15/01/2014

Il court il court, le hamster...

Nooooon, je ne deviens pas sénile au point d'avoir oublié la vraie version de cette chanson de mon enfance! C'est juste que le furet, lui, il court dans les bois (enfin, je pense...) et il est libre de courir où-il-veut, LUI!!!

Moi, par contre...

Je vous vois déjà lever les yeux au ciel et soupirer "ça y est, la vl'à co qui s'plaint"... même pas, et c'est ça qui m'inquiète! En ce moment je serais même plutôt contente... et c'est pas normal!!!

D'abord, je n'ai même pas râlé (enfin, presque pas!) pendant la période dite "des fêtes" (quand on voit la gueule que pendent la majorité des gens rencontrés en ville, on se demande ce qu'elle fout, la fête, et où elle s'est taillée, mais bon...). J'ai même souri aux illuminations, au marché de Noël qui pourrit pourtant tout notre centre-ville. J'ai eu envie de cuisiner des bons trucs et d'acheter plein de cadeaux. J'étais bien, quoi! Je me suis juste demandée où était parti le schtroumpf grognon qui d'habitude prend les commandes à cette période.

Ensuite, sachez, les gens, que j'ai BO-SSE pendant mes vacances! Je dis chaque année que je vais le faire, je prends toujours plein de copies à corriger, et chaque année je les laisse traîner dans mon sac (avec la boîte à tartines et la gourde du dernier jour - youpie l'odeur de la tartine oubliée pendant 12 jours!!!) jusqu'à la rentrée. Hé ben pas cette année! Là j'ai consciencieusement corrigé mes copies, répondu aux mails angoissés d'élèves, lu des trucs pour mes prépas.

Certes, la rentrée fut dure: z'avez déjà essayé de vous lever 4 HEURES plus tôt que votre moyenne, vous? Ben moi oui - du moins, plus tôt que la moyenne des vacances, oui, je sais, décadent mais quel pied!!! Donc le vendredi qui a clôturé cette première semaine de l'année, j'avais un peu les yeux cernés, les enfants aussi... mais j'étais toujours contente! Contente de revoir mes p'tits élèves, contente de donner mes petites leçons, même contente d'avoir des trucs à corriger! Pas-nor-mal, j'vous dis.

Là, c'est mercredi, ma journée "course de 6 à 20h", journée où je râle normalement beaucoup... et ben pas aujourd'hui non plus! J'ai bossé pendant l'après-midi (je suis quasi à jour!!!), j'aime ce que je fais, je suis contente d'aller à la piscine (surtout avec mes nouveaux "paddles" qui musclent - enfin, c'est l'idée! - mes petits bras ramollis), on mange des pâtes jambon fromage donc pour une fois personne ne va râler que berk, y a des légumes dans ce truc, tout va bien!

Demain, j'ai une réunion (je me suis proposée volontairement) et comme j'en avais déjà une, j'ai proposé d'aller à la deuxième aussi en me disant "tant qu'à faire"... et j'en suis contente. Je fais mon boulot. C'est bien. C'est cool.

Sauf que...

Sauf que... (haaaa, vous l'attendiez, celle-là, hein oui?)

Sauf que par moments j'ai l'impression, en me regardant dans un miroir, de voir un petit hamster qui court dans sa petite roue, qui tourne, qui tourne, et qui s'en trouve très satisfait.

Alors quoi, s'il aime ça? Alors je ne sais pas...

Loin de moi l'idée de promouvoir le mécontentement à tout prix, au contraire, et après tout, tant mieux si le boulot ne me pèse pas (plus? pas encore?). Mais par moments je me dis qu'à part penser "boulot", je ne pense plus des masses. A la logistique, oui: qu'Est-ce qu'on bouffe demain, qui conduit quel gosse à quelle activité, ce genre de choses. Mais il me semble que cela fait quelques mois que mes pensées s'arrêtent là: à ma précieuse petite personne, et à tout ce qui tourne autour. Et ça me questionne.

Je n'ai pas la réponse à ce questionnement: d'un côté je me dis qu'un sentiment de satisfaction ne peut pas vraiment être "mauvais", mais en disant cela j'ai tout de suite le contre-exemple du Meilleur des Mondes d'Huxley, où les gens prennent du soma chaque fois qu'ils remettent le système tant soit peu en question, et à chaque fois, ça passe...

Je ne regrette pourtant pas, loin s'en faut, la période où j'étais tellement torturée que tout pouvait potentiellement me mettre à terre. Je ne regrette pas ces années ado où j'étais à fleur de peau tout le temps. Mais je ne veux pas les renier non plus.

Finalement, en couchant ces questions sur papier, j'en assure un certain suivi. Moi qui suis fan du juste milieu, n'est-il pas possible de garder les yeux ouverts sans redevenir une pauvre petite chose fragile? Etre satisfaite, Est-ce vraiment nécessairement être une imbécile? Si certaines personnes autour de moi sont moins bien, moins heureuses, cela veut-il dire que j'ai le devoir d'être mal moi aussi?

Je n'ai pas les réponses... mais il fallait que je (me, vous) pose la question.

Au fait... meilleurs vœux à tous!!!

17:07 Écrit par Catherine dans Mes tartines à moi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Ca fait longtemps que je n'étais pas venue, et il y a plein de billets :-D
des fois je me demande si jene vais pas prendre la voiture jusque en Belgique pour qu'on se parle, on a pas mal en commun, je trouve...
Alors, aussi, je cours, je cours (mais j'ai de grosses rechutes en râlage voire pètage de plombs. oups).
L'organisation roule cahin caha
mais je constate que j'ai zero temps pour m'ouvrir au monde, pour me tenir informée, lire, comprendre le monde comme il va et agir pour qu'il aille mieux (à mon petit niveau, hein...).
Et ca me questionne. moi aussi. Des citoyens tellement occupés, qu'on peut faire passer n'importe quoi... Ca me questionne et ca ne me plait pas.

Écrit par : wam | 15/02/2014

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