13/03/2015

La petite remarque

"Décidément, maman, tu devrais être malade plus souvent: qu'Est-ce qu'on est cools pour le moment!".

Depuis le début de la semaine, je vis au rythme de mes envies de sieste. J'ai refait connaissance avec mon canapé, avec les nombreuses bd de notre bibliothèque (oui, des BD: Gaston Lagaffe, Largo Winch, Astérix... ça ne demande pas un gros effort intellectuel et ça finit généralement bien - ou de manière drôle). Je suis au repos.

Mon corps m'a envoyé un signal fort, puisque dès la fin de la semaine passée, je me suis écroulée. Et je l'ai écouté. J'ai pris une couverture chaude, un oreiller, une tasse de thé, et depuis lundi je me laisse vivre - ordre du médecin.

Forcément, je cours vachement moins: je suis "à l'heure des papas et mamans" pour aller chercher les gosses, je prépare le repas (oui, ça j'y arrive quand même) relax, je suis - forcément, avec 2 siestes par jour! - moins fatiguée. Je vais conduire les enfants à l'école en voiture - aussi beaucoup plus cool, puisque moi je n'ai pas la pression d'être dans ma classe, et opérationnelle s'il vous plaît, à 8h15. La voiture, contrairement au train, elle nous attend bien gentiment. Je les houspille moins. Je parle plus avec eux (et pas uniquement pour leur dire de se magner le train, b***!). J'ai le temps d'être plus à l'écoute. Je sens que les fluides recommencent à circuler, que l'énergie refait une timide apparition. Je vais mieux.

Du coup, forcément, la petite remarque que je me suis prise dans les dents: "C'est cool, avec toi, pour l'instant, maman"...

Du coup, j'en viens pour la Xè fois à me poser la question de "mais pourquoi Est-ce qu'on s'impose ce train d'enfer qui pèse sur toute la famille, à commencer par nous-mêmes???". Mais avons-nous le choix?

Je sais qu'un choix, ça peut se changer, s'adapter, se vivre différemment. Je sais que, à l'intérieur de notre bulle imposée, nous avons une certaine liberté... enfin, je crois. Mais avons-nous la liberté de prendre notre temps?

Je sais que beaucoup de choses tiennent à ma difficulté à lâcher prise - mais serais-je plus heureuse dans une maison où certes, les autres sont plus relax mais où c'est l'anarchie? Le bordel et le chaos complet? Rien prévoir, tout improviser et jamais rien de prêt à temps, c'est pas mon truc. Pourtant, je me reconnais de moins en moins dans cette harpie hargneuse que, de plus en plus souvent, je me sens devenir. Et c'est un peu facile de dire que c'est la faute aux autres.

Je sais aussi que, dans mon métier, malgré de longs moments de vacances (hé hé hé), on a aussi des moments de rush épouvantable, et que pendant ces moments j'ai parfois (pas toujours) du mal à gérer. J'ai du mal à ne pas me laisser bouffer, car j'aime le travail bien fait. Comment pourrais-je gérer mieux?

Je sais enfin que beaucoup, beaucoup de "problèmes" liés à notre quotidien tiennent à ces quelques mots: "comment pourrais-je gérer mieux". Je sais que j'approche de la caricature de la nana qui veut tellement gagner du temps qu'organiser son agenda lui bouffe tous ses loisirs. Je sais que je vais vraiment, vraiment, VRAIMENT devoir apprendre à lâcher prise. Je n'ai pas encore trouvé la solution miracle, le juste milieu.

Mais j'ai l'impression que j'ai pas mal à apprendre de ces quelques jours où j'ai dû mettre le boulot entre parenthèses:

  • D'abord, j'ai été véritablement HS du vendredi matin au dimanche soir inclus. Et bizarrement, la maison ne s'est pas écroulée, les enfants ne sont pas morts, mon homme a assuré tout comme un chef.
  • Ensuite, je n'ai pas entendu parler de suicide collectif dans mon école: apparemment, je ne suis pas indispensable, tout a l'air de fonctionner sans moi. Bizarre...
  • Purée, il m'a fallu tomber malade comme un pauvre vieux chien pour m'entendre dire que j'étais cool... CA NE VA PAS!!! Pas envie que mes enfants gardent le souvenir de leur mère comme une tarée de la course contre la montre!
  • Mais du positif: ne pas penser à l'école pendant (presque - j'ai recommencé aujourd'hui Clin d'œil) une semaine et sans aucun remords, c'est possible. Si je n'arrive pas à lâcher mon agenda, autant aussi m'en servir pour m'aménager des moments sans école (même dans la tête). Des objectifs hebdomadaires (ou quotidiens) de tâches à accomplir (putain, encore être organisée... on verra), réalistes, et des jours "blancs" où je glande.

Je n'ai pas encore trouvé. Je n'ai même pas encore beaucoup cherché: penser trop longtemps me fatigue encore (vous devriez voir ma tronche, je ne suis plus jaune mais je fais encore pas mal pitié...). Mais une chose est sûre: je vais me servir de cette petite remarque. Et je vous autorise à me la rappeler autant de fois que nécessaire.

Commentaires

Un break est toujours salvateur !
Oui il faut pouvoir lâcher prise ! Je suis aussi de nature très organisée. Je sens que je dois souffler et je revois mes priorités on fait le tri!
Savoir fermer les yeux sur le bordel... laissé par nos enfants ;-)

Écrit par : cathbe | 01/04/2015

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