30/04/2017

Une petite histoire

Je n'écris pas beaucoup pour le moment. Enfin... pas ici. 

Ce n'est pas que je n'aie plus rien à dire! Mais j'ai l'impression que, depuis un moment, je me répète, je ressasse, je râle sur les mêmes choses, et parfois je me sens un peu seule.

Pourtant, là, j'ai envie de raconter une petite histoire.

Il était une fois, un pays qui, après toute une série de crises (financière, morale, philosophique, d'image...), avait en tête qu'il voulait du changement. Les décideurs politiques "traditionnels", ceux dont le rôle avait été décidé dans leur dernière constitution, dans leur dernière République, avaient déçu tout le monde. A tort ou à raison, le peuple ne leur faisait plus confiance. C'est alors que vinrent les élections.

Au départ, la victoire n'était pas assurée. Le parti avait beaucoup d'opposants, bien que beaucoup de supporters. Beaucoup s'en méfiaient, à juste titre. Sauf que ces méfiants visionnaires n'ont jamais pu se mettre d'accord, et donc n'ont jamais pu opposer une véritable autre vision au parti sus-mentionné - qui gagna les élections.

Le chef de file de ce parti était une personne assez charismatique, connue pour ses talents d'orateur. Elle voulait redorer l'image de son pays, tant au niveau national que devant la communauté internationale. Elle voulait son pays d'abord, arguant que charité bien ordonnée commence par soi-même. Le reste, on verrait.

Elle avait pour son pays des idées grandioses. Au niveau économique, au niveau militaire, au niveau culturel. Et, gros avantage par rapport à la langue de bois des partis concurrents, cette personne osait identifier la cause des malheurs qui les frappaient depuis si longtemps. LES causes, devrais-je dire: une cause interne, inhérent à la population du pays, et une cause externe, une espèce de convention internationale signée par d'autres, et qui les emprisonnait.

Redonnons à notre pays sa grandeur, disait-elle. Rejetons le traité, disait-elle. Et elle fut écoutée.

Elle devint chancelier le 31 janvier 1933. Elle avait promis de redonner sa grandeur à l'Allemagne, Deutschland über alles. Elle avait promis de rejeter le traité de Versailles. Puis elle avait bien compris que tout ça était de la faute des Juifs. Ces problèmes ont tous été "solutionnés". On sait comment...

Peut-être que si les autres partis s'étaient unis, cela ne se serait pas passé. Peut-être que si tout le monde avait voté, sans abstention, cela ne se serait pas passé. Peut-être que si plus de gens s'étaient rendu compte que cette personne ne faisait que donner un visage "respectable" à la haine, au rejet de l'autre, à l'extrême repli sur soi, cela ne se serait pas passé.

En attendant, moi, de ma petite Belgique voisine, je deviendrais presque croyante pour pouvoir prier, je m'accroche aux lambeaux de foi en l'être humain qui me restent, en l'admiration que j'ai toujours pour les penseurs et la pensée française, je croise les doigts que la population comprenne que l'extrême droite n'est JAMAIS une solution, j'espère de toutes mes forces que l'histoire, cette histoire que j'enseigne à mes ados, l'Histoire joue son rôle salvateur de messager.

Et en attendant... je chie dans mon froc, pour le dire platement. 

 

Commentaires

J'ai retenu mon souffle, j'ai eu peur, j'ai eu honte, j'ai été exaspérée, j'ai été suffoquée, incrédule, consternée, en colère, et j'en passe.
j'ai vu 2 excellents documentaires : "Je ne suis pas votre nègre" et "Argentine, les 500 enfants volés" qui m'ont bien mis sous les yeux, ont rendu plus concret le fait que non, franchement, envisager une société basée sur le rejet de l'autre et/ou des idées de l'autre, ce n'est pas possible 1 seule seconde. Jamais.
Me voilà soulagée. Pour l'instant. Mais pas franchement rassurée pour l'avenir.
passez une bonne nuit...

Écrit par : wam | 08/05/2017

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