30/04/2017

Une petite histoire

Je n'écris pas beaucoup pour le moment. Enfin... pas ici. 

Ce n'est pas que je n'aie plus rien à dire! Mais j'ai l'impression que, depuis un moment, je me répète, je ressasse, je râle sur les mêmes choses, et parfois je me sens un peu seule.

Pourtant, là, j'ai envie de raconter une petite histoire.

Il était une fois, un pays qui, après toute une série de crises (financière, morale, philosophique, d'image...), avait en tête qu'il voulait du changement. Les décideurs politiques "traditionnels", ceux dont le rôle avait été décidé dans leur dernière constitution, dans leur dernière République, avaient déçu tout le monde. A tort ou à raison, le peuple ne leur faisait plus confiance. C'est alors que vinrent les élections.

Au départ, la victoire n'était pas assurée. Le parti avait beaucoup d'opposants, bien que beaucoup de supporters. Beaucoup s'en méfiaient, à juste titre. Sauf que ces méfiants visionnaires n'ont jamais pu se mettre d'accord, et donc n'ont jamais pu opposer une véritable autre vision au parti sus-mentionné - qui gagna les élections.

Le chef de file de ce parti était une personne assez charismatique, connue pour ses talents d'orateur. Elle voulait redorer l'image de son pays, tant au niveau national que devant la communauté internationale. Elle voulait son pays d'abord, arguant que charité bien ordonnée commence par soi-même. Le reste, on verrait.

Elle avait pour son pays des idées grandioses. Au niveau économique, au niveau militaire, au niveau culturel. Et, gros avantage par rapport à la langue de bois des partis concurrents, cette personne osait identifier la cause des malheurs qui les frappaient depuis si longtemps. LES causes, devrais-je dire: une cause interne, inhérent à la population du pays, et une cause externe, une espèce de convention internationale signée par d'autres, et qui les emprisonnait.

Redonnons à notre pays sa grandeur, disait-elle. Rejetons le traité, disait-elle. Et elle fut écoutée.

Elle devint chancelier le 31 janvier 1933. Elle avait promis de redonner sa grandeur à l'Allemagne, Deutschland über alles. Elle avait promis de rejeter le traité de Versailles. Puis elle avait bien compris que tout ça était de la faute des Juifs. Ces problèmes ont tous été "solutionnés". On sait comment...

Peut-être que si les autres partis s'étaient unis, cela ne se serait pas passé. Peut-être que si tout le monde avait voté, sans abstention, cela ne se serait pas passé. Peut-être que si plus de gens s'étaient rendu compte que cette personne ne faisait que donner un visage "respectable" à la haine, au rejet de l'autre, à l'extrême repli sur soi, cela ne se serait pas passé.

En attendant, moi, de ma petite Belgique voisine, je deviendrais presque croyante pour pouvoir prier, je m'accroche aux lambeaux de foi en l'être humain qui me restent, en l'admiration que j'ai toujours pour les penseurs et la pensée française, je croise les doigts que la population comprenne que l'extrême droite n'est JAMAIS une solution, j'espère de toutes mes forces que l'histoire, cette histoire que j'enseigne à mes ados, l'Histoire joue son rôle salvateur de messager.

Et en attendant... je chie dans mon froc, pour le dire platement. 

 

14/01/2017

Où sont passés les journalistes?

Dans un pays où la liberté de la presse n'est pas vain mot, à une époque où l'information passe par de plus en plus de canaux, est-il encore possible d'exercer le métier de "journaliste", dans le sens noble du terme, à savoir, celui qui informe ses contemporains de manière réfléchie, objective et, si pas scientifique, au moins honnête? De plus en plus, j'en doute.

Quand je vois en effet la pauvreté du contenu des bulletins dits "d'information", quand j'entends des soi-disant journalistes pratiquement mettre les "bonnes" réponses dans la bouche des gens qu'ils interrogent, quand je prête attention au vocabulaire choisi - toujours pour susciter l'émotion, le scandale, le sensationnel, au détriment de la réflexion - je suis affligée.

J'admets qu'avec les réseaux sociaux, où tout petit morceau ressemblant vaguement de loin à une info est relayé, partagé sans prendre le temps d'être vérifié, à un moment où prime surtout l'audimat, les chiffres et la vitesse (surtout, être le premier à le dire, même si c'est une connerie monumentale, de toute façon les autres vont répéter bêtement sans réfléchir!), la tâche n'est pas devenue plus aisée. N'empêche, je continue à être une fervente défenseuse d'un service public de qualité... or, il me semble de plus en plus que les programmes, même ceux qui sont sensés nous informer, partent complètement en vrille - pour rester polie...

La crise des migrants, les centrales nucléaires, les "risques" de pénurie, et enfin les attentats de Bruxelles, tous ces sujets, une fois traités, m'ont laissé en bouche un bien mauvais goût. Bien souvent, je me suis demandé quelle était l'information qu'on avait voulu faire passer - et je n'ai pas trouvé de réponse. C'est parce que j'aurais dû poser la question autrement: était-ce un bulletin d'informations, ou une tentative de convaincre? Et, bien souvent, moi j'ai opté pour la deuxième solution. Convaincre de quoi, je ne suis toujours pas sûre. De cliquer, sans doute, puisque, de nos jours, un mensonge cliqué suffisamment de fois devient une quasi-vérité...

Mes élèves m'ont fait la réflexion pas plus tard que cette semaine: si eux bossaient leurs fiches d'actualité et leur travail de fin d'études comme certains journalistes semblent le faire (càd je sais ce que je veux dire et je récolte des "témoignages" - soigneusement mis en scène par des questions fermées - qui alimentent ma thèse de départ), personne ne sortirait de rhéto dans notre établissement. Pas en histoire, en tout cas. Ni en français. Ni en anglais. Ni... bref, ils ne sortiraient pas, quoi!

Cette semaine encore... alerte de neige sur la Belgique. Rien qu'à ce mot, on sent le frémissement d'aise de la presse et des médias: chouette, on va encore pouvoir envoyer des "infos" super dramatiques pour paralyser tout le pays, foutre la pétoche à tout le monde, sans jamais donner de véritable info! Et être payés comme si on avait vraiment bossé! Pire que des profs, quoi! (oui, je sais, c'est bas...)

Jeudi soir déjà à 19h, c'était la grande panique sur les ondes: il ne faut SURTOUT PAS sortir de chez soi, même pas pour aller faire pisser le chien, en voiture n'en parlons même pas, c'était suicide garanti avec les tonnes de neige et le blizzard qui allait s'abattre sur nos montagnes... (je parle de Liège, pour ceux qui ne suivent pas...) Moi (qui suis plutôt couillonne, en voiture, je l'admets), je devais rouler jusque dans la bourgade voisine (j'avais piscine). Quand on est sorties, ma fille et moi, un peu avant 21h, nous avons dû prendre une pelle pour creuser un tunnel dans la neige, afin d'arriver jusqu'à... non, je confonds avec le Minnesota. Nous avons remarqué... que la pluie était vachement froide. Ce qui n'est pas très agréable quand on sort de la piscine. Mais ce n'est tout de même pas dramatique!

Vendredi, j'avais une sortie prévue avec mes élèves. Pour une fois que j'organise quelque chose, déjà... Pendant toute la semaine, les collègues friands de média (surtout sur les p*** de réseaux asociaux) m'ont dit que je pouvais supprimer le truc, de toute façon y aurait pas d'élèves, pas de bus, plus d'électricité, qu'on allait tous mourir à moins de se ravitailler en sucre. (ça m'a toujours laissée rêveuse, d'ailleurs, ce penchant à bouffer du sucre en cas de mauvais temps chez mes compatriotes - moi j'aurais tendance à acheter des pâtes et des cubes de bouillon...)

Le matin fatidique, j'étais donc un peu nerveuse: je me voyais déjà marcher jusqu'au théâtre seule, à devoir payer la facture (pour 120 personnes, quand même) avec mes petits sous, à devoir faire du stop avec trois élèves... pffff, tout allait bien! (ou presque) Je répète, les montagnes de Liège sont assez peu connues, on vit dans une cuvette, purée, pas au sommet de l'Himalaya!!! Les bus roulaient presque tous, le nôtre, en tout cas, oui, et ok tous les élèves n'étaient pas là mais une majorité quand même, on a donc pu voir notre pièce et rentrer chez nous sains et saufs. Il y a bien eu quelques problèmes sur la route - causés surtout par tous ces crétins débiles pour qui adapter sa conduite aux éléments extérieurs est un truc de bonne femme en petite voiture pas chère - mais dans l'ensemble, oh zut, pas la paralysie générale annoncée. Ils doivent être déçus. Moi, je pense à nos amis canadiens, par exemple, qui doivent se foutre de notre gueule grave...

La semaine prochaine, même chose: on nous annonce "de probables pénuries d'électricité" parce qu'il va faire méga top froid. 2 degrés. Non, je blague: -7°C. Ok, fair enough... mais ch'ais pas, moi si je devais annoncer un truc pareil, j'aurais besoin, me semble-t-il, de réfléchir à comment éviter le possible problème! Genre: si vous voulez pouvoir vous chauffer, évitez de... Donner des infos aux gens sur ce qui consomme le plus. Dire de reporter le séchage de leur linge, ou le repassage, ou la soirée disco... Mais ça fait moins vendre, je suppose... Mieux vaut leur annoncer la cata, puis passer à la pub pour une app' qui leur permet de mesurer la consommation de chaque appareil.. sauf celle de leurs appareils "intelligents"...

Ceci dit, je comprends que de nos jours c'est pas évident de survivre pour la presse papier. Je comprends que si on pense qu'il y a une formule qui marche (le nombre de clicks versus la qualité de l'info), on soit tenté de la suivre. Mais ne serait-ce pas un formidable défi de prendre, pour une fois, le spectateur/lecteur/surfeur (internet) pour quelqu'un d'intelligent? Allez, les journaleux: votre défi pour 2017?

Merci d'avance.

07/10/2015

Merci Bologne!

La vie d'un prof est souvent jalonnée de tracasseries administratives. Pour commencer à enseigner (envoyer le même dossier par recommandé tous les ans à TOUS LES RESEAUX où l'on souhaite travailler). Pour pouvoir être payé (renvoyer le même dossier - sait-on jamais qu'on ait changé 4 fois de diplôme depuis), avec dans le meilleur des cas un mois de retard. Moralité, si t'as pas de mari/femme qui bosse et qui gagne bien sa vie, t'as pas les moyens d'être prof. Tant qu'on n'est pas nommé, il faut re-poser sa candidature tous les ans (toujours par recommandé). Et quand on est nommé, pour que cette nomination soit active, re-belote, à vous le gros dossier...

Je détestais Kafka quand j'étais jeune. A présent, je l'admire: il faut dire que, sans être des lectures hyper-drôles, ses livres ont l'art de représenter les méandres surréalistes d'une administration (souvent) pesante, (parfois) sourde et aveugle au bon sens, bref, dans tous les cas chiantes, et trop souvent cauchemardesque.

Je le sais, je m'y suis résignée, je n'ai plus aussi souvent envie de faire sauter leurs bureaux (oups, menace terroriste? Non, façon de parler). Cependant, il reste un organe qui me fait encore m'arracher les cheveux, c'est la commission d'équivalence des diplômes.

De quoi s'agit-il? Si vous avez suivi une scolarité ailleurs qu'en Belgique, ce bureau est chargé d'examiner votre dossier, afin de voir si, en gros, l'année dans laquelle on vous a mis est bien celle qui correspond à votre niveau. Pas votre niveau réel, ouh là non, ça serait trop facile!!! Ici on parle uniquement du niveau sur papier... bien souvent en dépit du bon sens le plus élémentaire.

Cette commission travaille donc sur base des documents envoyés (ou pas - certaines situations sont plus compliquées que d'autres) par l'élève. Bulletins des 26 années précédentes. Liste de tous les cours suivis par l'élève et ses ancêtres depuis 3 générations. Autres papiers obscurs. Pour finalement arriver à une conclusion: l'élève Machin (pour)suivra sa scolarité dans l'année X.

Jusqu'il y a quelques années, je ne m'étais jamais posé la question de leur légitimité. Jusqu'au jour où est arrivée dans ma classe l'élève Y., qui avait suivi sa scolarité en Angleterre - càd, à ma connaissance, pas le bout du monde dit "civilisé". Y. avait été placée en 4è (notre 4è belge), ce qui correspondait à son âge. Mais très vite, nous avons constaté son excellence: elle brillait dans chaque cours, elle rendait des travaux à tomber à genoux, bref, elle aurait pu suivre haut la main les cours de 5è. Personne ne doutait que son dossier fût accepté... c'est alors que la nouvelle est tombée: Y. devait "redescendre" en 3è, ou alors redoubler sa 4è. Nous étions ébahis. Nous avons voulu envoyer un témoignage, nous les profs... mais, bizarrement, les enseignants n'ont rien à dire. C'est clair que des petites cases, ça donne une idée bien plus claire sur le niveau d'un élève que les enseignants qui le/la côtoient jour après jour!

Il restait cependant un recours à Y.: passer par le jury central, afin de passer les examens de 4è, et donc de continuer à suivre son groupe. Sauf que... le programme du jury central n'est pas le même que celui des cours dits "réguliers". Vous avez bien lu: ils donnent un diplôme équivalent, mais les cours et le programme n'ont rien à voir, c'est mille fois plus difficile!!! Malgré son intelligence et son travail (en plus des cours du jour), Y. a échoué en maths. Elle a donc changé d'école, et refait sa 4è...

Autre cas, qui a suivi peu après: l'élève B. nous arrive du Cameroun. Elle a fait l'immersion, on me la "refile" donc, car on me dit qu'elle ne comprend pas le français. Je la teste un peu: élève charmante, souriante... mais qui ne semble pas comprendre mon anglais non plus. J'essaie de lui parler, d'abord en anglais, puis en français: grand moment de solitude! A mes questions, elle répond par d'autres questions qui n'ont rien à voir. Quand je la presse de me répondre d'abord, elle me répond avec un charmant sourire: "oui Madame!"... B. était en 5è - toujours d'après son âge. La commission d'équivalence nous dit de la mettre plutôt en 3è - où, apparemment, elle ne comprend pas plus. B. y passe donc les 3/4 de son année scolaire... jusqu'au jour où la commission nous recontacte: changement, le dossier est à présent complet, il faut donc remettre B. en 5è! En plein mois de mai!

Inutile de dire que B. n'a pas fait long feu dans notre établissement, et qu'elle s'est bien sûr fait ramasser en fin d'année... merci pour l'année gâchée stupidement!

Donc moi j'ai envie de dire: c'est bien beau, les petites croix à mettre dans les cases, mais quand il s'agit de l'avenir d'un jeune, ça me donne envie de mordre. Je ne demande pas que l'avis des profs soit le seul critère, mais qu'on nous le demande quand même pour voir, bon sang! C'est facile d'écrire "super méga bon niveau" sur un papier, mais parfois la réalité est trèèèèès différente!

Il faut prendre en compte le jeune dans sa spécificité... mais également le type d'enseignement du pays où il vient! Ainsi, j'ai remarqué que les élèves venus directement d'Afrique (pratiquement de tous les pays, à part peut-être un ou deux) ont tous les mêmes difficultés: chez eux, on leur apprend l'étude par cœur, donc chez nous ils excellent souvent en mémorisation, par contre l'esprit critique, la synthétisation, rephraser des sources avec leurs mots, c'est plus compliqué. Or, la compétence "synthétisation" fait partie des compétences terminales, notamment en histoire (vous savez, l'épreuve externe balancée sur les réseaux sociaux l'année scolaire passée?). Que doit-on faire, alors, si on nous donne deux ans pour arriver au même résultat qu'en 6 ans avec "les nôtres"? Avec juste le droit de fermer notre gu...?

ça me révolte que les lourdeurs administratives empiètent sur mon travail. Parce que je ne peux pas faire de miracle, moi: je m'arrache toujours les cheveux avec certains élèves, certes super méritants mais qui sont arrivés ici trop tard, et placé dans une année, souvent en dépit du bon sens. De plus, ces élèves, souvent, étaient considérés comme brillants chez eux... et voilà comment on les accueille:

Année 1: "Tu as 14 ans? pas grave, vas en 5è"

"Désolée, tu rates ta 5è, tu n'as pas le niveau".

Année 2: "Recommence ta 5è"

"Désolée, tu n'as toujours pas le niveau puisque tu aurais dû être placé en 2è ou 3è, et que donc tu as loupé 2 ou 3 ans de formations parce que ton dossier portait les bonnes croix... tu rates ta 2è cinquième!"

Année 3: "Tu peux... où es-tu? Ah, tu dois quitter l'école et apprendre un métier? Ben... désolée, et ravie de t'avoir connu!!!".

Certains s'en foutent. Ou font semblant de s'en foutre. Pour d'autres, c'est la claque (non méritée), le choc, le chagrin... et parfois toute la famille sur le dos. Et nous, on doit s'en laver les mains... et ça me révolte.

Alors, oublions un peu ce "pacte d'excellence" pour l'enseignement - ça veut dire quoi, d'abord? Et tentons de rendre notre enseignement un peu plus égalitaire. Parce que pour l'instant, si on veut un peu oublier la langue de bois, voilà ce que ça donne, l'enseignement en Wallonie:

T'es blanc, t'es riche, t'as des parents universitaires? Bienvenu, notre enseignement est fait pour toi, tu iras toi aussi jusqu'à l'unif (puisque chez nous y a des échelons et l'unif c'est le plus haut).

T'es blanc mais t'es pauvre avec des parents ouvriers? Pas de chance, tu survivras sans doute en primaire mais après, ne te fais pas d'illusion, tu iras forcément en technique (échelon plus bas).

T'es étranger, un peu ou beaucoup bronzé, tes parents ne sont pas ambassadeurs, ils ne sont même pas francophones (et ils comptent sur l'enseignement pour progresser socialement?)... désolééééééé... notre enseignement n'est décidément pas fait pour toi. Va ailleurs, ou prépare-toi à souffrir dès la maternelle, tu n'auras pas le CEB, tu seras la terreur de la cour de récré en 1-2 secondaire, puis t'iras en professionnel... pas parce que t'as un projet, de manière noble, noooooon, tu te crois en Allemagne? T'iras là parce qu'on ne veut plus de toi dans le général, et tu iras où finissent tous les autres rebuts (même si c'est là qu'y a du boulot, chercher l'erreur...)

Je ne pensais pas écrire une si longue tartine. Mais j'avais besoin de le dire...

Y a des solutions. Des chercheurs qui proposent depuis des décennies un autre système. Je continue d'y croire! En attendant... j'essaie parfois de réparer le Titanic avec des sparadraps... je fais ce que je peux, avec ce que j'ai... J'attends.

25/08/2015

Sommes-nous tous coupables de crime contre l'humanité?

Sans vouloir plomber l'ambiance...

Au cours d'histoire, en rhéto, je vois l'Holocauste avec mes jeunes. Chaque année, ils me posent la même question: comment l'humanité a-t-elle pu laisser faire ça? Et chaque année, je n'ai pas de réponse. Lâcheté, égoïsme, chacun vaque à ses petites occupations, s'occupe de ses petits problèmes, on oublie si vite ce qui ne nous touche pas directement!

Puis à l'époque, cela semblait tellement inimaginable! (aujourd'hui aussi, d'ailleurs... je n'ai toujours pas capté comment des humains - soi-disant l'espèce la plus "évoluée", entre parenthèses - pouvaient affliger ça à d'autres humains, mais bon, ça doit être moi qui suis obtuse...) C'était loin, aussi, pour les citoyens des années '40, qui n'avaient pas, comme nous, le bout du monde au pas de leur porte!

Par contre, pour nos enfants, pour nos petits-enfants, ce sera quoi, NOTRE excuse? Comment pourrons-nous justifier ce qui est en train d'arriver aujourd'hui à des milliers de réfugiés syriens? (et encore, ceux-là ce sont les "chanceux", ceux que la mer et les bombardements n'ont pas - encore - eus!!!) Comment pourrons-nous regarder ces gosses dans les yeux et leur donner de "bonnes" raisons pour justifier notre silence, notre inaction, notre passivité... voire, parfois, trop souvent, notre refus actif de tendre la main, quand ce n'est pas notre poing tendu, armé, pour être sûrs qu'ils n'envahissent pas notre petite vie confortable? Moi, des bonnes raisons, je n'en ai pas.

J'ai vu les gosses arriver sur l'île de Kos. J'ai vu ces mamans désespérées, sauvées, oui, mais pour combien de temps? J'ai vu ces jeunes qui préfèrent se faire happer par des trains, plutôt que de crever sur place en étant considérés comme des parasites. J'ai vu ces bateaux remplis de corps, ces bateaux vides parce que tous les occupants s'étaient noyés. Comment en est-on arrivés là? Comment l'humanité (qui porte si mal son nom dans ce cas précis) a-t-elle pu laisser faire ça?

J'ai entendu les commentaires des "braves gens": y a qu'à foutre des clôtures électriques avec des chiens, y a qu'à électrifier le dessus des trains, y a qu'à les renvoyer dans le même bateau, y a qu'à... Ou encore: on ne peut pas sauver toute la misère du monde. On ne fait pas assez pour les Belges, on ne va quand même pas accueillir des gens et leur donner un abri et des soins médicaux! (ben... si c'est pour les laisser crever comme des chiens, c'est pas les accueillir, si?) Toute façon ils ne sont pas si pauvres: ils ont un smart phone... (La meilleure, celle-là! c'est vrai qu'on smart phone nourrit et soigne très bien un enfant, ça protège bien des bombes et des attaques terroristes, ça console tout de suite une femme violée ou veuve!)

J'avoue que je ne fais pas de politique. Trop bièsse, trop entière, trop naïve. Je ne suis pas économiste non plus. Alors oui, peut-être qu'une arrivée massive de réfugiés syriens poserait quelques problèmes économiques, pour un petit moment. Peut-être. Suis même pas sûre. Mais le plus urgent, l'essentiel pour l'instant n'est-il pas de se conduire en êtres humains, pas en portefeuilles? Ne serait-il pas bon, en cas de crise humanitaire majeure, d'apprendre une fois pour toute à partager un peu? Et vous, gens bien-pensants, dites-moi: si vous viviez là-bas, entre un dictateur et des terroristes, si chaque jour vous aviez peur de perdre la vie - la vôtre, ou celle d'un de vos proches? Si la survie la plus élémentaire de base était compromise, menacée, pouvez-vous me jurer que vous resteriez sur place "pour ne pas aller profiter des gentils occidentaux qui n'ont jamais fait de mal à personne et qui ne vont quand même pas se priver de vacances ou d'une nouvelle Audi pour me venir en aide"? Parce que moi, c'est clair: je vis en Syrie avec mes gosses... je me casse et je viens ici: quitte à perdre la vie, autant le faire dans l'action plutôt que d'attendre la bombe qui aura raison de moi.

Nondidjû, si on parlait d'un refuge pour putains de chiens et de chats, tu vas voir qu'on trouverait des milliers de gens pour s'indigner, pour écrire des pétitions, pour envoyer des dons, pour réclamer la tête des responsables qui laissent faire de pareilles horreurs. Alors oui, la bien-traitance des animaux, c'est important. Mais, pour citer un responsable de la Ligue des Familles, "l'être humain aussi, c'est important".

Je ne dis pas que je suis moi-même pour l'instant en Syrie à essayer de renverser Bachar Al-Assad ou l'IS. Je ne bosse pas dans un camp de réfugiés. Je n'accueille personne chez moi. Je serais prête à le faire pour quelques semaines. Mais ici je fais appel aux idées: que peut-on faire? Que va-t-on faire? Je n'ai pas l'envergure de fonder moi-même un projet. Mais je serais ravie de prêter main (super) forte à quelqu'un qui est plus malin que moi. Normalement ça devrait venir d'en haut. Mais pendant que ça discute et que ça compromet, là-haut... n'est-il pas grand temps que nous, petites gens d'en bas, nous prenions aussi nos responsabilités d'êtres humains? Après tout, pouvoir continuer à se regarder dans la glace et pouvoir dire à nos petits-enfants qui étudieront ça en classe: j'étais là, et j'ai fait quelque chose... pour moi, ça n'a pas de prix. 

Le prochain billet sera plus léger, promis... mais là, fallait que ça sorte!

20/09/2014

L'injure suprême?

J'ai envie de dire que je suis contente. Satisfaite. Heureuse. Fière, même... Sauf que je n'ose pas... j'ai peur de - ô grave insulte - me faire traiter de Bisounours... Ben oui, parce que c'est devenu une insulte (insulte au bon sens?) de nos jours d'être optimiste, content, heureux... Si vous voulez être cool, soyez cyniques, bordel, le monde va mal (oui, je sais!), vous êtes indécent avec votre bonheur domestique à la noix, vous faites chier, en gros, de ne pas râler du soir au matin comme tout le monde...

Et si moi, de temps en temps (ben oui: fière et heureuse ne veut pas forcément, les gens! dire débile et aveugle!) j'avais envie de voir ce qui va bien dans ma vie, plutôt que de ressasser une enième fois à quel point je suis méga malheureuse et à plaindre? Ok, ça nous arrive de vivre comme des cons, sous nos latitudes tempérées de pays riches et en paix, de courir parfois un peu trop et d'oublier de prendre le temps de vivre. Ce n'est pas bien, on nous le répète assez souvent. Mais quoi, on ne peut pas s'arrêter non plus pour dire "youpie"? Pour dire "j'ai de la chance"? Pour dire "j'ai des chouettes gosses", "j'ai un super partenaire", "j'adore mon boulot", "la vie est belle"? Ben merde alors!

Ceci dit, ça fait déjà un moment - l'âge, sans doute - que je comprends de moins en moins le langage actuel. Oh, pas celui des jeunes! (enfin, si, mais eux c'est normal, enfin je pense!). Non... celui qui me pose des problèmes d'interprétation, c'est celui de mes pairs! La langue française évolue (pas très vite, merci Académie Française!)... mais ça, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose. Je m'explique.

Voici quelques semaines, j'entendais une collègue parler de son choix d'école pour ses enfants, et des nombreuses questions qu'elle a posées pour être sûre que ce soit l'école "idéale" (pauvres instits, entre parenthèses, mais passons...). Comme nous osions trouver qu'elle exagérait, elle nous a dit, les yeux pétillants de bonheur, comme si elle allait partager un merveilleux secret avec nous: "Ah, mais moi... je suis chiante. D'ailleurs je vais vous le prouver...". Du coup, elle commence à faire du bruit avec sa fourchette, avec un sourire de plus en plus large. "Hein oui je suis chiante? Je vous l'avais bien dit!"... Ok, oui, tu es chiante... Mais attends une minute... c'est pas sensé être une insulte, ça?

Deuxième exemple: j'explique à une collègue un truc que j'ai fait, je ne sais même plus quoi (nettoyer le frigo? Nettoyer les toilettes?) en gros un truc qui a amélioré ma vie, mais aussi (honte sur moi!) celles des autres!!! Froncement de sourcils réprobateur de ma collègue, qui laisse tomber le couperet, glaciale: "Oui mais toi, t'es une gentille"... oui, c'est vrai, j'avoue, pardon, désolée... Mais attends une minute... c'est pas sensé être un compliment, ça?

Me v'là donc à une époque où "chiante" est devenu synonyme de "forte personnalité" et "gentil", de "lavette à exploiter"... et ça me fait chier. (ok, ça va, suis pas trop gentille, là???) Parce que NON, c'est pas parce que tu fais du bruit, que tu gueules pour ne rien dire que tu es forcément quelqu'un d'intéressant. Parce que les gens les plus chouettes que je connaisse ne le clament pas forcément sur tous les toits - et ne font chier personne, justement! Parce que ce n'est pas parce que je suis en général gentille et polie que tu peux t'essuyer les pieds sur moi! D'ailleurs, essaie un peu pour voir! Bien élevé, c'est sans doute devenu péjoratif aussi... ben merde, moi je continuerai à y croire!

Et pour finir, ce fameux "Bisounours" qu'on nous lâche à chaque fois qu'on a envie d'y croire, d'espérer, d'être optimiste ou de faire autre chose que de geindre en permanence... Re-merde, finalement, merde à vous tous qui vivez comme ça! En tout cas, merde si vous voulez me mettre des bâtons dans les roues, mes petites roues roses et positives, décorées de fleurs plutôt que de têtes de mort. Moi je ne commente pas vos tronches de portes de prison (ça me gonfle mais je ne dis rien sauf quand ça déborde vraiment trop), je ne vous empêche pas de clamer que votre vie est une énorme tartine de merde, même si je pense au fond de moi que si ça allait tellement mal, vous essayeriez de changer les choses, sans doute mon côté "non wallon" (désolée mais ça me semble un peu typique de chez nous que de préférer rester assis sur son cul à se lamenter au lieu d'agir)...

Moi, ma vie est la plupart du temps une tartine de miel. Du moins pour l'essentiel. Alors oui, je choisis sans doute de voir le bon côté plutôt que l'autre. Donc oui, on peut sans doute m'appeler bisounours. Mais n'empêche, ce soir, quand je vois le monde et quand je vois mon monde, je ne me sens pas le droit de me plaindre. Mes trois enfants qui s'entendent si bien (la plupart du temps). Mon ado charmant. Mon deuxième artiste. Ma troisième fabuleuse. Mon homme qui est à la fois mon meilleur ami, mon amant, mon compagnon, mon co-équipier et un père génial. Ma maison qui est loin (trèèèèèèèèèès loin) d'être finie mais qui sera magnifique un jour. Ma vie en général, où les moments de plaisir sont quand même vachement plus nombreux que les moments d'emmerdes (je touche du boiiiiiiiiiis, Cosmos!!!). Purée, oui, j'ai de la chance. Mais la première chance, c'est peut-être parfois de le voir.

Alors oui, je suis gentille, polie et Bisounours. Et vous savez quoi? J'en suis fière... parce que pour moi, ça reste un compliment.

29/04/2014

Quand les femmes jouent à qui p... le plus loin

Les mecs ont leur bagnole, leurs gadgets et leur position sociale. Ils parlent foot ou politique (c'est le même combat, ça dépend juste du milieu où ils évoluent). Ils comparent leur(s) conquête(s) (au pluriel: ils sont célibataires et ils comptent les filles qu'ils mettent dans leur lit; au singulier: ils sont mariés/maqués et ils mesurent le degré de soumission de leur femelle, souvent proportionnel à la taille de leur ego). Le mot d'ordre principale: la compétition. Plus fort, plus vite, plus loin... sinon c'est pas drôle.

Avant, ça m'énervait. Que dis-je, ça m'indignait, ça m'horripilait, ça me rendait agressive et désespérée. Je me suis même demandé si je n'étais pas plutôt faite pour les nanas - faut dire, je n'avais pas encore rencontré Mari Charmant! A présent, ça me fait plutôt rire (plus ou moins jaune, ça dépend de l'âge du gars en question: avant 20 ans, t'es pardonné. Après... c'est pas gagné!!!). Faut dire que depuis, y a eu trois mecs qui se sont installés chez moi, donc j'ai un peu eu l'occasion de les voir évoluer dans leur habitat naturel - c'est pas si compliqué que ça, finalement, ces petites bêtes. Faut juste pas oublier de leur donner leur dose quotidienne d'admiration, et tout ira bien!

Par contre, entretemps, je me suis rendu compte que nous aussi, les meufs, on a notre kit de jeu "c'est qui qui pisse le plus loin?". Est-ce parce qu'à force de vouloir l'égalité, certaines l'ont confondue avec l'identité? Ou se sont-elles dit à force de les voir jouer dans leur bête cour que ça avait l'air fun? Ou encore elles ont eu une overdose de testostérone qui leur a grillé les neurones?

En tout cas, les gonzesses aussi, à présent, ça veut jouer. Sauf que elles, les grosses cylindrées (où elles n'arrivent pas jusqu'au volant), les gadgets (qu'elles ne comprennent pas) et la position sociale, ça ne les intéresse pas! Elles, elles veulent leur version "girly" du jeu: la version où y a au moins autant de possibilités et de cas de figures, mais qui sont conjuguées "au féminin"!

Tout le monde sait que les filles, ça s'observe. On peut le voir notamment dans une scène excellente, dans le film "Thirteen" où les deux héroïnes se rencontrent pour la première fois: en un seul petit coup d'œil qui n'a l'air de rien, elles se regardent, se tâtent, se catégorisent, et tout est enregistré, les bijoux, les piercings, les tatouages et le reste. Ce jeu formidable va donc permettre à la femme moderne de se situer dans la catégorie de son choix, par l'observation stricte de ses congénères.

Je ne vais pas détailler la totalité de ce jeu merveilleux, mais en voici donc quelques cas de figures.

Cas de figure 1: tu es sans enfant et tu vis seule (ou en couple mais ici l'homme n'est pas important) dans ton premier "vrai" petit nid. Sache, femme moderne, que pour te définir, il n'y a qu'un seul mot: la propreté impeccable de ton nid. Malheur à toi si tout n'est pas nickel: tu seras impitoyablement classée dans la catégories des "mauvaises ménagères" (équivalent féminin du "petit zizi" tant redouté des mâles). Et n'espère pas dissimuler ton vice en favorisant le ménage les pièces "à vivre"! Une copine me l'a déjà dit: "moi, si je veux vraiment voir si c'est propre, je regarde dans la cuvette des toilettes". On n'épiloguera pas longtemps sur comme sa vie doit être passionnante, si regarder un fond de cuvette de WC dans les yeux constitue le summum du frisson érotique, mais bref, passons. Donc si tu veux passer le test "pisse le plus loin", tu vas devoir 1) passer chaque moment de libre (càd pas au boulot) à frotter comme une débile; 2) traquer la crasse chez les autres, afin de pouvoir trouver plus crad' que toi. Si tu sens que tu perds, tu peux venir faire un tour chez moi, d'ailleurs!

Cas de figure 2: tu es mère de famille (seule ou en couple, ici non plus l'homme ne compte pas, il mesure son zizi). Dans ce cas, tu dois bien évidemment toujours nettoyer avec passion - toi-même, si possible, sinon tu passes pour une fille qui est "vite contente" (et curieusement, c'est pas un compliment), disons ça rappelle la "fille facile" de notre jeunesse mais ici ça décrit les filles qui n'ont pas de TOC concernant le ménage, et qui peuvent vivre avec l'idée que leur baraque est super propre mais pas nettoyée A LEUR MANIERE. Bref, c'est comme une fille qui est bonne au lit mais qui couche avec tout le monde: pour le fun ça va, mais pas pour le long terme.

Par contre, là où tu vas devoir montrer ta supériorité, ma grande, c'est par rapport à tes gosses. Rappelle-toi: c'est TOI qui les élèves le mieux. Les autres sont des fiottes. Et comment on voit ça? Curieusement, c'est pas à la bonne éducation des enfants (genre ils disent merci, pardon, s'il vous plaît - on s'en fout, limite on s'en fout des gosses, c'est pas eux qui font la bonne mère). Naaaan, ce qui fait la bonne mère, c'est sa voix. Sa GROSSE voix.

Dans ce cas, il y a deux sous-cas que nous allons détailler.

Bonne mère A (comme alpha, tiens donc): Cette mère-là utilise sa voix pour protester. Contre la directrice qui est une idiote. Contre l'instit qui n'a pas mis son môme dans la bonne classe. Contre les surveillants qui ont laissé petit-chéri tomber dans la cour (il a un bleu, comment Est-ce possible????? Mille fois mieux l'attacher sur une chaise à la récré!!!). Contre les autres copains qui ne traitent pas petit-chéri comme le roi qu'il est. Contre les autres parents qui n'ont pas laissé petit-chéri leur filer un coup de pied (mais il s'entraîne pour son match de foot, bande de cons!!!). Bref, elle "ne se laisse pas faire", et elle le montre. Parfois avec son mari (généralement grand et fort), ou avec d'autres membres de sa famille. Ou alors elle est plus civilisée et elle joue la carte de l'avocat. En général elle ne comprend pas les autres mères (dont vous) qu'elle trouve "moules", puisque toujours contentes. (des filles qui couchent, encore, quoi!)

Bonne mère B (comme bièsse?): Cette mère-là sert à vous montrer ce que vous êtes vraiment: une mère INDIGNE. Elle, elle se tracasse pour son gamin, et elle vous le dit. Elle s'étonne d'ailleurs que vous ne fassiez pas pareil et que vous donniez une telle liberté à votre progéniture, alors qu'il y a tant de tarés, de psychopathes et de méchants qui en veulent à la chair de leur chair. Vous en êtes même à vous demander s'il n'y a pas un véritable contrat sur la tête de cet enfant, tellement on lui évite les dangers (comprenez "on le laisse enfermé chez lui dans sa chambre de peur que..."). Par contre le jour où l'inévitable va vous arriver à vous, qui ne tremblez pas (ou qui tremblez en silence - ça ne compte pas), ne cherchez surtout pas sa sympathie: elle vous l'a assez dit, c'est vous qui l'avez cherché!

Ces deux mères très différentes ont quelques points communs: leur peur des microbes (leur tête quand votre fille a osé mettre un brin d'herbe en bouche en était presque drôle, par contre vous avez moins rigolé au poste de police pendant 6 heures à essayer de leur dire que "oui, vous lui servez aussi des plats cuisinés par vous-même dans des assiettes propres"). Leur peur des maladies (si vous cherchez leurs enfants, c'est là-bas, en-dessous ou derrière la pile de manteaux/écharpes et bonnets: il ne fait que 25 degrés). Leur peur de la "mauvaise nourriture" (voir plus haut). Leur peur de la crasse (idem).

Il ne faut pas leur en vouloir: quand on se prend au jeu, on veut tous gagner, n'Est-ce pas? Reste à savoir si, vraiment, c'était un progrès pour l'humanité d'adapter ce jeu au féminin... l'avenir nous le dira sans doute.

En attendant... si c'est ça être une meuf, moi c'est décidé: je change de sexe!!!

 

20/01/2013

Familles attention!!!

Ils étaient plein méga des masses. Au moins trois cent mille - et aux dires de certains, quasi un million. Tous à descendre dans la rue pour me défendre moi. Avec une organisation de ouf! Des moyens de la mort qui tue sa race! Alors moi je dis: "Merci les gars"! On a des Avengers, des Vigilante avec nous, les familles: nous sommes sauvés!!! Du moins je l'espère!

Sauvés de quoi? Ben, de la destruction totale! Z'avez pas entendu? Mais siiiiiiiii! Vous savez, les infâmes personnes qui (gloups, le mot ne passe pas), enfin, les invertis, les gens de mauvaise vie, Sodome et Gomore, bref, les homos, vous savez qu'ils ont juré d'éliminer la famille? Donc fallait bien des gens pour nous défendre, nous les gens bien!

A vrai dire, j'ai pas bien compris pourquoi ni comment ILS veulent nous attaquer, mais la dame à la radio, elle l'a bien dit: si la loi "mariage pour tous" passe, c'est la fin de la famille! Alors moi j'la crois, quoi! J'imagine qu'une fois que ces gens-là vont avoir la permission de s'unir (ben oui, en dehors du mariage c'est de toute façon un péché donc ils n'attendent que ça!) ils vont partir en guerre contre les familles norm... pardon, traditionnelles! Vont-ils utiliser des armes à feu ou des armes biologiques, c'est encore un peu flou. Moi, après les commentaires de nos sauveteurs, je m'attends au pire, genre un méga fusil d'assaut chargé au virus de l'homosexualité (ben oui c'est une maladie contagieuse, non? puisque "y en a quand même de plus en plus", 'paraît?) et hop! On va tous devenir gay! Et de là, ma bonne dame, sait-on dans quelle direction notre pauv' planète va aller!!!

Parce que après tout, on veut bien des lois qui régulent plein de trucs, c'est le rôle de l'état. Qu'on chasse les chômeurs, c'est normal, y z'avaient qu'à pas perdre leur boulot! Qu'on renvoie les étrangers (même ceux qui vivent - et travaillent! - chez nous depuis 15 ans), c'est normal, z'avaient qu'à pas être étrangers! Qu'on interdise aux filles irlandaises, même violées, d'avorter en cas de grossesse, c'est normal: z'avaient qu'à, heu... rester chez elles! Moi, le soir, je reste sagement chez moi, et je ne me fais pas violer! (ou alors c'est que je suis d'accord Pied de nez... oups, pardon, intrusion d'une perverse dans mon post!). Toutes ces décisions n'ont jamais rallié autant de monde dans la rue. Mais que l'état français (ben oui, chez nous on est cuits: le mariage pour tous, c'est fait depuis 2003, d'ailleurs je vous écris d'outre-tombe puisque ça a provoqué la mort de la famille belge!) envisage de permettre à des gens qui s'aiment de s'unir devant la loi, allez, faut quand même pas déconner! Heureusement qu'y a encore des gens qui savent choisir leur cause, nondidjû!

Allez... encore merci les gars! C'était un coup à être fier du genre humain!

 

07:21 Écrit par Catherine dans La tartine qui pique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : coup de gueule, mariage gay |  Facebook |