08/02/2014

Maternité: quand il est "temps" de passer à autre chose

Dans chaque couple avec enfants vient un moment où l'on se pose LA question fatidique: les bébés, stop ou encore? Cette question peut rester lancinante, sans réponse claire pendant un moment, mais je pense qu'il vient toujours un temps où l'on se dit que ça y est, cette fois, que c'est vraiment fini. C'est alors qu'il est bon de penser au reste de sa vie de couple.

Pour nous, le moment est arrivé - il est même là depuis longtemps: c'est sûr, nous ne voulons pas de quatrième enfant. Nous le savons - devrais-je dire, je le sais? - depuis le moment où j'ai sorti hors de moi une magnifique petite fille, magnifique petite cerise sur mon splendide gâteau, petite fille qui suivait deux non moins magnifiques (QUI a dit que je n'étais pas objective???) garçons. Quand j'ai reçu sur mon ventre cette petite chose gluante, je me suis dit "ça y est, je suis au complet". J'avais la chance que le nombre d'enfants dans ma tête et le nombre d'enfants dans ma vie correspondent.

C'est bien de savoir tout cela, mais après cette première question essentielle, il est également bon de se demander comment on voit sa vie de couple pour la suite du chemin, une fois que la page "bébé" est définitivement (du moins ceux qui sortent de moi!) tournée.

J'ai beau être féministe, ou peut-être à cause de ça, j'ai toujours vu la contraception comme un "problème" qu'on aborde en couple. Je ne parle évidemment pas des jeunes femmes sans partenaires fixes, à qui je ne recommanderais qu'une méthode: le préservatif, que le partenaire soit d'accord (tu restes... peut-être) ou pas (tu te casses... tout de suite!). Mais pour moi, tout comme on assume les enfants à deux, on doit assumer à deux le choix d'une contraception adaptée.

Pendant des années, comme toutes les femmes de ma génération ou presque, je n'ai vu que la pilule. C'est une invention formidable, qui a fait énormément de bien à la cause des femmes, et que je ne remettrai jamais en question. Certains médecins recommandent même une prise ininterrompue, afin de ne plus avoir de règles, puisqu'il paraît que cela diminue le risque d'un cancer du sein. Sauf que moi, la pilule, ça me "la" coupe. Libido en berne. Fini... A mon âge, je trouve ça un peu tôt.

Suite au constat évoqué plus haut, mon chéri et moi avons essayé les préservatifs. Mis à part certains inconvénients évidents, cela nous a bien convenu pendant longtemps: c'est facile à "prendre", facile à arrêter, et relativement fiable. Sauf qu'au bout d'un moment, ça lasse un peu. Et me voir à 70 ans à toujours utiliser des capotes, ma foi... (oui, je suis optimiste, et alors? ça conserve!) peu pour nous.

Le stérilet? Il convient à merveille à des tas de femmes, mais moi ça me pose un peu problème, tant au niveau éthique-psychologique que pour des questions plus pratiques. Et le stérilet hormonal... voir plus haut, les hormones, je préfère éviter.

Il nous restait donc l'option "contraception définitive". Là aussi, nous avions le choix entre la version féminine (donc ligature des trompes, puisque la méthode Essure   ne se pratique pas chez nous en Belgique) ou la version masculine, j'ai nommé la vasectomie. (je parlerai un peu plus en détails de cet épineux "problème" dans le prochain billet, avis aux amateurs et -trices!).

Mais, mais mais... qui dit définitif dit... définitif! (oui, je philosophe, et après?) C'est une chose de "savoir" qu'on veut en rester là, c'en est une autre de faire le pas! Nous avions décidé d'opter pour une solution "à long terme", mais était-ce vraiment ce qui nous convenait?

Certains médecins proposent à la femme de procéder à la ligature des trompes le jour de la césarienne, comme ça on fait d'une pierre deux coups. Avant même de savoir que pour moi il n'y aurait pas de troisième césarienne, je refusais cette solution. Malgré son côté pratique, il me semblait un peu barbare de devoir en même temps fêter la "vie", comme pour l'arrivée d'un nouvel enfant, et la "mort", comme l'arrêt total de ce beau rêve. J'avais beau être sûre de mon choix, je savais que j'allais mal gérer.

Nous avons donc pris le temps de bien, bien, bien réfléchir... et pourtant non, je mens, nous n'avons pas réfléchi (on ne fait pas ça, chez nous!): nous avons ressenti, puisque le désir d'enfant est qqch de si peu rationnel. Moi, surtout: si j'optais pour le "plus jamais", n'allais-je pas le regretter? N'allais-je pas me précipiter sur chaque ventre rebondi, sur chaque nourrisson, en espérant revivre un peu par procuration ce que je ne vivrais plus "en vrai"? N'allais-je pas me payer une déprime hormonale, doublée d'une impression d'inutilité?

A l'heure où nous avons pris notre décision, je peux répondre que "non". J'assume complètement le fait de me dire "c'est fini", j'en suis même heureuse. Nous avons vécu une belle histoire, cette histoire continue, mais il est temps pour nous de tourner la page. Nos enfants grandissent, et l'idée d'avoir à nouveau un bébé me semblerait un retour en arrière - voire un véritable cauchemar.

Certes, vu l'option que nous avons prise, techniquement, je peux encore avoir des enfants, puisque c'est Mr Tartines qui s'y est collé. Mais vu que 1) d'abord je n'ai aucune envie de faire un enfant avec quelqu'un d'autre; 2) que j'ai trois enfants et que ça me suffit; 3) que les deux ou trois mille euros en plus tomberont peut-être un jour dans notre panier de la ménagère, mais par contre les dix ans en moins (les deux conditions nécessaires et suffisantes à un "petit quatrième"), ch'uis vraiment pas sûre... cela nous a paru une bonne solution.

De toute façon, ce fut une décision prise à deux. Et c'est avec l'accord de Monsieur que j'en parle... car, vraiment, la vasectomie, il FAUT en parler. Suite au prochain numéro!

 

Commentaires

J'avais commencé à faire un roman fleuve en guise de réponse, mais bon, je ne vais pas raconter ma vie non plus. J'ai aussi traversé cette phase. Oui, maintenant, je suis aussi à regarder les bébés en me disant "ouf, j'ai fini avec cette période d'aliénation" ;-)
Je n'ai pas encore trouvé le mode de contraception idéal, pourtant...

Écrit par : wam | 15/02/2014

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