour la première fois depuis que vous êtes là, et devant la direction que prend le monde, j'ai envie de revenir en arrière. 15 ans en arrière, pour être plus précise. Le moment où nous nous sommes décidés à nous lancer dans l'aventure parentale. 

Ne voyez pas ceci comme un reproche ou un regret en soi: vous êtes la plus belle chose qui m'est arrivée, vous êtes magnifiques, vous êtes de bonnes personnes... mais justement: vous méritez tellement mieux que le monde que nous vous léguons. Et quand je vois ce monde qui, pour moi, court à sa perte, pour la première fois de ma vie, je regrette. Je regrette de vous y avoir mis.

Si vous saviez ce qu'il m'en coûte d'écrire ces mots... pour moi c'est clairement un constat d'échec. L'échec, bien sûr, de tout un système! Je ne suis pas auto-flagellante au point de m'attribuer la responsabilité de TOUT ce qu'il se passe aujourd'hui! Mais, si je dois faire mon mea culpa, c'est aussi l'échec de notre politique d'autruche familiale: nous pensions, votre père et moi, bien naïvement, je m'en rends compte à présent, qu'en essayant de vous éduquer dans le respect des valeurs auxquelles nous croyons, nous faisions notre part. Nous pensions que, en essayant de faire de notre vie familiale un refuge - contre le monde de fous qui nous entoure, justement - nous pouvions vous protéger. Hé bien, nous nous sommes trompés.

Je ne vois pas de solution, à part celle de "prendre les armes". Mais je ne sais pas lesquelles. Et ça me frustre, parce que notre excuse de "c'est pas nous tout seuls qui changerons quoi que ce soit" me paraît tellement lâche, tellement idiote, aussi. Non, on ne changera rien à nous tout seuls. Mais n'avons-nous pas le devoir d'essayer? Ne sommes-nous pas coupables à l'avance de la pauvre vie qui semble s'annoncer pour vous, une vie entre peur et haine, entre égoïsme et indifférence, entre des choix impossibles, soit être malhonnête et profiter d'un système pourri, soit tenter de rester "pur" et se faire complètement broyer par ce même système?

J'ai peur, mes enfants, j'ai mal, je suis triste et je perds espoir. Pourquoi aujourd'hui plus que le 14 juillet, le 22 mars, le 13 novembre, le 7 janvier? Je n'arrive pas à le dire. Est-ce parce que, comme tout le monde, j'ai participé à la "vaste blague" de la candidature de l'autre perruqué, en trouvant ça juste "drôle"? Est-ce simplement l'accumulation des coups de canif dans ma foi en l'être humain? Toujours est-il que là, ça y est, je vois les élections présidentielles françaises avec Marine présidente, je vois l'Europe comme un continent éclaté... je vois les années '30 en Allemagne, quoi. Avec, en prime, notre petit Holocauste à nous (la Syrie), et la même indifférence morne et abrutie de gens qui en ont trop vu. La machine à empathie est cassée.

J'en suis à me dire que la seule réaction respectable serait d'aller combattre, moi aussi, physiquement... mais le pourrais-je? Le voudrais-je? Et le fait d'être une martyre pour une cause (oui mais laquelle?) réussirait-il à racheter ma faute, le péché originel d'être un être humain? Ou dois-je aller plus loin dans le désespoir et nous faire partir tous ensemble dans le néant, pour ne plus être forcés d'assister à une mort lente et progressive?

Il faudrait continuer à y croire... mais en ce 9 novembre 2016, je n'y arrive simplement plus. J'ai perdu la foi... et je ne peux vous dire à quel point ça fait mal. Je vous présente mes excuses, mes enfants. Pardon de vous avoir mis au monde. Si j'avais su, il y a 15 ans, ce soir-là, j'aurais eu la migraine...

Je vous aime.

Maman