09/02/2014

La vasectomie, parlons-en!

Au départ, je n'en voulais absolument pas. Je savais que pour moi, vu mes antécédents (trois grossesses, deux césariennes) et mon âge (càd jeune depuis assez longtemps!), même en cas de rupture fulgurante avec Monsieur, les chances que je rencontre tout de suite un autre prince charmant, que j'aie tout de suite envie qu'il me fasse un enfant et que ça fonctionne rapidement étaient quand même assez minces. Mais nous en avions assez des autres méthodes (voir billet précédent), des frayeurs à chaque retard (notamment une fois où j'ai presqu'attendu une semaine, en essayant de ne pas psychoter et en me disant que, vraiment, "I'm too old for this shit!" - traduction, j'ai vraiment passé l'âge des angoisses mensuelles!!!), nous avions vraiment envie d'opter pour une solution plus pratique.

Oui mais... et si Monsieur et moi nous quittions? Si je mourais? Si l'envie lui prenait de refaire sa vie avec une petite jeune qui voudrait un enfant avec lui? C'est alors que mon Chéri m'a dit "De toute façon, quoi qu'il arrive, j'aurai toujours trois enfants, et ça me suffit". Et il m'a convaincue... en avant pour la vasectomie, donc.

Oui mais c'est quoi exactement? Nous savions par ma gynéco que cela, théoriquement, ne changeait pas grand-chose à la vie de l'homme, que les sensations étaient les mêmes, sa "puissance", aussi... mais comme avant tout acte chirurgical, nous avions un peu le trac. D'autant plus que les réactions qui suivirent ses timides tentatives d'aborder le problème avec ses copains furent assez tranchées.

"Me faire castrer, moi, pas question!". "Je tiens à rester un vrai mec" (ah bon, ce qui veut dire?). "Pas question de me laisser "tripoter" à cet endroit", bref... rien de bien positif. Si l'on ajoute à cela quelques autres qui "l'avaient fait" mais qui n'avaient osé en parler à personne, plus un qui avait passé la soirée suivant son "aveu" à devoir se justifier devant chaque membre de sa famille, qui l'avaient appelé tour à tour, quasi en larmes, pour le supplier de "surtout ne JAMAIS faire ça", nous avons fini par douter. Mais le rendez-vous était pris...

Techniquement, l'opération n'a rien à voir avec celle que moi j'aurais dû subir: entré à 13h et quelque, mon homme est ressorti le jour même vers même pas 17h. L'acte en lui-même a duré maximum 15 minutes. Lorsque les analgésiques ont cessé de faire effet (environ une heure après sa sortie), il lui a fallu se coucher (ce qui l'a soulagé déjà pas mal) et il a pris des anti-douleurs (2 prises le soir même et deux le lendemain matin, je pense, et c'était ce que nous avions à la maison, donc rien de fort!). Nous avons pu reprendre une "vie de couple" dès le lendemain, sans aucun problème, et moi je n'ai vu aucune différence. Il dit que lui non plus.

L'opération en elle-même: il s'agit de couper le canal déférent, celui qui conduit les petites graines vers l'extérieur, comme indiqué ici:

On fait une incision dans chaque testicule sous anesthésie locale, avec des fils résorbants comme une césarienne. La question qui brûle est "qu'arrive-t-il aux spermatozoïdes?", hé ben on ne sait pas exactement. Certains disent qu'ils sont résorbés par l'organisme. Mais c'est une des méthodes les plus sûres et les plus efficaces. Il faut juste attendre quelques semaines après l'opération pour pouvoir "en profiter", car il faut s'assurer que le liquide séminal ne contienne plus de spermatozoïdes. Après une analyse de sperme, l'homme reçoit le feu vert et youpie, allons-y! Par contre, femme impatiente et cochonne, sache qu'il te faudra patienter parfois longtemps entre le spermogramme et les résultats (nous c'était trois semaines, oui mais deux mois après l'opération!!! - donc quasi trois mois en tout), et qu'il te faudra parfois saisir ton téléphone pour insister auprès des médecins trop peu pressés. Mais sache que ça en vaut la peine, hi hi hi!

Apparemment on peut revenir en arrière, mais c'est long, compliqué et pas toujours efficace. A ne conseiller donc qu'à ceux qui sont sûrs d'eux!

De toute façon, le médecin de Monsieur lui a demandé s'il était certain de sa décision plusieurs fois, dont la dernière alors qu'il était déjà en tenue d'hôpital avec les roupettes à l'air... N'ayez donc jamais peur de revenir en arrière AVANT l'opération, si vous avez le moindre doute!

A présent que tout ça est dernière nous, on se dit tous les deux que, finalement, la vasectomie c'est un peu comme les fausses couches: il suffit d'en parler sans honte et sans tabou pour entendre qu'après tout, c'est arrivé à pas mal de gens autour de nous. Et nous avons l'impression que notre absence totale de complexe à ce sujet en a déjà soulagé plus d'un. D'où ce billet, un billet "d'intérêt général" (et non, je ne me la pète pas du tout!).

Quant à la question de voir si on regrettera un jour... je vous en reparlerai dans dix ans, quand il sera (peut-être) VRAIMENT trop tard pour moi, biologiquement. En attendant... ma réaction quand je vois un bébé ou une femme enceinte, une fois passé le premier attendrissement, c'est "Purée, comme je suis contente que tout ça soit derrière moi!!!".

Par contre, ce qui me reste, bien qu'il m'affirme qu'il n'y a pas de quoi, c'est une reconnaissance éperdue pour mon homme qui s'est "dévoué". Oui, rationnellement, je suis passée sous le bistouri deux fois (trois si on compte un curetage), j'ai été enceinte trois fois (cinq, si on compte deux "faux départs"), j'ai accouché trois fois, j'ai allaité trois fois, oui, j'ai donné... mais n'empêche que tous les hommes n'auraient pas fait ça, même dans notre situation. Donc chaque fois que j'y pense, j'ai envie de lui dire merci. Et ça, dans un couple, c'est vachement cool...

 

Commentaires

Bravo !
oui, quand j'ai parlé de mes fausses couches dans mon entourage, j'ai eu l'immense surprise de constater que presque tout le monde en avait connu une !!!
Bravo à ton homme (et toi) pour cette courageuse décision !
(je me projette sans doute, mais pourquoi, hein pourquoi, aurais-je cette reconnaissance alors, que zut, mon corps a payé son tribu pour batir notre tribu (hi hi hi), que je ne sens pas une reconnaissance éternelle concernant l'autodestruction de mon corps pour faire des enfants et que, enfin, la vasectomie est aussi pour son confort à LUI)

Écrit par : wam | 15/02/2014

Les commentaires sont fermés.