03/01/2016

Pourquoi c'est bien d'avoir 40 ans

Rappelez-vous, lorsque le glas de la quarantaine a sonné, j'ai eu peur. Je me disais que ma vie de femme était finie, que les charentaises allaient remplacer les escarpins, que j'allais me bobonniser de plus en plus vite, que ma date de péremption était franchement atteinte, bref, que ça allait être la galère - d'autant plus que dans ma tête je n'avais qu'une petite vingtaine d'années... Et pourtant... là, ça fait quelques années que j'ai 40 ans (LOL, je sais!!!!), et je dois dire que "jusqu'ici, tout va bien". Cette décennie qui me faisait si peur - ben j'ai l'impression que jusqu'ici c'est la plus belle de ma vie. Est-ce parce que je suis une indécrottable optimiste qui préfère penser que le meilleur est toujours devant, jamais derrière? Ou la quarantaine est-elle devenue cool? Je vais tenter d'y voir plus clair.

A quarante ans, on est moins soumis aux dictats de la mode. Je sais ce qui me va, et peu importe que ce soit à la mode ou pas... Fini donc de me faire chier à faire les boutiques pour acheter (trop cher) des trucs qui ne me vont pas. Certes, ça veut parfois dire attendre la saison suivante pour se renipper, mais (autre avantage) puisque je ne grandis plus, j'ai tjs de quoi voir venir!

A quarante ans, on prend conscience du temps qui passe. ça peut être déprimant, mais ça nous force également à éviter les pertes de temps. Les relations avec autrui s'en trouvent parfois tailladées - mais ce qu'on garde, c'est le meilleur! Finies (ou presque) les relations toxiques, les collègues déprimants, les discussions sans fin pour ne rien dire: on va plus vite à l'essentiel, et c'est pas plus mal.

Par rapport à ses géniteurs, aussi, les relations s'en trouvent singulièrement allégées. On a appris que eux, on ne les changerait pas, et que nous, on n'avait pas trop envie de changer non plus, donc plutôt que de se précipiter sur tous les sujets potentiellement porteurs de discorde, je me sens des violentes envie d'aller fumer passivement dès que les conversations prennent un tour un peu "limite"... J'ai appris à faire avec les parents que j'ai "reçus", et même si, parfois, certaines réflexions me gavent toujours un peu, j'arrive à rester zen, ou du moins à ne plus me sentir bouffée pendant des jours, comme c'était le cas étant plus jeune.

A quarante ans, dans mon cas du moins, je prends également (enfin?) conscience de ma valeur. Je me connais - ça fait déjà un moment que j'y travaille - je connais donc mes défauts, mes faiblesses, mais aussi mes qualités. Donc, quand je me sais droit dans mes bottes, j'ai moins besoin de me faire péter la panse à bosser "pour la galerie", entendez "pour qu'on m'aime"... Je sais ce que je fais bien - je sais également ce que je fais mal. Donc je n'ai plus aucun problème à dire "ça, je ne fais pas, c'est pas dans mes cordes" - pourquoi me stresser à faire (mal et très lentement) un truc qui prendrait cinq minutes à quelqu'un d'autre? Pour ne pas qu'on me croie de mauvaise volonté? Pffffft... j'ai passé l'âge!

Dans la même catégorie, j'ai donc également moins besoin de "plaire" à tout le monde - et encore moins quand les critiques sont faites (bien entendu) dans mon dos. T'as un truc à me dire, dis-le en face. Si je n'entends rien... alors c'est pas mon problème. "Bien faire et laisser dire" pourrait être ma devise - ou, encore mieux (merci ma collègue P.!) "N'emmerder personne, mais ne pas se laisser emmerder"... Zen, moi? Peut-être... J'y travaille, en tout cas!

A quarante ans, finalement, j'ai l'impression qu'on sait mieux où on va... ou si on ne sait pas, c'est qu'on a décidé de se laisser porter. On se connaît mieux. On apprend à plus s'accepter. On en rit, même, parfois, de ce qu'on a perdu en vivacité, en capacité de récupération (genre après une grosse teuf, vous voyez???) pour le gagner en (une certaine) zénitude.

A quarante ans, on est moins nombriliste, puisqu'on se rend compte à quel point nous sommes peu importants... et c'est tant mieux! Imaginez, si le futur de l'univers reposait sur mes petites épaules et si je foirais???? Tandis que là, même si ma ligne du temps n'est pas tout à fait terminée, même si ma maison n'est pas super nickel "pour la rentrée", même si je n'ai pas planifié chaque seconde de ma longue journée de demain, ma foi... je peux toujours dire que c'est parce que je leur laisse le temps de revenir tout doucement!

A quarante ans, on a toujours une certaine énergie pour des projets (même fous), des rêves (même naïfs), des émerveillements. Mais - toujours dans mon cas - même si ma tête est toujours un peu dans les nuages, je me sens plus fermement ancrée à la terre, au bon sens, à la Vie. Pas le choix, j'ai charge d'âmes... mais c'est bien.

A quarante ans, certes certaines portes se sont fermées (genre devenir danseuse étoile, avoir 7 enfants, épouser un riche héritier au sang bleu), mais plein d'autres restent ouvertes! Et si l'on rêve toujours, j'ai l'impression qu'on rêve plus les yeux ouverts... Allons-nous vers l'acceptation complète?

J'ai toujours peur de vieillir. De décrépir. De me sentir partir, morceau par morceau. Mais ça... c'est peut-être le boulot de la cinquantaine? wink

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