27/09/2016

J'ai testé pour vous: Les calmants et stimulants pour enfants

Oui, vous avez bien lu. Je m'avoue vaincue. Je renonce à mon approche intuitivo-naturelle basée sur (ce que je croyais être) le bon sens. J'écoute enfin ce qu'on me dit...

Pourtant au départ mes enfants abordaient la rentrée de manière assez zen, comme d'hab, quoi. C'est alors que j'ai eu la bête idée d'allumer la radio... Partout, sur toutes les chaînes, les journalistes n'avaient qu'un mot à la bouche: le stress. Ben oui, forcément, les enfants de parents intelligents savent ce qu'il se passe à l'extérieur de leurs murs rose bonbon, donc au lieu de bêtement faire confiance à l'avenir, les fées, le karma, ils regardent, ils observent... donc ils stressent. 

C'est ce qu'on nous a répété, en tout cas: à chaque bulletin d'information, j'entendais que les enfants avaient le coeur serré, l'estomac noué, les mains moites... je me suis donc dit que moi, j'avais dû louper quelque chose! Mes enfants à moi, j'avoue, ne stressaient pas du tout! Ils soupiraient, certes, de ne plus pouvoir glander au lit jusque pas d'heure, de redevoir aller dormir tôt, de recommencer à courir... mais c'était plus de la nostalgie anticipée que du vrai stress! Je leur ai donc parlé du monde qui nous entoure. Du fait que l'école ça fait peur. Que, bordel, y a pas de raison pour que la pression ne soit que sur notre tronche à nous, les adultes. Qu'à présent, ils sont respectivement en 2è et 6è primaire, et en secondaire pour le grand, donc que fini de rigoler, les petits cocos. Leur (manque d')avenir se joue maintenant, là, tout de suite, et ils n'ont pas droit à l'erreur!

Je leur ai parlé des mesures anti-jeunes du gouvernement, qui les mettrait dans la merde aussitôt sorti de chez nous - enfin, pour ceux qui y arrivent. Je leur ai parlé des mesures anti-vieux du gouvernement, pour leur annoncer dès à présent que si eux seront des Tanguy (forcément, si t'as droit à zéro revenu d'intégration dès l'âge de 24 ans et que tu ne trouves pas de boulot avant 28 ans - et attention, à 45 ans t'es vieux et plus baisable employable, tu vis où? Chez nous!), nous, entre pas de retraite, punis si au chômage mais pas engagés si déjà vieux, ben nous on comptera sur eux très, très vite pour prendre soin de nous!

Je leur ai aussi parlé du monde extérieur: montée des extrémismes de tous bords, qu'ils soient religieux ou politiques (car la réponse extrémiste marche du tonnerre, c'est bien connu!), repli sur soi à jouer à Pokémon Go, risques de guerre, risques de croisades, risques de bouffer du poulet au chlore, risques de ne plus pouvoir se soigner.

Je leur ai enfin parlé de tous les risques pour leur santé de notre style de vie moderne: ondes, perturbateurs endocriniens, légumes et fruits mortels si pas bio (manque de bol: quand t'as pas de boulot t'as pas de fric - donc tu meurs? La voilà la solution contre le chômage!!!), ils seront des adultes au mieux allergiques, sinon, stériles (autre processus de sélection "naturelle", peut-être?), et en tout cas, malheureux, fauchés, accros à plein de trucs et sans amis.

C'était dur, mais j'ai réussi: là, mes enfants sont enfin stressés comme il se doit. Donc j'ai pu leur donner des calmants - oui, mais pour enfants. Nous voilà (re?)devenus normaux. Nos enfants sont lobotomisés déstressés.

Il me restait cependant à les stimuler suffisamment, histoire de dire que j'aurais essayé de braver le destin. J'ai donc dû leur concocter un petit programme personnel à chacun, afin quand même d'en faire des gens un peu intéressants, et pas juste des bêtes gosses qui s'amusent avec un bout de bois, type hippie des années '70. Dorénavant, le mot d'ordre est "stimulation" et "professionnalisme". Cours de langues, cours de musique, 3 sports différents, au cas où ils seraient prodiges dans l'un des trois, c'est fini de s'amuser, les gars, il est temps de devenir rentables, parce que pour vos vieux, c'est quasi foutu! Moi j'ai l'âge d'être une vieille pour les employeurs, et votre père y est presque!

Mais ces crétins d'enfants ont eu un peu de mal à suivre le rythme... ils croient quoi, eux? Qu'une fois adulte, une semaine de 40h suffira? Autant les préparer dès aujourd'hui, non? Une activité par jour (sauf le mardi, le jeudi et le samedi où y en a deux), ça me semble assez raisonnable, pour commencer, non? Mais comme ils avaient un peu tendance à devenir grognons et à piquer du nez dans leurs assiettes, on a tenté les stimulants. Et vous savez quoi? ça marche!!! Il FAUT alterner les deux, et ne SURTOUT PAS confondre l'un et l'autre (erreur de débutant, mais la nuit fut looooooongue à les calmer!!!). Pas dépasser la dose non plus, même si vous pensez que c'est nécessaire: trop de stimulants, ça leur fait péter une case, et trop de calmants, ben, ça les endort un peu, et parfois pour assez longtemps... reposant pour les parents (presqu'autant que la tablette/babysitter, mais sans le côté super pédagogique de la chose) mais si ça dure trop longtemps, un brin stressant aussi, quand t'arrives pas à les réveiller, les cons!

On a donc un peu tâtonné au début mais là, ça roule, ils se sont adaptés! Ils sont de bons citoyens devenus enfin un peu productifs - ou presque. Certes, ils ont un peu perdu de leur spontanéité, ils semblent parfois un peu absents, leurs yeux ont un peu changé... mais c'est pour leur bien, non? Et là, au moins, moi je me sens bien d'avoir écouté les bons conseils des médias, tous des spécialistes de l'enfance. Puis au moins, là, si mes enfants deviennent quand même des losers, des rêveurs, des idéalistes, bref, des gens inefficaces... moi, je n'aurai rien à me reprocher. Parce que, pour une fois, j'ai voulu, ET je me suis procuré, le meilleur pour mes enfants.

16/09/2016

J'avais dit "Pas d'animaux"...

Ou "Comment apprendre à ne jamais dire jamais"...

Pourtant, j'en avais, de bonnes raisons de ne pas ajouter ENCORE un être vivant qui serait à notre (ma) charge! On part toute la journée, il serait malheureux, pas question de ramasser des crottes, qui réparerait les meubles abîmés par les griffes, qui irait le conduire chez le véto, qui...

J'avais dit aussi que j'en avais bien assez sur les bras avec mes trois monstres, que même un poisson rouge serait de trop, qu'un petit morceau de responsabilité de plus me foutrait par terre.

Puis notre fille nous a annoncé d'un air angélique que pour son anniversaire, elle souhaitait un animal de compagnie. Oh, elle avait bien préparé ses arguments, la bougresse! (elle vient d'avoir 7 ans, je le rappelle... ça promet!!!) Elle savait que je ne voulais ni ramasser des crottes, ni nettoyer des poils. Que mon nez sensible n'aimait pas les odeurs fortes (enfin, quand je peux l'éviter! Les chaussettes d'ado, je n'ai pas trop le choix, mais c'est très dur!). Que j'étais déjà presque noyée. Et que donc, ayant bien réfléchi, elle voulait un poisson rouge. Et bien sûr, on a craqué. Spot et Turbo font à présent partie de notre famille, depuis une semaine déjà.

Je pense que je m'attendris (à certains niveaux) avec l'âge. Parce que, purée, je me suis déjà fait des cheveux blancs au sujet de ces p*** de poissons! Quand il y en a un qui ne mange pas; quand la lumière semble les stresser; quand ils ont l'air de s'ennuyer... c'est peut-être le début, mais je nous revois presque quand on a pris la voiture pour la 1ère fois avec un nouveau-né! Heureusement que j'avais dit non à des trucs à poils et au sang chaud! Si je m'en fais déjà pour des poissons, animaux peu connus pour leur résistance et leur longévité, que serait-ce avec un chaton ou un chiot qui vous regarde avec des yeux plein d'amour???

Et donc, dans la même veine, gaga pour gaga, nous avons également accordé à notre fils de pouvoir faire du foot... Là aussi, j'avais dit non. Pas (uniquement) parce que je suis une méchante qui aime les frustrer (oui mais c'est pour leur bien!!!), mais surtout à cause du côté extrêmement chronophage de la chose! Car qui dit foot dit deux entraînements par semaine, pis les matches aussi, chaque samedi! Etant occupée à bosser au moins un jour par week-end, cela me semblait impossible!

Sauf que... cette année, je n'ai plus envie d'être occupée un (voire deux) jour(s) par week-end. Je n'ai plus envie de faire passer le "reste" (càd quand même ma famille!!!) au 2è plan à cause d'un boulot, quoi qu'en disent les esprits chagrins, qui me demande un investissement énorme. Je n'ai plus envie d'arriver fin d'année sur les rotules, prête à pleurer pour un oui, pour un non, à chercher ailleurs chaque début juillet tellement je suis dégoûtée. Puis faut dire que pour l'instant, mon horaire me permet de faire ce plaisir à mon grand petit... je croise les doigts pour qu'il ne change pas trop! Toute façon c'est trop tard il est inscrit et j'ai promis...

Cette année, je n'ai pas pris de bonnes résolutions de type "faudrait que". Je m'aperçois que mes décisions sont plutôt rythmées par des "j'ai envie", "je veux", "j'ai besoin"... Et je trouve ça formidable. Je me sens bien. Je sais que ça peut, ça va sans doute changer, que j'aurai encore des moments débordés - mais j'ai envie aussi de faire un peu autre chose. Même si cet "autre chose" voudra dire faire le taxi, un peu plus que d'habitude (et pourtant par rapport au nombre d'enfants pour l'instant ça va encore), après les vacances une fois de plus sublimes et épanouissantes qu'on a passées, j'ai BESOIN de moments de famille. Je ne veux pas attendre juillet prochain avant d'être bien à nouveau. (je force un peu le trait, là...)

D'ailleurs je l'annonce publiquement à mes 3 lecteurs: depuis des années, j'y pense, cette année, je le fais: je vais m'inscrire à "je cours pour ma forme". Pourquoi c'est pas encore fait? Parce que ça commence samedi de la semaine prochaine. Car ça aussi, c'est un besoin que je ressens profondément: bouger plus, me défouler plus, faire du sport. Si on m'avait dit ça, je ne l'aurais pas cru: pendant des années j'ai cru être incapable de courir plus de 20m à la fois. Or, les quelques fois que je m'y suis mise, le souffle ça allait! (forcément, je nage depuis 5 ans, ça aide!) Ce sont plutôt les jambes qui souffrent un peu - mais j'ai "envie" de "souffrir", comprenez, de me dépasser un peu physiquement, après m'être dépassée nerveusement pendant des années. J'ai envie de prendre la vie plus à la légère (un challenge, parfois!), de regarder autour de moi et de voir le verre à moitié plein - puis, avouons-le, quand même un peu de "retarder des ans l'inévitable outrage"...

Ce ne sont pas de bonnes résolutions dictées par la raison. Ce sont des envies profondes que je ressens au plus profond de moi. Et j'ai remarqué une chose: quand c'est moi qui décide, enfin, quand ce sont MES choix, pas ceux des autres, j'assure beaucoup mieux, et j'assuMe aussi beaucoup mieux quand ça va moins bien. Je n'ai pas envie de projeter trop, cette année: trop d'inconnues, notamment par rapport à ma résistance physique à toutes ces courses! (et je ne parle pas de la course à pied, mais plutôt les autres, celles des mères multi-tâches). Mais j'ai envie de faire un peu de résistance. On va voir ce que ça va donner.

Et vous, la rentrée, ça se passe bien?