19/01/2013

Allons voir ailleurs?

Comme beaucoup de gens, ils en rêvaient parfois. Comme beaucoup moins d'entre eux, ils l'ont fait!

Mes amis Roxane et Pierre: la (tout juste) quanrantaine, en couple depuis déjà un bail, deux carrières florissantes, pas d'enfants... tout pour être heureux, quoi! Tout? Pas tout à fait. Depuis un moment déjà ils se questionnaient sur leurs choix de vie. Des envies de voyage de plus en plus prononcées, des petits bobos de plus en plus réguliers, l'impression que tout allait rester constant (ou pire) jusqu'à la vieillesse et la mort... Eux ont choisi de dire non.

Pourtant ç'eût été si facile de continuer! Quarante ans oui, c'est (parfois) l'âge de la (d'une certaine) crise, mais c'est aussi l'âge où les sirènes des publicités nous font les yeux doux, l'âge où l'on peut se permettre un certain confort, voire, si vous n'avez pas une tribu à nourrir, un confort certain. Ils auraient pu choisir de consommer, de se taire, de mettre au centre de leur vie tant d'autres choses! Mais ils ont choisi de dire non.

Un soir, Pierre demande à Roxane: "Et si on faisait un tour du monde?". Et Roxane (après 1/2 minute de réflexion quand même: on n'est plus aussi spontané qu'à 20 ans, sapristi!)... ben Roxane a dit oui. Puis ils ont commencé à partager la nouvelle avec leurs amis.

Première (demi) surprise: l'enthousiasme que leur projet a suscité, et suscite toujours. Pas (ou si peu qu'elle ne m'en a pas parlé!) de discours frileux, que du soutien, que des sourires, que des gens qui se réjouissent pour eux. Quelle belle manière de "mesurer" la "qualité" de leurs amis! (je mets des guillemets parce que les termes sont moches, mais après tout nous en avons tous eu, de ces soi-disant amis qui étaient surtout là pour nous plaindre, jamais pour être contents pour nous!).

Deuxième surprise: en préparant leur matériel qui, forcément, se doit d'être professionnel et résistant à un an de vadrouille en sac à dos, ils se sont rendu compte de l'absurdité d'une certaine consommation "à vide". Faire les soldes? Oui... mais pour ce que ça apporte en bonheur par rapport à l'énervement, la foule, la chaleur, à quoi bon? Un pantalon de plus? Une millième chemise? Une Xième paire de bottes? Par contre, quel bonheur de dépenser des sous pour leur projet! Quel bonheur d'acheter utile! Quel bonheur d'acheter du "qui fait rêver"!

De préparatifs en préparatifs, le 5 janvier est arrivé. Le jour de leur soirée "d'adieux". Je m'attendais à une ambiance un peu mélo, mais c'était tout le contraire. C'était joyeux, c'était festif, c'était plein de gens qui se réjouissaient de ne pas être au centre de l'attention.

Puis, mercredi passé, après une première étape en douceur à Londres chez l'habitant, Roxane et Pierre se sont envolés pour le Costa Rica. ça y est, ils y sont! Et, curieusement, je pense à eux bien plus souvent que quand ils étaient juste à côté.

Pourquoi ai-je eu envie de partager ceci avec vous? Parce que je me rends compte que depuis le début de cette année j'utilise souvent le mot "rêve". Eux ont eu le courage de vivre leur rêve, et je trouve ça extraordinairement rassurant. Combien de gens vivotent-ils en effet, sans oser penser plus loin que leur prochaine facture ou leur prochaine bagnole? Combien sont-ils à subir une vie écrasante de stress et de pression? oui, vu de l'extérieur ils ont "tout"... mais ils en crèvent! Sans vouloir sortir les violons, j'aime voir des gens (plus que des gens: des amis!) oser être heureux, même si c'est hors des sentiers battus. J'aime penser que "l'âge adulte" n'est pas fait que de renoncements et de résignation à être de plus en plus con et de plus en plus malade. J'aime me dire que les rêves font aussi partie de la maturité.

Vivez vos rêves, si vous le pouvez! Certains ne sont peut-être pas faits pour l'être: ainsi, cet espèce de "fantasme" que j'ai d'aller en voiture jusqu'en Chine n'est que la fascination d'une ex-mauvaise élève en géographie de voir qu'il n'y a pas d'océan entre la Chine et nous. Je ne suis pas sûre d'avoir VRAIMENT envie de passer des semaines en bagnole à travers les plaines et les steppes... et surtout pas avec 3 mômes à l'arrière!!! (ben oui, une famille nombreuse, ça change un peu la donne quand même!). Par contre d'autres sont tout à fait à ma portée! Pourquoi se résigner à être de plus en plus malheureux, si on peut l'éviter? Nous sommes nous-mêmes les artisans de notre bonheur, finalement! (Je parle évidemment des gens qui ont déjà le minimum de base! Loin de moi l'idée d'essayer de secouer les gens des pays en guerre ou souffrant de la famine!)

Et comme je viens (normalement) de mettre le lien du blog de mes amis, si vous désirez rêver un peu avec eux, par procuration (ça fait du bien aussi! je vous le recommande! D'autant que mon ami Pierre a une plume qui vaut la peine d'être lue!), n'hésitez pas à les suivre!

Bonne route mes amis! On vous suivra en pensée!

Commentaires

hiiiii ! Nous avons tant de choses en commun !!! Nous aussi, comme tes amis, sommes partis, à 34 ans autour du monde. Et nous aussi avons été surpris des réactions positives autour de nous, y compris dans le monde professionnel. Et nous avons +/- récidivé 3,5 ans, avec 2 enfants : 2,5 mois aux States.
Bonne chance à tes copains.

Écrit par : wam | 04/02/2013

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