11/03/2014

L'anniversaire idéal

Dimanche passé, nous avons fêté l'anniversaire de notre deuxième. Nous n'avions, cette fois-ci, qu'un petit mois (et une semaine - oh, ça va hein!) de retard. Oui, c'est un compliment que je m'auto-fais: contrairement à certaines de mes copines, je n'aime pas garder les enfants des autres (peut-être parce que c'est déjà ce que je fais au boulot?). Pour moi, les vacances se conjuguent idéalement à 5 (ou à deux, de temps en temps), pas à 28. J'aime "avoir" mes enfants pour moi, et pas forcément accompagnés de 125 copains à chaque seconde de mes (nombreuses) vacances. Je suis une horrible personne, pas une sainte... et je compte bien rester comme ça, car les "saintes" qui, elles, organisent mille activités pour leur enfant et sa bande à chaque moment libre m'avouent rentrer au boulot sur les rotules - à la limite, elles sont contentes de retrouver le taf pour se reposer - je vais encore me faire des amis mais moi, c'est un luxe que je n'ai pas: essayez un peu de vous reposer en donnant cours, vous? Donc, en résumé, inviter l'un ou l'autre copain de temps en temps, ok. Avoir une meute de mômes déchaînés pour tout un après-midi... ben... seulement s'il le faut, quoi.

Donc mon chéri et moi avons imaginé ce que serait le goûter d'anniversaire idéal pour des mômes entre 8 et 9 ans. Voici donc ce que nous allons faire dès l'année prochaine.

Tout d'abord, insister pour que l'enfant vienne déguisé. En prisonnier. Avec menottes aux pieds et aux poings. Vous pouvez aussi organiser une fête sur le thème "Fifty Shades", vous savez, le Barbara Cartland version "fessée"? Un petit bâillon, une de ces sympathiques boules à mettre dans la bouche, et le tour est joué: on part déjà avec de trèèèès bonnes bases. Si les parents rechignent, prévoir boule quiès en suffisance. Dans les cas les plus graves, n'hésitez pas à recourir au Valium pour favoriser la concentration des petits.

L'endroit idéal? Une plage. Grande. Déserte. Bordée d'un bar pour les adultes. A la limite, une prairie sans bouse de vache (puisque l'attirance merde-enfant est inversement proportionnelle à la taille du dit gnôme). En tout cas un truc sans humains civilisés aux alentours (de toute façon, ils ont vite fait de fuir), et si possible sans animaux au cœur sensible. Et, accessoire indispensable, une barrière (haute, électrifiée et télécommandée) terminée à sa base par de grand râteaux (voir plus bas).

Le jeu idéal? Il n'y en a pas. Non, non, franchement! Nous, ça fait des années qu'on se casse le c*** à organiser des petites épreuves à points, des concours, des quiz, des tours de force, rapidité ou agilité, ça fait des années qu'on se fait avoir à chaque fois comme des bleus et qu'on oublie cette réalité fondamentale: NOS JEUX LES EMMERDENT. Il faut écouter les règles, suivre les règles, respecter les règles, alors que les mômes, eux, ils veulent juste pouvoir courir droit devant eux (à la limite, derrière un autre copain) en hurlant. Donc là, c'est fini, plus de jeux. On les tape sur la plage et on crie "Allez"... ça suffira, d'ailleurs on ne les voit déjà plus, les voilà partis. Et grâce à vos boules quiès, on ne les entend pas non plus. Bonheur...

A l'heure de les nourrir, nous conseillons aux parents qui n'ont pas encore renoncé de lancer les morceaux de gâteaux directement par terre: ça leur évitera de cruelles désillusions, entre le moment où le gâteau est dans l'assiette et celui où le gâteau tombe (environ 5 secondes). De plus, devoir se battre pour le morceau le plus gros, avec la bénédiction des adultes, mais quel bonheur!!! Pour un bonheur encore plus grand, pensez à faire de gros morceaux: bouche pleine, l'enfant parle toujours, mais au moins on ne le comprend plus, sa voix devient un peu plus grave (enfin, un peu moins suraîgüe) et, qui sait, si les morceaux sont assez énormes ou l'enfant suffisamment glouton... après tout, vous n'êtes pas médecin, hein?

Normalement, en suivant tous ces bons conseils, vous devriez être encore relativement en forme quand sonnera la fin de la fête. Et si vous avez opté pour la barrière magique, tout ce qu'il vous reste à faire est d'appuyer sur un bouton: les râteaux vont alors ratisser les enfants, petit à petit, afin de tous les rassembler en une belle file indienne (du moins, ceux qui ont survécu à la barrière électrique - que vous pouvez désactiver, à présent - et aux morceaux de gâteau!), afin de pouvoir rendre l'envahisseur à ses géniteurs. Autre point positif: si vous avez été suffisamment ignoble, l'enfant ne se disputera MEME PAS avec ses parents pour quémander un quart d'heure/une heure/une semaine de plus (aaaah, les épanouissantes conversations entre un môme buté et un parent "moderne", je ne m'en lasse pas!): il sera CARREMENT reconnaissant de ne pas être laissé une seconde de plus entre vos griffes mains! Bref, que du bonheur, qu'on disait!

C'est alors que vous pourrez leur susurrer en les regardant droit dans les yeux: "A l'année prochaine!". Si vous savez vous y prendre, le môme se mettra à pleurer - et en tout cas, il marchera droit pendant un moment. Ou plus: ses parents savent, à présent, qu'il leur suffira de prononcer votre nom pour le calmer instantanément. "Si tu n'es pas sage, tu iras passer la semaine chez les Tartines!". V'là-t-y pas qu'en plus de tout ce bonheur raconté plus haut, vous venez de vous faire plein de nouveaux meilleurs amis... Elle est pas belle, la vie?

Allez, les gars: à l'année prochaine, d'accord? Je me mets à la construction de ma barrière magique!

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