24/03/2016

Comme un immense besoin de fraternité

D'autres l'ont dit avec bien plus d'emphase, d'humour, d'émotion ou de talent. En ces moments si noirs - en ces moments si noir-jaune-rouge, sans aucune connotation de nationalisme bête - j'ai un immense besoin de fraternité. J'ai besoin d'amour, j'ai besoin d'être entourée de gens que j'aime, pas forcément pour parler de "ça", même pas pour pleurer, ça je préfère le faire chez moi sous la couette, mais pour être tristes, pour être en colère, ou tout simplement pour être. Mais ensemble, surtout, ENSEMBLE.

J'ai besoin d'être chez moi - pas parce que j'ai peur de sortir, mais parce que j'ai besoin de bienveillance. J'ai besoin de positif. J'ai besoin d'amour.

Et de l'amour, j'en fabrique à revendre, pour l'instant. Un amour immense pour ces gens qui continuent à vivre la tête haute et le dos droit, pour toutes ces petites gens qui, sans la ramener, sans avoir leur nom dans les journaux, font des gestes de héros. Ceux qui ont donné leur sang. Ceux qui sont venus en aide aux blessés ou choqués. Ceux qui ont ouvert les portes de leur voiture, voire de leur maison, pour les gens qui ne seraient pas parvenus à rentrer. Tous ceux qui agissent et puis qui disent "mais c'est normal"...

Tous ceux qui ont repris le métro. Ceux qui disent qu'on doit rester unis. Ceux qui réussissent à nous faire rigoler, malgré tout, même si, entre deux rires, on essuie une larme. Merci, d'ailleurs, à Thomas Gunzig, à Jérôme de Warzée, à Gui Home, à Guillermo Guiz, puis à tous les autres. Vous nous montrez le chemin.

Merci à ceux qui bravent l'interdiction de se rassembler pour montrer leur solidarité, pour laisser des messages de paix, de tolérance, puis de colère, aussi. C'est bien quand on est en colère tous ensemble contre les mêmes conneries: ça tient chaud.

J'ai besoin d'être entourée de ma tribu. J'ai besoin qu'on se réconforte, qu'on se touche, qu'on s'entoure. J'ai besoin, comme tant d'autres, de dire à ceux que j'aime comme je les aime. On a besoin de ça.

Mais de plus en plus, depuis deux jours, le concept de tribu s'élargit.

Avant, ma tribu, c'était un homme merveilleux. Un ado-en-devenir (ben oui, "pré" ado, c'est derrière, on est dedans, ça y est, il m'a dépassée!!!) qui a besoin d'en parler comme un grand. Un grand petit garçon trop sensible et qui ne comprend pas. Qui a besoin de penser à autre chose. Qui s'accroche à son enfance parce que pour le moment, bordel, grandir fait peur. Une petite fille qui sait me rappeler que, malgré la laideur, les choses belles continuent à exister. Merci ma chérie de nous prêter tes yeux d'enfant, on en a vraiment besoin pour l'instant - moi j'avais même oublié que j'avais toujours les miens aussi!

Mais pour l'instant, ma tribu, ça devient tous ces anonymes qui vivent, pensent, ressentent la même chose que moi. Je n'ai plus l'impression d'être une extra-terrestre, pour l'instant. Je trouve tous ces gens magnifiques. Et moi aussi j'ai envie de leur ouvrir les bras. Il faut qu'on restent unis. Tous ensemble... comme après une victoire de nos Diables Rouges.

Puis, enfin, merci encore à Gui Home pour sa vidéo - je ne suis pas la première à la voir, on est presque 5 millions à l'avoir visionnée... mais putain que ça fait du bien. Quand on parvient à rire, même un rire qui fait mal, c'est que la vie reprend le dessus. La vie est plus forte que tout... mais là, j'ai vraiment besoin d'une vie pleine d'amour.

Bisounours malgré tout, envers et contre tout? Mais oui!!!! De temps en temps, merde, pourquoi pas? Et après de tels actes, n'Est-ce pas normal de se dire qu'il y a d'autres extrêmes? Après l'extrême de l'horreur, pourquoi ne pas essayer l'extrême de la gentillesse? La radicalisation de la tolérance? L'extrême-amour? L'extrême-rose bonbon? Les attaques de câlins et de mots doux? Moi j'y crois, au pouvoir de la bienveillance. Surtout si on est des millions à la pratiquer. Des millions de gens debout, faisant le signe de la paix d'une main... et le doigt d'honneur de l'autre.

Mes pensées sont décousues, je ne suis pas la seule, l'émotion reste à fleur de peau, d'yeux, de lèvres, chez tous, même ceux qui essaient de nous faire rire. Mais on reste là. "Still pissing"...

"Ceux à qui vous faites peur, ils n'existent même pas". Allez voir la vidéo: ça fait du bien!

 http://www.lalibre.be/light/insolite/gui-home-fait-le-buzz-sur-les-attentats-de-bruxelles-56f2bf3e35708ea2d3d7d6c4

Merci à ce petit gars d'oser. Merci à tous les membres de "ma" tribu, la tribu de l'humanité et de la fraternité. J'ai l'impression que vous m'avez répondu.

vu sur http://cafe-sofia.com/top-10-des-dessins-en-reponse-aux-attentats-de-bruxelles-still-pissing/

 

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