12/10/2016

Ce que moi je pense des baptêmes d'étudiants

Autrement dit: je n'ai pas eu envie de titrer ce post "pour ou contre les baptêmes" car ce que moi j'en ai pensé, ça valait pour moi, à une certaine époque, je n'ai pas du tout envie de généraliser à la totalité du machin. Puis s'il y a bien un débat qui pour moi n'avance absolument pas, c'est celui-là: en général les poils et plumes et les fossiles, s'ils ne s'insultent pas, semblent parler deux langues totalement différentes. Cela me conforte dans l'idée que, pour qu'un débat avance vraiment, il est préférable de mettre ensemble des gens qui sont modérément d'accord - sans quoi on stagne et on passe son temps à expliquer à l'autre pourquoi LUI a tort, et pourquoi NOUS avons raison...

Mais revenons à nos moutons...

Bref retour en arrière (enfin, bref... silence, les jeunes qui ricanent dans le fond!): nous sommes au siècle dernier, j'ai fini ma rhéto, j'ai passé un an à l'étranger avec ma famille, et me voici fin prête à entamer mes études. Prête administrativement, s'entend. Dans ma tête, c'est autre chose: je reprends les marques avec la vieille Europe, je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas où je veux aller, j'entame ces études sans conviction, parce qu'il faut bien faire qqch et que, d'après mes parents, puisque je suis bonne élève, c'est que je suis "faite pour aller à l'université". 

Je suis donc en plein brouillard, en pleine crise existentielle (oui, à 19 ans:  à part pour la parole je n'ai pas été précoce pour grand-chose), je suis en permanence entre deux déprimes, et ça se voit, bref j'ai un peu du mal. Tout de suite, la question du baptême se pose, ou plutôt, ne se pose pas: je suis tellement à fleur de peau, fâchée contre le monde, que me laisser gueuler dessus par une bande de connards frustrés du pouvoir, je SAIS que ça ne va pas aller. Je décide de ne JAMAIS participer à cette grande arnaque pour buveurs crétinisés, cette espèce de relation S/M malsaine et éthylique, je pense même à écrire en grand sur mon tablier, à la place du "baptisé à telle date", un grand "pas baptisée" - genre "c'est à prendre ou à laisser". Puis ma première année se passe, tant bien que mal.

Je fais connaissance avec des gens de ma classe - facile, on n'est pas énormément. Quelques autres venant d'autres sections. Assez rapidement, je remarque qu'on peut donner un surnom gentiment moqueur à chacune d'entre elles, basé sur un comportement assez généralisé. Ainsi, les romanistes deviennent assez vite, pour moi, les "inspirés", comme s'ils portaient une plume d'oie invisible derrière l'oreille, qui leur servirait certainement à écrire le chef-d'oeuvre littéraire du siècle. Les "Commu" (communication - on venait d'ouvrir la section, ô lointaine époque) étaient ceux qui ne savaient pas quoi faire d'autre, autrement dit les "touristes". Les philosophes étaient les "Verbeux", allusion au plaisir qu'ils tiraient de citer des noms que - forcément - personne à part eux ne connaissait, pour ensuite s'étonner du manque flagrant de culture chez leurs camarades. Les historiens étaient les plus sympas - je les surnommais les cools. Et enfin venait ma section - les "Germas" étaient les coincés...

Ils étaient pourtant super gentils, dans ma classe! Il y en avait même quelques-uns qui aimaient la fête et les délires! Sauf que ceux-là ont tous arrêté en fin de 1ère année, et que je me suis retrouvée quasi seule au milieu des autres en 2è. Des gens, encore une fois, tout à fait charmants... mais à mille années-lumières de ce que moi je vivais! 

Je me souviens qu'une (on était beaucoup de filles, études littéraires, tout ça) camarade m'avait demandé si je voulais enseigner, plus tard. J'avais (bien sûr!) répondu: "Jamais de la vie!" (aaaah, tous ces jamais sur lesquels je reviens...). "Ah oui? m'avait répondu la fille, Tu te maries, alors?". Heu... non plus... Je me sentais donc un peu une sorte de vilain petit canard, toléré, accepté, voire même apprécié - mais pas complice. Je me suis donc dit, après avoir réussi mes examens de septembre, qu'il fallait absolument faire quelque chose, et que si je devais vivre encore 3 ans avec juste mes camarades de classe comme principale compagnie, j'allais péter une case. J'ai donc décidé de faire mon baptême...

En tant que "fossile", cela peut arriver qu'on soit charrié plus que les "vrais" bleus. Sauf que, quand ça vient de gens qu'on a quand même un peu fréquentés pendant un an, ça prend tout de suite une couleur vachement moins dramatique! Mon grand âge m'a permis de prendre toutes ces manifestations au 2è (voir au 46è) degré, et purée, qu'est-ce que je me suis amusée!!!

Les bleusailles m'ont d'abord permis de rencontrer des gens qui allaient devenir des amis pour la vie: y a rien à faire, quand tu te trouves gueule en terre en maillot à te les geler, ou quand tu dois chanter de manière ridicule, ça rapproche. Quand tu n'as pas de kot (mon cas) et que tu vois que plein de gens te proposent (sans arrière-pensée!) une place, un petit coin de canapé, fauteuil, matelas, ça rapproche. Quand on fait des fêtes de sauvage ensemble pendant plusieurs années, ça rapproche.

Les bleusailles m'ont également donné confiance en moi. Dans tous les gens que j'ai rencontrés, plein d'entre eux m'appréciaient pour ce que j'étais - parce que l'image extérieure, franchement, quand t'es bleu c'est pas top... T'es habillé comme un sac, couvert de trucs suspects, sale parce que arrosé à la farine, à la bière, "décoré" dans le visage... Pas de maquillage de bimbo ou de talons aiguilles pour les bleuettes à mon époque!!! Il y avait une espèce de fraternité qui me convenait super bien. J'ai pu sortir du carcan un peu étroit de mes études, pour m'ouvrir sur plein d'autres horizons. Et ça m'a fait un bien fou.

J'étais en philo et lettres. Faculté qui (à l'époque, du moins) avait la réputation d'être assez "soft": rien de sexuel dans les bleusailles, "poils" contrôlés par les comitards, aucune obligation ni même pression pour participer à ce folklore, c'était un peu la faculté des bisounours - hé, on ne change pas complètement quand même! Je n'ai jamais été humiliée pour de vrai: c'était tellement clair à mes yeux que c'était un jeu, pourquoi ne pas le jouer à fond?! oui, je suis une sous-merde de bleuette, je suis à peine digne d'existence... puis quand c'est fini on s'embrasse sur les deux joues (enfin, sur une: on est à Liège, chal!) et le "chef" s'assure que je rentre chez moi en un seul morceau.

Lorsque à mon tour j'ai été "plume" et que j'ai pu participer aux bleusailles de l'autre côté de la barrière, on m'appelait "la maman des bleus" (tiens, là non plus j'ai pas changé...). J'avais toujours dans mes poches tartines, morceaux de sucre, mouchoirs pour prévenir ou soigner chutes de tension, faims subites ou traces de vomi (ben oui, ça reste quand même qqch de fondamentalement pas frais!!!). Et je me suis déjà opposée à certains gros cons (car je ne nie EVIDEMMENT PAS qu'il y en a là-dedans aussi!) dont l'attitude ou les remarques me semblaient déplacées. 

Je ne me permettrais pas de me servir de mon expérience pour déconseiller ou recommander le baptême étudiant à tous. Mais moi je suis sûre que c'est ça qui m'a permis, paradoxalement, de réussir mes études, car j'ai pu alors concilier moments de travail dans une ambiance stressée et sage, et moments de grosse fête à la folie.

Je ne nie pas qu'il y a des abus - mais montrez-moi un système où il n'y en a pas??? Je ne nie pas que certains (dont d'anciens co-bleus) sont tombés dans la chope à ce moment-là et qu'ils n'en sont jamais sortis. Je ne nie pas que l'excès d'alcool, qui est quand même souvent l'image "de marque" de ces mouvements, est réel, et que ça peut être dangereux. Mais moi je regarderai toujours ces souvenirs avec beaucoup de tendresse. J'ai envie de dire: un truc qui m'a permis de rencontrer ma copine R, ma copine M, mon copain R qui m'a permis de bosser là où je suis... je ne pourrai jamais le renier. Mais bien sûr cela n'engage que moi.

09/10/2016

J'ai perdu l'automne...

Ou "Comment dans ma tête je suis passée d'été à hiver sans transition"...

Oh, je vous rassure, le mental va très bien! Mais j'avoue que mon corps a un peu de mal à assurer les 20 degrés de différence qu'on s'est chopés en 2 semaines de temps! Il y a deux semaines nous cuisions à plus de 30°C dans les classes (et encore, ça c'était les fraîches comme la mienne, celles pas directement exposées au soleil tout l'après-midi!), ma lessiveuse était pleine de petits machins légers (une semaine pour la remplir, d'ailleurs, du quasi jamais vu depuis qu'on est 5!!!), nous éliminions gaiement nos toxines dans les bus, aucun enfant ne râlait quand on prononçait le mot "douche", je congelais les gourdes pendant la nuit pour qu'elles restent fraîches plus de 4 minutes, bref, le temps extérieur correspondait à mon état intérieur, moi qui étais, j'avoue, un peu restée en Provence...

Quand nous avons perdu 10 degrés, cela ne m'a pas dérangée: 24 degrés, pour moi, c'est l'idéal, c'est top, d'autant que les nuits étaient redevenues ok. Puis on en a encore perdu 10... résultat, comme je le disais plus haut, 20 degrés en moins... et le corps qui tricote pour compenser!

Cela fait une semaine que j'ai froid. Le jour (puisque, ô logique sublime, chez nous à l'école on rallume le chauffage en fonction des dates, PAS en fonction de la température, du coup dans notre salle des profs il fait POLAIRE à en avoir le nez tout froid); la nuit. Chez moi. Puis ailleurs...

J'ai déjà remis ma couette d'hiver - au-dessus de ma couette d'été. ça plus mon gros pyjama et mes chaussettes (oui, je sais, hmmmm, sexy Cath la nuit quand il fait froid), ça peut aller. On a rallumé le chauffage. D'abord le matin, mais voilà qu'on en a besoin la journée aussi. On a des envies de plats qui tiennent au corps. J'ai déjà refait de la potée aux choux et une raclette. Tout ça avant le 10 octobre... purée, qu'est-ce qu'on fera en décembre par -15!!!

Je suppose qu'on doit simplement se réhabituer, et que ça va se faire petit à petit. Mais j'ai l'impression que je suis passée très vite des kilos de bien-être en été (apéros et glaces) aux kilos de "lard" d'hiver... Je me surprends à avoir envie de boire du thé bouillant... et, pour le grand plaisir de mes enfants, mes envies de chocolat, plutôt muettes quand il fait chaud, me reprennent et m'assaillent de toutes parts.

Afin de combler ce besoin, tout en me fournissant calories nécessaires à ma survie, j'ai ressorti la merveilleuse recette des fondants de Juliette. Je vous la livre avec plaisir - attention, c'est TRES chocolat, TRES lourd - du pur bonheur, quoi!!! Stressé(e)s de la calorie s'abstenir!

Pour 4 fondants il faut:

  • 120 grammes de chocolat noir (+ 4 GROS carrés)
  • 35 grammes de beurre
  • 80 grammes de sucre
  • 1 cuillère à soupe de farine
  • 3 oeufs

Faites fondre le chocolat et le beurre dans un poêlon (= une casserole en France). Allumez votre four à 180° degrés. Pendant ce temps mettez le sucre et la farine dans un récipient, ajoutez les oeufs, mélangez bien. Ajoutez-y le chocolat et le beurre fondus, mélangez. 

Versez le mélange dans des ramequins - cela peut prendre du temps si vous voulez travailler proprement (les oeufs rendent le mélange assez visqueux) et que vous avez décidé, comme moi, que 4 fondants, c'est juste pas possible et qu'il faut multiplier... Dans le fond des ramequins, vous pouvez déposer un gros carré de chocolat noir, pour un effet "fondant" maximum.

Enfournez, laissez cuire 12 minutes, laissez un peu refroidir (c'est meilleur tiède, mais ça n'engage que moi) puis dégustez. Conseil: ne mangez pas trop vite, sinon vous aurez envie d'un 2è... sauf qu'une fois que ça "tombe", ben... c'est du lourd!!! Mais quel bonheur! La preuve: je suis dans une pièce non chauffée, fenêtre ouverte, et je suis bien...

A moins que ce ne soit l'automne que j'ai retrouvé...

Hmmm... à quand la choucroute et la tartiflette???

27/09/2016

J'ai testé pour vous: Les calmants et stimulants pour enfants

Oui, vous avez bien lu. Je m'avoue vaincue. Je renonce à mon approche intuitivo-naturelle basée sur (ce que je croyais être) le bon sens. J'écoute enfin ce qu'on me dit...

Pourtant au départ mes enfants abordaient la rentrée de manière assez zen, comme d'hab, quoi. C'est alors que j'ai eu la bête idée d'allumer la radio... Partout, sur toutes les chaînes, les journalistes n'avaient qu'un mot à la bouche: le stress. Ben oui, forcément, les enfants de parents intelligents savent ce qu'il se passe à l'extérieur de leurs murs rose bonbon, donc au lieu de bêtement faire confiance à l'avenir, les fées, le karma, ils regardent, ils observent... donc ils stressent. 

C'est ce qu'on nous a répété, en tout cas: à chaque bulletin d'information, j'entendais que les enfants avaient le coeur serré, l'estomac noué, les mains moites... je me suis donc dit que moi, j'avais dû louper quelque chose! Mes enfants à moi, j'avoue, ne stressaient pas du tout! Ils soupiraient, certes, de ne plus pouvoir glander au lit jusque pas d'heure, de redevoir aller dormir tôt, de recommencer à courir... mais c'était plus de la nostalgie anticipée que du vrai stress! Je leur ai donc parlé du monde qui nous entoure. Du fait que l'école ça fait peur. Que, bordel, y a pas de raison pour que la pression ne soit que sur notre tronche à nous, les adultes. Qu'à présent, ils sont respectivement en 2è et 6è primaire, et en secondaire pour le grand, donc que fini de rigoler, les petits cocos. Leur (manque d')avenir se joue maintenant, là, tout de suite, et ils n'ont pas droit à l'erreur!

Je leur ai parlé des mesures anti-jeunes du gouvernement, qui les mettrait dans la merde aussitôt sorti de chez nous - enfin, pour ceux qui y arrivent. Je leur ai parlé des mesures anti-vieux du gouvernement, pour leur annoncer dès à présent que si eux seront des Tanguy (forcément, si t'as droit à zéro revenu d'intégration dès l'âge de 24 ans et que tu ne trouves pas de boulot avant 28 ans - et attention, à 45 ans t'es vieux et plus baisable employable, tu vis où? Chez nous!), nous, entre pas de retraite, punis si au chômage mais pas engagés si déjà vieux, ben nous on comptera sur eux très, très vite pour prendre soin de nous!

Je leur ai aussi parlé du monde extérieur: montée des extrémismes de tous bords, qu'ils soient religieux ou politiques (car la réponse extrémiste marche du tonnerre, c'est bien connu!), repli sur soi à jouer à Pokémon Go, risques de guerre, risques de croisades, risques de bouffer du poulet au chlore, risques de ne plus pouvoir se soigner.

Je leur ai enfin parlé de tous les risques pour leur santé de notre style de vie moderne: ondes, perturbateurs endocriniens, légumes et fruits mortels si pas bio (manque de bol: quand t'as pas de boulot t'as pas de fric - donc tu meurs? La voilà la solution contre le chômage!!!), ils seront des adultes au mieux allergiques, sinon, stériles (autre processus de sélection "naturelle", peut-être?), et en tout cas, malheureux, fauchés, accros à plein de trucs et sans amis.

C'était dur, mais j'ai réussi: là, mes enfants sont enfin stressés comme il se doit. Donc j'ai pu leur donner des calmants - oui, mais pour enfants. Nous voilà (re?)devenus normaux. Nos enfants sont lobotomisés déstressés.

Il me restait cependant à les stimuler suffisamment, histoire de dire que j'aurais essayé de braver le destin. J'ai donc dû leur concocter un petit programme personnel à chacun, afin quand même d'en faire des gens un peu intéressants, et pas juste des bêtes gosses qui s'amusent avec un bout de bois, type hippie des années '70. Dorénavant, le mot d'ordre est "stimulation" et "professionnalisme". Cours de langues, cours de musique, 3 sports différents, au cas où ils seraient prodiges dans l'un des trois, c'est fini de s'amuser, les gars, il est temps de devenir rentables, parce que pour vos vieux, c'est quasi foutu! Moi j'ai l'âge d'être une vieille pour les employeurs, et votre père y est presque!

Mais ces crétins d'enfants ont eu un peu de mal à suivre le rythme... ils croient quoi, eux? Qu'une fois adulte, une semaine de 40h suffira? Autant les préparer dès aujourd'hui, non? Une activité par jour (sauf le mardi, le jeudi et le samedi où y en a deux), ça me semble assez raisonnable, pour commencer, non? Mais comme ils avaient un peu tendance à devenir grognons et à piquer du nez dans leurs assiettes, on a tenté les stimulants. Et vous savez quoi? ça marche!!! Il FAUT alterner les deux, et ne SURTOUT PAS confondre l'un et l'autre (erreur de débutant, mais la nuit fut looooooongue à les calmer!!!). Pas dépasser la dose non plus, même si vous pensez que c'est nécessaire: trop de stimulants, ça leur fait péter une case, et trop de calmants, ben, ça les endort un peu, et parfois pour assez longtemps... reposant pour les parents (presqu'autant que la tablette/babysitter, mais sans le côté super pédagogique de la chose) mais si ça dure trop longtemps, un brin stressant aussi, quand t'arrives pas à les réveiller, les cons!

On a donc un peu tâtonné au début mais là, ça roule, ils se sont adaptés! Ils sont de bons citoyens devenus enfin un peu productifs - ou presque. Certes, ils ont un peu perdu de leur spontanéité, ils semblent parfois un peu absents, leurs yeux ont un peu changé... mais c'est pour leur bien, non? Et là, au moins, moi je me sens bien d'avoir écouté les bons conseils des médias, tous des spécialistes de l'enfance. Puis au moins, là, si mes enfants deviennent quand même des losers, des rêveurs, des idéalistes, bref, des gens inefficaces... moi, je n'aurai rien à me reprocher. Parce que, pour une fois, j'ai voulu, ET je me suis procuré, le meilleur pour mes enfants.

16/09/2016

J'avais dit "Pas d'animaux"...

Ou "Comment apprendre à ne jamais dire jamais"...

Pourtant, j'en avais, de bonnes raisons de ne pas ajouter ENCORE un être vivant qui serait à notre (ma) charge! On part toute la journée, il serait malheureux, pas question de ramasser des crottes, qui réparerait les meubles abîmés par les griffes, qui irait le conduire chez le véto, qui...

J'avais dit aussi que j'en avais bien assez sur les bras avec mes trois monstres, que même un poisson rouge serait de trop, qu'un petit morceau de responsabilité de plus me foutrait par terre.

Puis notre fille nous a annoncé d'un air angélique que pour son anniversaire, elle souhaitait un animal de compagnie. Oh, elle avait bien préparé ses arguments, la bougresse! (elle vient d'avoir 7 ans, je le rappelle... ça promet!!!) Elle savait que je ne voulais ni ramasser des crottes, ni nettoyer des poils. Que mon nez sensible n'aimait pas les odeurs fortes (enfin, quand je peux l'éviter! Les chaussettes d'ado, je n'ai pas trop le choix, mais c'est très dur!). Que j'étais déjà presque noyée. Et que donc, ayant bien réfléchi, elle voulait un poisson rouge. Et bien sûr, on a craqué. Spot et Turbo font à présent partie de notre famille, depuis une semaine déjà.

Je pense que je m'attendris (à certains niveaux) avec l'âge. Parce que, purée, je me suis déjà fait des cheveux blancs au sujet de ces p*** de poissons! Quand il y en a un qui ne mange pas; quand la lumière semble les stresser; quand ils ont l'air de s'ennuyer... c'est peut-être le début, mais je nous revois presque quand on a pris la voiture pour la 1ère fois avec un nouveau-né! Heureusement que j'avais dit non à des trucs à poils et au sang chaud! Si je m'en fais déjà pour des poissons, animaux peu connus pour leur résistance et leur longévité, que serait-ce avec un chaton ou un chiot qui vous regarde avec des yeux plein d'amour???

Et donc, dans la même veine, gaga pour gaga, nous avons également accordé à notre fils de pouvoir faire du foot... Là aussi, j'avais dit non. Pas (uniquement) parce que je suis une méchante qui aime les frustrer (oui mais c'est pour leur bien!!!), mais surtout à cause du côté extrêmement chronophage de la chose! Car qui dit foot dit deux entraînements par semaine, pis les matches aussi, chaque samedi! Etant occupée à bosser au moins un jour par week-end, cela me semblait impossible!

Sauf que... cette année, je n'ai plus envie d'être occupée un (voire deux) jour(s) par week-end. Je n'ai plus envie de faire passer le "reste" (càd quand même ma famille!!!) au 2è plan à cause d'un boulot, quoi qu'en disent les esprits chagrins, qui me demande un investissement énorme. Je n'ai plus envie d'arriver fin d'année sur les rotules, prête à pleurer pour un oui, pour un non, à chercher ailleurs chaque début juillet tellement je suis dégoûtée. Puis faut dire que pour l'instant, mon horaire me permet de faire ce plaisir à mon grand petit... je croise les doigts pour qu'il ne change pas trop! Toute façon c'est trop tard il est inscrit et j'ai promis...

Cette année, je n'ai pas pris de bonnes résolutions de type "faudrait que". Je m'aperçois que mes décisions sont plutôt rythmées par des "j'ai envie", "je veux", "j'ai besoin"... Et je trouve ça formidable. Je me sens bien. Je sais que ça peut, ça va sans doute changer, que j'aurai encore des moments débordés - mais j'ai envie aussi de faire un peu autre chose. Même si cet "autre chose" voudra dire faire le taxi, un peu plus que d'habitude (et pourtant par rapport au nombre d'enfants pour l'instant ça va encore), après les vacances une fois de plus sublimes et épanouissantes qu'on a passées, j'ai BESOIN de moments de famille. Je ne veux pas attendre juillet prochain avant d'être bien à nouveau. (je force un peu le trait, là...)

D'ailleurs je l'annonce publiquement à mes 3 lecteurs: depuis des années, j'y pense, cette année, je le fais: je vais m'inscrire à "je cours pour ma forme". Pourquoi c'est pas encore fait? Parce que ça commence samedi de la semaine prochaine. Car ça aussi, c'est un besoin que je ressens profondément: bouger plus, me défouler plus, faire du sport. Si on m'avait dit ça, je ne l'aurais pas cru: pendant des années j'ai cru être incapable de courir plus de 20m à la fois. Or, les quelques fois que je m'y suis mise, le souffle ça allait! (forcément, je nage depuis 5 ans, ça aide!) Ce sont plutôt les jambes qui souffrent un peu - mais j'ai "envie" de "souffrir", comprenez, de me dépasser un peu physiquement, après m'être dépassée nerveusement pendant des années. J'ai envie de prendre la vie plus à la légère (un challenge, parfois!), de regarder autour de moi et de voir le verre à moitié plein - puis, avouons-le, quand même un peu de "retarder des ans l'inévitable outrage"...

Ce ne sont pas de bonnes résolutions dictées par la raison. Ce sont des envies profondes que je ressens au plus profond de moi. Et j'ai remarqué une chose: quand c'est moi qui décide, enfin, quand ce sont MES choix, pas ceux des autres, j'assure beaucoup mieux, et j'assuMe aussi beaucoup mieux quand ça va moins bien. Je n'ai pas envie de projeter trop, cette année: trop d'inconnues, notamment par rapport à ma résistance physique à toutes ces courses! (et je ne parle pas de la course à pied, mais plutôt les autres, celles des mères multi-tâches). Mais j'ai envie de faire un peu de résistance. On va voir ce que ça va donner.

Et vous, la rentrée, ça se passe bien?

19/07/2016

Notre fils nous a tout dit

C'était hier soir. J'étais en train de préparer le repas, mon homme mettait la table, lorsque notre fils est venu nous trouver. Il avait l'air grave, effrayé, même. Il a dit qu'il avait quelque chose d'important à nous dire...

Nous nous sommes assis en face de lui. Mon cœur battait à du mille à l'heure - qu'avait-il fait pour avoir ce visage presque désespéré? Il a pris la parole. Pour dire qu'il nous aimait. Qu'il avait longuement réfléchi. Qu'il avait essayé. Mais qu'il ne pouvait plus taire ses véritables inclinations. Qu'il espérait qu'on réussisse à l'accepter tel qu'il est, que ça ne changeait rien au fait qu'il soit notre fils...

Ok, c'est vrai, tout ça, mais quand même...

 

 

Mon fils est hétéro...

Le ciel m'est un peu tombé sur la tête - même si je dois dire que dans un coin de mon cœur, je savais... J'ai essayé de fermer les yeux, de me dire mais non, que vas-tu imaginer, ou encore, "ça passera avec la puberté"... Ce n'est pas passé, mon fils est hétéro...

Que diront les gens? Que diront les voisins? Où a-t-il été attraper ça?

On dira sûrement que c'est de notre faute: il y a certainement plein de choses qu'on aurait dû faire - ou pas faire. C'est souvent la relation avec la mère, tout ça (de toute façon, t'es mère, quoi qu'il arrive, c'est de ta faute!). Ou avec le père? C'est peut-être cette institutrice qui portait des mini-jupes? Ou les émissions débiles qu'il regarde, avec toutes ces danseuses à moitié à poil?

Ou alors c'est notre exemple qui l'a... comment dire? Contaminé? On nous avait bien dit de ne pas être aussi ouverts sur notre hétérosexualité à nous, que ça allait donner le mauvais exemple, qu'on allait influencer les gens autour de nous, une fois de plus on a choisi de faire les ado attardés et de n'en faire qu'à notre tête, et voilà le résultat!

Bien sûr je n'ai pas envie qu'il nous mente ou qu'il fasse semblant! Mais il semble déjà si sûr de son choix! Moi j'ai peur qu'il souffre!

En plus, il n'en a pas encore parlé à ses copains... J'ai très peur de leur réaction quand il va se confesser - pardon, se confier à eux. A mon avis nombre d'entre eux vont se détourner de lui, de peur que ça ne les contamine. Mon pauvre petit garçon...

Et moi, sa mère, dans tout ça? Je suis terrassée par la culpabilité - mais bon, comme j'ai déjà dit, comme mère, c'est assez facile. Mais le reste? Dois-je l'annoncer à la famille? De manière officielle, genre le toast à Noël? Lui laisser dire lui-même? N'Est-ce pas l'envoyer aux loups tout seul?

Dois-je le mentionner librement quand je parle avec lui, ou parler plutôt neutre, genre "tu es avec quelqu'un" ou "une personne"? Plus tordu encore: dois-je le laisser inviter - gloups - sa copine à la maison? N'Est-ce pas encore plus le pointer du doigt à tout le quartier comme le mecs qui sort avec des filles ouvertement en plein jour?

Pffft, ça en fait, des questions sans réponses! Je vais devoir aller me renseigner pour voir s'il n'y a pas de groupes de soutien aux parents d'enfants hétéros, ça doit exister de nos jours!

En attendant, je vais quand même lui prendre rendez-vous chez un bon psy: même s'il n'arrive pas à le guérir, au moins il se sera posé les bonnes questions. Parce que j'ai beau être large d'esprit, à l'âge qu'il a, on fait dans la provoc' et on fait tellement de mauvais choix rien que pour emmerder ses parents!

Et si c'est moi qui ai manqué quelque chose dans mon éducation, mon grand, je t'en demande pardon du fond du cœur. J'espère que ça va aller. Fais attention à toi, surtout!

16/07/2016

Lettre ouverte à mes frères (in?)humains

Cher frère, chère sœur, (et non, je ne me prends pas pour St-Paul...)

J'ai été élevée avec l'idée que je suis sensée t'aimer "comme moi-même". T'aider. Te comprendre. Et surtout, ne pas te juger. Même si tes convictions sont différentes, même si ta manière de vivre est une insulte à la mienne, nân, que dalle, je suis sensée t'aimer. Et, bien qu'ayant rejeté une énorme partie des principes inculqués dans mon enfance (surtout ceux concernant certains rituels du dimanche matin et tout ce qui va autour), jusqu'à présent, cela me convenait. Après tout, avoir des gosses, puis s'occuper à (tenter de) instruire ceux des autres, ça demande une certaine dose d'affection pour l'humanité!

J'ai ce côté St-Bernard dont j'ai déjà parlé, ce côté optimiste, aussi, pour qui le verre est en général à moitié plein, une optimiste qui tente d'entendre la forêt qui pousse plutôt que l'arbre qui tombe, bref, sans absolument plus être pratiquante, je suis quand même tout à fait séduite par la doctrine des chrétiens de, en gros, "aime tous ceux que tu peux et en attendant, n'emmerde pas ton voisin non plus".

Mais putain, je dois dire que pour l'instant, c'est dur d'aimer son prochain. Parce que, trop souvent, mon prochain est un sacré con... Et je ne parle pas, malheureusement, que du connard qui a trouvé malin de rouler dans une foule avec son putain de camion. Je parle aussi, presque, surtout, des réactions sur les réseaux "asociaux" de gens qui veulent absolument faire goûter leur vomi aux autres... C'est là que je me souviens de pourquoi, en général, je les évite excepté pour les infos qu'on ne trouve que là... Que de propos nauséabonds...

Bien sûr, il y a eu des réactions racistes - fallait malheureusement s'y attendre. Un connard d'une nationalité, religion, "race", forcément, déteint sur tous ses congénères! C'est bien connu que tous les Belges sont pédophiles, que tous les Américains sont racistes et armés, que tous les Allemands sont des Nazis et que tous les Cambodgiens sont des tortureurs! Donc, forcément, tous les Tunisiens, tous les Musulmans, tous les Arabes sont des terroristes. Passons.

Mais y a les autres commentaires, aussi. Ceux qui ne comprennent pas "qu'on puisse fournir de bons avocats" à Abdeslam et consort - ouvrez un bouquin d'histoire, les gars: même justement les Nazis ont eu droit à un procès équitable où la présomption d'innocence se devait d'être respectée! ça s'appelle - comment, déjà?... ah oui, la victoire de la démocratie contre la barbarie, ça vous parle? Personne n'a dit que c'était simple d'ailleurs, puisqu'un énorme barbare belliqueux et poilu sommeille en chacun de nous! (oui, chez moi aussi, touche un peu à mes gosses pour faire sa connaissance...)

Autre suggestion: "yaka" bomber la Syrie - mais quelle bonne idée!!! Refaisons un Traité de Versailles où on fout tout le monde dans le même sac! Traité de quoi? Mais oui, vous savez, celui signé en 1920, qui a tenté de "corriger" les Allemands après la première guerre mondiale en leur faisant porter le chapeau pour la totalité du conflit? ça a été très efficace: ça a ruiné le pays complètement (bien fait pour leurs sales gu...), ça les a démoralisés (idem), et ça a permis à un sympathique petit Autrichien d'accéder à une chouette position de pouvoir, et de """""nettoyer""""" le permis de la """""racaille"""""! Voilà la solution!

Par contre, ce qui avait été mis en place après la deuxième guerre mondiale et le choc de l'Holocauste est aussi en train de partir en sucette (merci le Brexit), parce que, franchement, pourquoi on se bougerait le cul pour les autres, on ne peut pas sauver toute la misère du monde, nous on a notre nombril à contempler alors les autres, franchement, qu'ils se démerdent! De toute façon je sais que j'ai raison: j'ai eu plein de "like" après mon commentaire sur la page Facebook, ça veut dire quelque chose, non?

De plus en plus la bêtise et l'ignorance m'atterrent. De plus en plus la haine et la surdité profonde à tous ceux qui pensent un peu différemment me révoltent. Je ne me considère PAS comme bêtement tolérante à tout, même à l'intolérable. Si tu viens chez moi, ok, j'adapterai ma cuisine à ton régime alimentaire, qu'il soit hallal, kosher ou vegan. Mais si moi je bouffe une côte de porc devant ton nez, j'attends de toi le même respect. Si tu te convertis à une religion, c'est ton droit. Mais chez moi, tu respectes tout le monde, homme ou femme, adultes ou enfants, croyants ou mécréants. Et si ma laïcité pratiquante te choque, ne t'étonne pas si TA pratique religieuse me froisse. Et quand je dis "religion", j'entends ça au sens le plus large du terme! Pour moi, l'addiction au smart phone, aux réseaux sociaux et aux selfies est une sorte de religion - avec laquelle j'ai presque autant de mal que celle des intégristes de tout poil, même les intégristes laïcs (car il y en a, j'en connais!).

De plus en plus, les gens pensent qu'en gueulant fort, ils donnent l'impression qu'ils disent quelque chose d'intelligent et de profond. Ben non les gars, pas toujours.

De plus en plus, les gens pensent que les bouquins d'histoire ne servent qu'à leur faire passer des examens puis à être oubliés. Moi qui donne cours d'histoire, je vois que par moments les élèves, quand je fais des liens avec l'actualité, ne savent plus exactement si on est en Allemagne dans les années 1930 ou en Europe dans les années 2010... pédagogiquement, ça me fait plaisir. Humainement, ça me fout les jetons. Parce que souvent, trop souvent, moi-même je ne le sais plus...

Alors, cher frère, chère sœur, je ne dis pas forcément que je vais aller vivre en ermite dans une caverne. Je ne dis pas forcément que moi, je vais "bomber" tous ceux avec qui je ne suis pas d'accord (y aurait trop de boulot!!!). Mais purée... si on pouvait entendre quelque chose de positif, une réaction intelligente et nuancée, pour changer, j'aurais un peu moins de mal à envisager continuer ma "croisade" (VERY bad choice of words, sorry!), continuer à ajouter mon petit grain de sable... continuer à y croire, une fois de plus. Ici dans vos commentaires, peut-être? Pour me rassurer?... Merci d'avance? :/

Donc, cher frère, si tu pouvais arrêter là tout de suite ta crise d'adolescence à la con, sortir la gueule de ton nombril et commencer à utiliser ce qu'il y a entre tes deux oreilles pour autre chose que pour ta putain de page Facebook ou autre... franchement, ça m'arrangerait!

Désolée pour le langage, quand je suis fâchée j'ai tendance à devenir un peu grossière...

 

 

29/06/2016

Une de plus...

Voilà, je viens de terminer le dernier travail à donner au dernier élève.

Une année scolaire qui se termine. Une de plus. Purée, j'ai l'impression que c'était hier (enfin, le mois passé) que je vous racontais mon merveilleux concert de rentrée...

Une fois de plus, fin d'année marathon. Des conseils de classes à n'en plus finir (moyenne journalière: 9h). D'ailleurs les élèves qui, sentant sans doute le roussi des examens - et donc des questionnements parentaux - me font toujours bien rire (jaune) en me demandant autour du 15 mai "si je bosse sérieusement d'ici la fin de l'année, je passe, hein madame?"... Purée, si je pouvais te faire un conseil de classe de fin d'année expédié toute seule en 10 secondes, mon ami, tu penses vraiment que je passerais tout mon mois de juin (à peu de choses près) de ce bâtiment pourave? Au point que j'en viens à me demander qui sont ces gens qui m'accueillent (ou pas - il est parfois très tard!) dans la maison... ah oui, juste, j'ai aussi une famille!!!

Une fois de plus, une journée horrible qui combine la remise des bulletins (les larmes), la remise des diplômes (émotion et fierté - d'autres larmes parfois), puis enfin la réunion de parents (remise en question du prof, bien sûr - si ce n'était pas de ma faute, pourquoi chouchou aurait-il raté??? Je ne vais quand même pas demander à mon enfant-roi de se remettre en question?????).

Je me dis souvent (enfin non, parfois, mais concentré en fin d'année donc là je suis toujours un peu la gueule dedans) que j'ai tort de prendre les choses tellement à cœur. De passer tellement de temps à essayer de remédier, de ré-inventer, d'invoquer ciel et terre pour trouver le moyen d'enfin motiver certaines personnes. Puis, grosse erreur de bleue, de prendre certains échecs d'élèves comme des échecs personnels...

J'en avais deux, cette année. Deux challenges. Deux personnes que j'aurais tellement voulu sauver... "C'est pas ton métier, Cath, tu n'es que prof". "Oui, je sais, mais j'ai toujours ce syndrome de St-Bernard frétillant du tonneau...". "C'est casse-gueule". "Oui, je sais". "Tu risques d'y perdre plus que de gagner". "Oui, je sais". "Alors, pourquoi tu continues?". "Parce que je suis une grosse conne"...

Ces deux personnes ont échoué lamentablement. Donc j'ai l'impression que c'est moi qui ai tout raté....

La fatigue n'aide évidemment pas. J'en viens à oublier (je tente de quitter l'émotionnel pour redevenir objective) les autres: ceux que j'ai su aider, "guider", accompagner. Celle qui a eu son diplôme en juin, malgré des difficultés grosses comme ça. L'autre, quasi même profil. La troisième, pour qui ça doit être l'année prochaine - mais c'est bien parti et on reste vigilant. Ceux qui m'ont dit s'être super bien amusés. Les projets réussis... Non, ça j'arrive pas à le voir cet après-midi. J'ai un goût amer de cette fin d'année. Ma dernière phrase "de prof" s'est arrêtée pour cause de gorge nouée et de larmes pas loin.

Demain je fête - pas tard, je n'ai plus de jus. Après-demain, je pourrai me dire que 1) je ne suis pas Atlas; 2) c'est une leçon d'humilité (non sollicitée - comme la plupart, d'ailleurs!!!) qui ne peut que faire du bien à mon karma; 3) qu'ils aillent tous se faire cuire un œuf jusqu'en septembre...

Après-demain, je pourrai commencer à prendre du recul.

Mais purée, j'arriverai quand, à pouvoir me dire: "cette fois, là, ça y est: j'arrive à gérer mon année"???

Soyons honnête: si "gérer" veut dire "se détacher"... sans doute jamais. Je suis, je reste une passionnée, donc aller bosser en classe comme on met des cachets sur des formulaires et attendre le salaire en fin de mois, je ne pourrais pas, je ne voudrais pas! Par contre... il serait peut-être temps que je relise ma phrase préférée:

Avoir la sérénité d'accepter ce que je ne peux pas changer (dont moi-même, sans doute!)

Avoir la force de changer ce qui peut l'être

Avoir la sagesse de les reconnaître...

Bon, promis, je commence... bientôt!

 

17:44 Écrit par Catherine dans Mes tartines à moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vie de prof |  Facebook |