21/06/2015

J'ai testé pour vous: l'acupuncture pour prévenir le burn out

Depuis toujours, je sais que je suis sensible aux changements de saisons. L'automne me déprime, mais l'arrivée du printemps me bouleverse parfois aussi. De manière plus positive, certes, mais j'ai aussi parfois du mal à gérer émotionnellement le retour de la sève. Je le sais, j'essaie de m'y préparer... et pourtant, cette année, lorsqu'un gigantesque coup de mou m'est tombé dessus, j'ai pris peur.

C'est une chose, en effet, de déprimer un peu de novembre à janvier, d'attendre impatiemment le retour de la lumière, de fantasmer sur un système de sécurité sociale qui rembourserait les séjours au soleil pendant les mois d'hiver. C'en est une autre de se retrouver en vacances, au printemps (printemps lumineux, en plus de ça), à pleurer toute seule devant l'écran d'ordinateur. D'avoir des pensées morbides plusieurs fois par semaine. D'avoir l'impression, mi-avril, que je n'allais pas survivre jusqu'à la fin de l'année scolaire. De me sentir tellement épuisée que même la pensée de reprendre le chemin du boulot (après, je le rappelle, 2 semaines de pause) me donnait envie de me cacher sous la couette avec des somnifères. De me prendre à souhaiter avoir un truc vraiment très grave qui m'aurait permis de faire un long séjour à l'hôpital, afin de ne plus devoir m'occuper de rien. Tout ça ne me ressemble pas, et donc j'ai pris peur.

Depuis toujours, le mot "dépression" m'effraie, et le cortège de saloperies qu'on prend pour la traiter, encore plus. Sans être "contre", je me suis toujours dit que je préférais me soigner de la manière la plus naturelle possible, même en cas de problèmes plus "lourds". Je ne dis pas que je soignerais un cancer par la prière, mais tout ce qui est plus lié au psychisme, je préfère gérer moi-même. Orgueil mal placé? Peut-être. Mais je pense avoir un bon rapport avec mon corps, j'écoute ses signaux, et je sens au plus profond de moi-même que les trucs trop "chimiques", ce n'est pas pour moi. C'est donc pour ça que j'ai préféré ne pas consulter chez mon généraliste habituel, qui est très, très, trop médicaments. C'est alors que j'ai pris connaissance d'un article sur l'acupuncture pour soigner la dépression et le burn out.

J'ai décidé de tenter l'aventure avant de tomber trop bas. Et j'ai appelé le fameux Dr P.

Première séance. Il m'explique qu'il fonctionne en général par 10 séances, sauf pour les troubles vraiment très ciblés. Je lui explique mon "cas". Pas de problème: il pense qu'il peut m'aider. Même pour le moral? Bien sûr! Et on y va: il pique à des endroits variés, dos, crâne (centre des émotions), sternum (relâcher), doigts (énergie), mollets (sais plus)... puis il me laisse "mijoter" pendant un quart d'heure.

Le temps passe assez vite. Je suis couchée, relax, je sens très vite une onde de chaleur remonter le long de mes doigts, je m'endors un peu... dring, le temps est passé. Quand le docteur entre à nouveau dans la pièce, j'ai du mal à lui parler. Je suis tellement détendue que ma bouche même est toute molle, je parle comme si j'avais abusé du bon vin. Il prend à présent un bâton d'une sorte d'encens (du moxa, une espèce de cigare tiré de l'armoise) qu'il allume et approche de certaines zones qu'il a piquées. A chaque fois, je dois lui dire quand ça devient très chaud.

Au niveau du ventre, j'ai véritablement l'impression d'un rayon laser qui agit partout. C'est agréable.

La séance finie, je me rhabille. J'ai l'impression d'être sur un nuage, physiquement et mentalement. Je suis bien, détendue, molle mais de manière agréable (contrairement aux jours/semaines précédentes où la mollesse était synonyme de "niveau énergie moins mille"), j'ai même par moments un sourire un peu niais, je glousse toute seule dans la rue... serait-ce le moxa (dont j'ignorais le nom, à ce moment-là, et dont l'odeur me rappelle d'autres plantes moins légales et à l'effet similaire) qui m'enivre?

Sur le trajet du retour avec les enfants, je suis à nouveau un peu plus "normale", mais toujours très détendue. Le train a un peu de retard? Pas grave. Je dois me précipiter sur lessive, rangement, préparation du repas dès notre arrivée à la maison? Pas grave non plus. J'ai les ressources physiques, je n'ai pas cette impression de vide énergétique total qui m'a pourri la vie les semaines précédentes. (pour utiliser une image, j'avais l'impression d'être une baignoire dont on a ôté le bouchon, et dont l'eau/l'énergie se vidait entièrement)

Une fois le soir, je suis (relativement) en forme: toujours très détendue, mais pas assommée. Souriante. Je dors comme un bébé. Je suis bien.

Me méfiant de ma nature confiante et de ma tendance, parfois, à me sentir mieux simplement parce que j'ai pris la décision de ne pas me laisser aller à être mal, j'attends, et je continue les séances. Au fur et à mesure, la sensation d'avoir fumé la moquette s'estompe, mais la sensation de bien-être, elle, reste fidèle au rendez-vous. Mon moral? Il va bien. Au début, je trouve même qu'il va presque "trop" bien, dans le sens que j'ai la tête pleine de bêtises, je lâche des blagues nulles, je rigole bêtement, j'ai le cerveau en vacances, clairement en mode "j'ai 16 ans et je fais la fête", ce qui m'inquiète presque (sauf que je suis trop zen pour vraiment m'en faire!) à quelques semaines des examens. Mais tout finit par se ré-équilibrer.

Physiquement, il n'y a pas de miracle non plus: puisque j'ai bossé 7 jours sur 7 pendant environ un mois et demi, je suis restée un peu fatiguée. Quand le réveil sonne à 6h, j'ai toujours envie de pleurer. Mais pour la première fois depuis que je suis à nouveau prof (donc 10 ans), j'ai tenu la "compétition" de fin d'année sans vitamines. Je reste debout. Je récupère même plus vite. Bref, sans m'avoir transformée en Super Woman sous cocaïne, ce traitement m'a permis de vivre bien, confortablement - alors qu'en avril, je craignais de devoir me mettre en congé pour un ou deux mois.

Je suis donc devenue une convaincue de l'acupuncture. Je ne dis pas que je vais y retourner dès que j'éternue deux fois. Mais bon, si ça me permet d'éviter coups de mou et coups de déprime, pourquoi pas?

J'ai fini le traitement pour l'instant. Mais, dans un esprit de prévention, je pense que je vais y retourner en octobre. On va voir si ça me permet de rester charmante (par opposition à "ours hargneux") en novembre et décembre. Ce sera, pour moi, le test ultime...

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