16/09/2016

J'avais dit "Pas d'animaux"...

Ou "Comment apprendre à ne jamais dire jamais"...

Pourtant, j'en avais, de bonnes raisons de ne pas ajouter ENCORE un être vivant qui serait à notre (ma) charge! On part toute la journée, il serait malheureux, pas question de ramasser des crottes, qui réparerait les meubles abîmés par les griffes, qui irait le conduire chez le véto, qui...

J'avais dit aussi que j'en avais bien assez sur les bras avec mes trois monstres, que même un poisson rouge serait de trop, qu'un petit morceau de responsabilité de plus me foutrait par terre.

Puis notre fille nous a annoncé d'un air angélique que pour son anniversaire, elle souhaitait un animal de compagnie. Oh, elle avait bien préparé ses arguments, la bougresse! (elle vient d'avoir 7 ans, je le rappelle... ça promet!!!) Elle savait que je ne voulais ni ramasser des crottes, ni nettoyer des poils. Que mon nez sensible n'aimait pas les odeurs fortes (enfin, quand je peux l'éviter! Les chaussettes d'ado, je n'ai pas trop le choix, mais c'est très dur!). Que j'étais déjà presque noyée. Et que donc, ayant bien réfléchi, elle voulait un poisson rouge. Et bien sûr, on a craqué. Spot et Turbo font à présent partie de notre famille, depuis une semaine déjà.

Je pense que je m'attendris (à certains niveaux) avec l'âge. Parce que, purée, je me suis déjà fait des cheveux blancs au sujet de ces p*** de poissons! Quand il y en a un qui ne mange pas; quand la lumière semble les stresser; quand ils ont l'air de s'ennuyer... c'est peut-être le début, mais je nous revois presque quand on a pris la voiture pour la 1ère fois avec un nouveau-né! Heureusement que j'avais dit non à des trucs à poils et au sang chaud! Si je m'en fais déjà pour des poissons, animaux peu connus pour leur résistance et leur longévité, que serait-ce avec un chaton ou un chiot qui vous regarde avec des yeux plein d'amour???

Et donc, dans la même veine, gaga pour gaga, nous avons également accordé à notre fils de pouvoir faire du foot... Là aussi, j'avais dit non. Pas (uniquement) parce que je suis une méchante qui aime les frustrer (oui mais c'est pour leur bien!!!), mais surtout à cause du côté extrêmement chronophage de la chose! Car qui dit foot dit deux entraînements par semaine, pis les matches aussi, chaque samedi! Etant occupée à bosser au moins un jour par week-end, cela me semblait impossible!

Sauf que... cette année, je n'ai plus envie d'être occupée un (voire deux) jour(s) par week-end. Je n'ai plus envie de faire passer le "reste" (càd quand même ma famille!!!) au 2è plan à cause d'un boulot, quoi qu'en disent les esprits chagrins, qui me demande un investissement énorme. Je n'ai plus envie d'arriver fin d'année sur les rotules, prête à pleurer pour un oui, pour un non, à chercher ailleurs chaque début juillet tellement je suis dégoûtée. Puis faut dire que pour l'instant, mon horaire me permet de faire ce plaisir à mon grand petit... je croise les doigts pour qu'il ne change pas trop! Toute façon c'est trop tard il est inscrit et j'ai promis...

Cette année, je n'ai pas pris de bonnes résolutions de type "faudrait que". Je m'aperçois que mes décisions sont plutôt rythmées par des "j'ai envie", "je veux", "j'ai besoin"... Et je trouve ça formidable. Je me sens bien. Je sais que ça peut, ça va sans doute changer, que j'aurai encore des moments débordés - mais j'ai envie aussi de faire un peu autre chose. Même si cet "autre chose" voudra dire faire le taxi, un peu plus que d'habitude (et pourtant par rapport au nombre d'enfants pour l'instant ça va encore), après les vacances une fois de plus sublimes et épanouissantes qu'on a passées, j'ai BESOIN de moments de famille. Je ne veux pas attendre juillet prochain avant d'être bien à nouveau. (je force un peu le trait, là...)

D'ailleurs je l'annonce publiquement à mes 3 lecteurs: depuis des années, j'y pense, cette année, je le fais: je vais m'inscrire à "je cours pour ma forme". Pourquoi c'est pas encore fait? Parce que ça commence samedi de la semaine prochaine. Car ça aussi, c'est un besoin que je ressens profondément: bouger plus, me défouler plus, faire du sport. Si on m'avait dit ça, je ne l'aurais pas cru: pendant des années j'ai cru être incapable de courir plus de 20m à la fois. Or, les quelques fois que je m'y suis mise, le souffle ça allait! (forcément, je nage depuis 5 ans, ça aide!) Ce sont plutôt les jambes qui souffrent un peu - mais j'ai "envie" de "souffrir", comprenez, de me dépasser un peu physiquement, après m'être dépassée nerveusement pendant des années. J'ai envie de prendre la vie plus à la légère (un challenge, parfois!), de regarder autour de moi et de voir le verre à moitié plein - puis, avouons-le, quand même un peu de "retarder des ans l'inévitable outrage"...

Ce ne sont pas de bonnes résolutions dictées par la raison. Ce sont des envies profondes que je ressens au plus profond de moi. Et j'ai remarqué une chose: quand c'est moi qui décide, enfin, quand ce sont MES choix, pas ceux des autres, j'assure beaucoup mieux, et j'assuMe aussi beaucoup mieux quand ça va moins bien. Je n'ai pas envie de projeter trop, cette année: trop d'inconnues, notamment par rapport à ma résistance physique à toutes ces courses! (et je ne parle pas de la course à pied, mais plutôt les autres, celles des mères multi-tâches). Mais j'ai envie de faire un peu de résistance. On va voir ce que ça va donner.

Et vous, la rentrée, ça se passe bien?

22/08/2015

Quand on décide de partir "loin"

Pour nos vacances, nous sommes plutôt des abonnés à la France - dans le sud, si possible. Nous avons déjà parcouru quelques régions, et toutes nous ont enchantés. Rien ne nous disposait donc à changer de destination pour nos vacances 2015.

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Sauf que des petits couacs dans notre vie perso nous ont empêché de réserver suffisamment longtemps à l'avance pour notre quinzaine de choix. Sauf que rien n'était à notre goût (ou dans nos prix!) dans les quelques maisons libres qu'on a vues... à part celle-ci, en Espagne, en Andalousie, dans la région de l'Axarquia. Les enfants n'étaient jamais allés en Espagne. Moi, j'y ai passé toutes mes vacances d'ado... et je rêvais d'y retourner depuis déjà un long moment. Nous nous sommes donc lancés.

Inutile de tourner autour du pot: le premier jour de voyage fut un enfer! Embouteillages monstrueux (quelle idée aussi de partir le premier samedi noir des vacances!) de Poitiers à la frontière espagnole (et pour ceux qui auraient oublié où se situe Poitiers:  

Monsieur Deux malade à partir... ben, de Poitiers, justement - bref, en plus des arrêts "bouchons", nous avons eu des arrêts vomitos assez fréquents. L'angoisse de la roue qui se barre - suite à un commentaire bienveillant d'un type qui roulait à côté de nous "votre roue va se détacher!!!!!" (je me suis dit si c'est le cas, je fais demi-tour et tant pis). L'heure d'arrivée prévue par le gps prêté par mes parents qui recule, recule, recule...  Les Pyrénées à traverser - très, très, très beau, mais un peu moins si on a un enfant quasi mourant derrière soi, qui doit réprimer les haut-le-coeur à chaque tournant... Et pourtant il ne s'est pas plaint une seule fois, le pauvre! Mais soit, au total, 20h de route, ce putain de premier jour... Arrivés à l'étape (nord de l'Espagne), nous étions même trop fatigués pour manger. Nous nous sommes couchés, et nous avons sombré dans le sommeil - après avoir vomi une dernière fois (Monsieur Deux).

DSC_0029.JPGEt pourtant, dès notre arrivée, à la fin du deuxième jour (2200 bornes, de chez nous, quand même!), deuxième jour nettement moins mouvementé, quand nous avons vu devant nous la maison, le paysage, la piscine, les montagnes environnant... tout fut oublié. Tout était encore plus beau que sur les photos. C'était magique...

Nous avions pourtant essayé de ne pas attendre trop de ces vacances. Après tout, les enfants grandissent, nous avons un ado, un "presque pré-ado", nous nous disions qu'ils n'allaient peut-être plus goûter les plaisirs de vacances à 5 comme avant. Et pourtant...

En revenant dans notre pluvieuse et froide petite Belgique (en perdant 20 degrés par la même occasion, en passant de 37 à 17°c!!!), nous avons pu constater une fois de plus que nos vacances étaient parfaites. Du soleil, plein de soleil. Une chaleur forte, mais sèche et avec du vent - on supporte super bien. Une grande piscine. Une maison isolée, donc du calme, de l'intimité, de la tranquillité. De doux moments à ne rien faire. Des apéros en famille, mise à l'heure espagnole pour quelques jours. Du temps. De la zénitude. Du bien-être, quoi.

Peut-être que l'année prochaine notre aîné trouvera ringard de partir juste avec ses vieux. Peut-être qu'on va devoir se rapprocher de la civilisation, l'été prochain. Ou pas. En attendant, si je devais résumer ces vacances en un mot, je dirais, je répéterais "parfaites". A en soupirer devant les photos. A vouloir y retourner - oui, même en voiture. A me dire que, finalement, la fin de ma vie, je la passerai en Andalousie, là-bas, où le soleil brille toujours...

Et, dans l'attente des prochaines vacances, nous nous sommes promis de nous rappeler ces moments, de ne pas uniquement les laisser dans l'album pour juillet 2016. On doit se dire que passer des moments harmonieux ensemble, c'est possible - à nous d'y mettre du nôtre pour que ça ne se limite pas à deux semaines à l'étranger par an... Ma bonne résolution de la rentrée? (mais ne dis-je pas ça chaque année?...)

Allez, pour celle-ci, on y croit!!!

 

07:30 Écrit par Catherine dans Mes amours et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vacances, vie à cinq, bien-être |  Facebook |

24/05/2015

Comme chaque année ce jour-là

Comme chaque année ce jour-là, j'ai fait la bête.

"Noooon, ma chérie, je n'ai rien vu de ce que tu as rapporté de l'école vendredi passé (même si c'est moi qui ai vidé ton sac, je l'ai fait en fermant les yeux c'est juré!)."

"Que complotez-vous là tous ensemble? Non, je n'ai rien entendu... je n'ai aucune idée de ce qu'il se passe!"

Comme chaque année ce jour-là, j'ai fait l'innocente.

"Commeeeeent, des cadeaux????? ça alooooooors, quelle surpriiiiiise!".

Comme chaque année, j'ai pris la résolution d'être contente, quoi qu'il arrive, quitte à faire semblant. Inutile: contente, je l'étais vraiment.

Comme chaque année, je me suis juré de rester digne. Même quand ma fille m'a récité un petit compliment en allemand - encore un peu hésitant, mais de moins en moins. Même quand mon grand - qui ne fait plus de bricolage à l'école - est allé me chercher une rose, de son propre chef et avec SES sous, simplement parce qu'il avait envie de me faire plaisir. Même quand mon "milieu" m'a expliqué qu'il avait choisi pour décorer son porte-bics uniquement des motifs et des couleurs que j'aimais. Même quand il m'a fait lire un poème de sa composition.

Et comme chaque année, je n'ai PAS tenu cette dernière résolution. Comme chaque année, à la vue de leurs efforts, de leurs petits visages pleins d'espoir et d'attentes, à leurs sourires éclatants en voyant ma joie, j'ai - forcément - versé ma petite larme.

Ben oui, j'ai beau avoir une grande gu..., j'ai aussi un petit cœur d'artichaut.

N'empêche... encore merci, mes amours, pour vos beaux cadeaux, et encore plus, merci d'être ce que vous êtes: des belles personnes, des enfants formidables, ceux qui ont fait de moi (une partie de) ce que je suis: une maman.

Je vous aime "jusqu'à l'infini".

14:23 Écrit par Catherine dans Mes amours et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : être parent, fête des mères |  Facebook |

02/01/2015

Mode bonbon fondant

Ne le dites à personne, mais le schtroumpf grognon cynique qui n'aime pas "les fêtes" semble avoir disparu pour le moment...

Il y a toujours cette appréhension légère un peu avant ces dites "fêtes" qu'on nous exhorte à bien préparer (dès le 15 novembre), et surtout à "réussir" en achetant, achetant et achetant le plus possible. Vais-je pouvoir participer à la liesse imposée? N'allons-nous pas voir les vieilles querelles resurgir? Vais-je réussir à rester "adulte" dans mes réactions, même en présence de mes parents? Beaux-frères et sœurs? En gros, vais-je moi aussi réussir ce défi de profiter sans (trop) d'excès, de tensions et de stress? (et de dettes???)

Cette année, j'ai commencé les vacances dans un état encore plus comateux que d'habitude: à la traditionnelle fatigue hivernale s'était ajoutée la pression professionnelle d'un changement chez nous, et je n'en pouvais littéralement plus. J'ai d'ailleurs failli m'endormir au drink des collègues (3h de l'après-midi, deux bières, pour ceux qui se posent la question) et le vendredi soir avant les vacances, j'étais au lit un peu avant 21h... Glamour, je sais!

Je voulais des vacances reposantes et réussies... et il semblerait que j'ai été exaucée. A présent que nous sommes en 2015 je peux dire que les fêtes ont été clairement et pleinement réussies. Un 24 décembre en comité réduit, une ambiance un peu inattendue par rapport à l'année passée mais une soirée pleine de charme. Un jour de Noël sympathique où nous avons réussi à oublier quelques détails un peu énervants pour se concentrer sur l'essentiel, càd être bien ensemble. Un 27 décembre dans ma belle-famille plein de douceur, de joie et d'amour - ainsi qu'une bonne volonté générale et visible de faire que tout se passe bien. Enfin, une soirée chez nous entre amis le 31 décembre, où j'ai réussi à tout préparer toute seule (Monsieur bossait), à servir "ma" partie du repas (plat principal) à temps (contrairement à certaines fois où, déjà trop "détendue" à l'apéro, j'avais tendance à oublier que les invités ne venaient pas que pour mes beaux yeux et ma conversation fascinante, et qu'ils voulaient aussi bouffer), et tout en même temps, et en plus où je suis restée vigilante mais suffisamment détendue (à part une heure au moment de terminer et servir l'énorme dinde) pour pouvoir pleinement en profiter... puis une année 2015 qui a commencé sans gueule de bois (NON ce n'est pas plus exceptionnel mais ça fait plaisir quand même!) et par une balade en plein air sous le soleil radieux du 1er janvier (et sans choucroute, cette fois...).

Bref, de la détente, de l'amitié, beaucoup d'amour, de cadeaux, de partage et de moments agréables...

Je sais que la course va recommencer dès lundi. Avec pour nous, en plus, un changement dans notre "routine" familiale, auquel nous allons devoir nous adapter. Mais j'espère pouvoir garder en mémoire l'effet positif de ces quelques jours de vacances.

Et, étant une fille traditionnelle par nature, j'en profite pour vous souhaiter à tous une excellente et positive année 2015. Qu'elle soit remplie de grands et petits bonheurs, de jolies surprises, et surtout d'amour.

Je reste encore un peu en mode bonbon fondant. Que voulez-vous, malgré ma carapace, au fond, je suis une tendre...

11:18 Écrit par Catherine dans Mes amours et moi | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vacances, fêtes, nouvel an, voeux |  Facebook |

09/09/2014

On m'avait dit "Tu verras, les filles..."

On m'en avait dit, des conneries sur ce qui m'attendait en devenant maman d'une petite fille après deux garçons! On m'en avait prédit, des horreurs! On m'en a posé, des questions sur les "différences" que j'allais forcément remarquer dès sa deuxième heure de vie! (j'avoue que pour moi, un nouveau-né est un nouveau-né et que la différence se résumait surtout à une série de plis à nettoyer plutôt qu'un petit robinet, pendant ces premiers mois!).A présent ma fille va avoir cinq ans, et j'attends toujours qu'apparaissent toutes les horreurs qu'on m'avait promises.

Ma fille, c'est d'abord quelqu'un qu'on ne peut pas mettre dans une seule case. Certes, elle aime les princesses, les fées et le rose à paillettes, mais elle peut aussi jouer aux combats, aux mutants ou aux pirates avec son grand frère. Ok, justement le fait d'avoir deux grands frères, ça aide... et ça me convient assez bien. J'adore le contraste entre ses hurlements guerriers et son goût pour "les robes qui tournent". J'adore que ce goût des robes qui tournent ne l'empêche pas de jouer à fond dans le jardin ou la cour de récré, ce qui fait qu'en fin de journée elle ressemble plus à Cendrillon qu'à la reine des neiges. J'adore qu'elle aime les princesses et les cheveux de sirène mais qu'elle n'ait peur de rien. J'adore qu'elle fasse tourner son papa autour de son petit doigt mais qu'elle me fasse d'énormes câlins. C'est une personnalité, ma fille. Et non, je ne suis pas du tout subjective: elle est tout simplement formidable, intérieurement et extérieurement! (et si vous ne me croyez pas, venez la voir, vous verrez que c'est objectivement vrai!).

A présent, nous ne nous sentons plus parents de deux "unités" comme c'était le cas au tout début, forcément. Nous sommes à la tête d'une véritable tribu. Avoir trois enfants, pour beaucoup, c'est l'horreur, c'est un de trop. Nous, nous apprécions beaucoup les différentes possibilités d'alliance que cela offre. Ainsi, lorsque Lou joue avec son frère aîné, c'est lui clairement qui dirige le jeu - quitte à la laisser gagner. Mon ado (ben oui, il a eu douze ans entretemps!!!) est tout simplement génial avec les petits, depuis toujours, et quand il le veut bien, il l'amuse, il la stimule, il la fait rire, il est ZE grand frère comme on l'a toutes rêvé. (oui, il peut aussi être super chiant mais là j'ai envie de parler de trucs positifs, OK JE PEUX, OUI?)

Avec son frère cadet (enfin, son deuxième grand frère, celui du milieu), c'est différent. Tous les deux partagent une imagination débordante et le goût des histoires, et c'est un réel bonheur de les entendre s'inventer tout un univers et se confondre réellement avec leur personnage. Combien de fois n'ai-je pas cru devoir intervenir en entendant leurs cris et leurs menaces... pour réaliser très vite qu'ils sont simplement pris par leur jeu! Cela a d'ailleurs parfois donné des dialogues assez cocasses:

"Arrête, je vais te frappeeeeeeeeer!" (hurlement suraigu de ma fille en colère)

"Et puis là j'allais te frapper avec mon épée et t'allais mourir mais tu allais vivre encore grâce à tes pouvoirs" (voix de ma fille, toujours, mais 1000 décibels en moins car elle explique la suite de l'histoire...)

J'adore les voir jouer ensemble, eux aussi.

Quant aux deux mecs ensemble, c'est l'amour vache, parfois, mais quand j'entends les autres parents, purée on ne peut pas se plaindre. Ils sont complices, malgré tout, très souvent, et j'espère voir cette complicité s'épanouir à mesure qu'ils grandissent tous les deux.

C'est cool une tribu de cinq...

C'est cool d'avoir deux grands garçons.

C'est cool d'avoir une nana, ce qui fait que je ne suis pas en absolue minorité parmi tous ces mâles.

C'est cool d'avoir trois enfants super différents mais tous formidables, magnifiques et intelligents (nananère!).

C'est cool de pouvoir dire qu'on est toujours une tribu, soudée, et qu'on dégouline d'amour ensemble.

C'est cool de pouvoir être bisounours de temps en temps. Le cynisme mordant peut bien attendre... il est toujours de retour plus vite qu'on ne croit.

27/05/2014

Garder la vie pour plus tard

Dimanche dernier, en plus d'aller voter, nous étions "de spectacle".

Certains parents voient ça comme l'ultime corvée, tous ces matchs, spectacles et autres représentations de fin d'année scolaire. Mon propre père en fait partie: il ne s'est jamais déplacé pour voir ni mes spectacles de danse, ni les matchs de volley ou de football de mes frères. Ceci dit, il est cohérent: il nous a toujours dit que pour qu'il se déplace, il lui fallait du "vrai" spectacle, autrement dit, un niveau frisant le professionnel. Et nous, ma foi, nous n'étions pas tout à fait des prodiges... (ok, j'étais carrément nulle!).

D'autres sont proches de la caricature inverse: à chaque prout que l'enfant fait sur quelque chose qui ressemble vaguement de loin à une scène ou à un terrain de sports, on est tenu d'y amener TOUTE LA FAMILLE, des grands-parents aux oncles, tantes, parrains, marraines et amis proches. Même quand c'est le mini-show de l'école du village, c'est "ils sont venus, ils sont tous là". Même quand c'est piscine toutes les semaines, y en a qui viennent toujours en masse, pour regarder Choupinette faire le kangourou dans l'eau et (surtout) pour boire des coups à la buvette.

Moi, je me situe plutôt entre les deux: je me dis que j'ai trois enfants, donc que je n'ai pas envie d'imposer à mes frères et aux autres membres de la famille chaque activité qu'ils ont. Par ailleurs... mes parents, ça les emmerde toujours autant. Ma mère s'est dévouée pour mes spectacles de danse, mais là, elle a donné: elle a assisté au premier spectacle de notre aîné, a fait semblant d'avoir envie de participer au deuxième, avant de dire que, heu... finalement non, donc pour le 3è, nous n'avons même pas demandé. Mais moi, les spectacles de danse, même quand mes enfants ne sont pas sur scène, rien à faire: j'adore! C'est peut-être dû à mes propres souvenirs, mon propre goût pour cet univers féérique (ben oui, même nulle, on peut apprécier!), mais moi, je ne m'ennuie pas une seconde quand je vois des gens danser.

Quand l'un de mes enfants est sur scène, en général, j'ai deux options: soit je me transforme en fontaine larmoyante (l'effet magique "être parents"), soit je me métamorphose en fan hystérique, genre "Patriiiiiiiiiiiick" dans les années '90. Je tape dans les mains, je crie, j'applaudis... c'est un peu la honte pour eux (enfin... pour LUI!) mais tant pis: je préfère pécher par excès d'enthousiasme que par excès de tiédeur!

Quelque chose qui m'a frappée une fois de plus, en observant autour de moi la foule hétéroclite des autres parents (à part le réflex qui nous vient des USA qu'il faut ABSOLUMENT quelque chose à bouffer chaque fois qu'on met son cul sur une chaise pour regarder un truc - au secours!!!), c'est le fait que de plus en plus de personnes ne regardent plus ces manifestations qu'au travers d'un écran quelconque.

Non, je ne suis pas technophobe. Oui, j'aime prendre des photos. Non, je n'ai ni tablette ni caméra ni smart phone (pour ce que j'en fais, honnêtement, je n'en vois vraiment pas l'utilité - comment? Rien à voir avec l'utilité? Ben si, moi je persiste à acheter ce dont j'ai besoin, mais je m'égare une fois de plus...). Par contre, cette habitude de ne plus regarder la vie que derrière un gadget électronique me surprend. Parce que la plupart des gens ne prennent pas des scènes intéressantes pour pouvoir faire un mini-montage de 3 minutes (3h de boulot) à montrer sans tuer les gens d'ennui! Non, non, non: eux filment LA TOTALITE du spectacle, afin de pouvoir le regarder tranquillement chez eux! Vous voyez la logique? Oui? Ben vous avez de la chance! Moi j'ai encore un peu du mal.

J'ai du mal parce que je persiste à me dire que l'important, dans la vie, c'est d'en profiter au moment même. C'est de goûter, de sentir, de voir, d'entendre... d'applaudir, aussi (délicat avec une tablette dans les mains). De profiter, quoi. Parce que le souvenir, oui, c'est bien... mais le souvenir n'est beau que si le moment l'a été, non? Ou suis-je vraiment tellement en décalage avec mon époque?

J'ai l'impression qu'aujourd'hui, une expérience de vie en soi n'est plus assez: il faut la filmer, puis la "partager" sur les réseaux sociaux, il faut espérer que les autres "likent" (oui, je sais, pas besoin de guillemets, j'arrive pas, désolée, ch'uis prof), puis alors on peut se dire que "finalement c'était bien". Les autres ont fait des commentaires, donc ça va, on peut apprécier... rétrospectivement. Mais quid du moment présent, alors? Carpe Diem, "cueillez dès aujourd'hui...", c'est vraiment mort et enterré?

Finalement, c'est le même questionnement que j'ai par rapport à fesse-bouc: si on passe 8h par jour à poster des photos et des commentaires sur sa propre vie, à regarder celles et ceux des autres, à commenter leurs vies et leurs photos... il reste combien de temps pour VIVRE sa vie? Vivre au sens où moi je l'entends, avec les sensations et les émotions en temps réel, pas la version qu'on prépare pour montrer aux autres!

Certes, je fais (un peu) la même chose avec mon blog: combien de fois, en observant, en écoutant, en ressentant, n'ai-je pas commencé la rédaction mentale d'un billet, afin de pouvoir partager ici? Mais penser et ressentir, je peux le faire en même temps. Appelez-moi boulet, mais photographier, filmer, poster, commenter ET penser et ressentir, ça moi j'y arrive pas. Donc soit les autres sont des mutants, soit je suis ringarde (NO COMMENT!!!)... soit ils n'y arrivent pas non plus, et ils ont juste posé un autre choix que moi. Je respecte... mais je ne suis pas.

Finalement, je n'aurais pas dû regarder Wall-E (et c'est la première fois que je fais le lien: Wall = mur, E = électronique, hé hé hé, subtil, les amis Pixar!!!) avec les enfants: à chaque fois que je me fais cette réflexion, je revois la scène dans le vaisseau spatial emportant les terriens (horribles mutants gras dégoulinants avec vertèbres et dents en moins puisque pas bouger et ne bouffer que du mou... ça vous rappelle des choses? Moi aussi!!!!), où un homme et une femme commencent à communiquer ensemble par écran interposé... pour se rendre compte avec grande surprise qu'ils sont côte à côte, et que communiquer SANS écran, ben... ça va aussi. A l'époque j'avais trouvé ça mignon et drôle... à présent je me dis que c'était presque prophétique!!! (oui, j'exagère sans doute un tantinet...)

Moi je vais continuer à regarder la vie au présent. Et si je n'ai pas de "souvenirs" ou de "témoins" à monter aux autres, ce n'est pas si grave. Mes souvenirs à moi, ils sont stockés dans mon "disque dur" intérieur (mon cerveau, quoi!), et je trouve qu'ils tiennent plus chaud là-dedans que s'ils étaient sur n'importe quel autre support électronique.

... donc je n'ai pas de photo du spectacle. Par contre, dans ma tête, j'ai un petit montage son-lumière-odeurs-sensations, je ne vous dis que ça! Franchement, moi je "like" à mort!

03/05/2014

Je voulais juste lui acheter un pantalon...

Quand t'as des mômes, tu reçois de notre fabuleux gouvernement belge des allocations familiales. En gros, c'est un chèque qu'on t'envoie tous les mois pour te récompenser d'avoir fait la danse du ventre il y a quelques années (et d'avoir assumé les conséquences). Quand tu fais le troisième, c'est le jackpot, les alloc' doublent. Du coup les gens te disent que tu l'as fait exprès (c'est clair que c'est un méga bon calcul puisque les nôtres, on ne les nourrit pas, ils s'habillent avec les cartons qu'on trouve à terre les veilles de passage camion-poubelle et quand ils ne sont pas à l'école, on les garde dans la cave en attendant qu'ils bonifient - en les retournant d'un quart de tour toutes les 3 heures, histoire qu'ils ne se sclérosent pas trop).

Bref, ce samedi, armée du précieux chèque, j'ai enfin pris mon courage à deux mains et j'ai décidé d'aller chercher des pantalons pour ma fille, qui a les jambes qui poussent comme mauvaise herbe sous la pluie. Des pantalons. Je pensais. Un peu naïve, toujours rêveuse, inlassablement optimiste.

Je sais que, parmi mes nombreux défauts, je suis une monstrueuse malahie, une difficile, quoi, surtout en matière de vêtements. Que ce soit pour moi ou pour les enfants (à part peut-être Mr Aîné qui a l'âge d'assumer ses goûts de chiotte personnels), j'ai les idées très claires sur ce que je veux, et encore plus claires sur ce que je ne veux pas.

Liste des choses dont je ne veux en aucun cas:

  • les pantalons slims: peut-être que ça va "commencer à aller" (déjà l'écrire me semble un affront) mais jusqu'il y a peu, notre ravissante fille avait gardé ses rondeurs de bébé, donc n'aurait pas pu être à l'aise dans un skinny, fût-il à la mode. On fait quoi, alors: on lui dit qu'à 3 ans elle est vraiment trop grosse? Ou comment créer des problèmes d'anorexie en 10 leçons.
  • les paillettes: désolée, en dehors de certaines manifestations (en gros, le bal du carnaval ou le "pestacle" de fin d'année), les paillettes, je dis non. Et la tulle, pareille: comment veux-tu jouer dans la cour avec ces machins-là???
  • le rose à outrance: savez-vous que les filles n'ont pas besoin d'être vêtues de roses de pied en cap pour se rendre compte qu'elles sont des filles? Et si les autres les prennent pour des mecs, soit elles sont encore trop petites et elles s'en foutent (genre la mienne à 8 mois, elle n'a pas l'air d'avoir été traumatisée d'être un nouveau-né habillée en bleu ou brun - couleurs qui, d'ailleurs, lui allaient à merveille!!!), soit elles sont grandes et les gens ont de la m... dans les yeux.
  • les fringues Hello Kitty: ça je peux pas. C'est trop, non, je ne peux pas. Ou alors un pyjama, une culotte ou des chaussettes. Mais le reste, non. Et encore, comme je veux rester polie, je ne vais pas parler des adultes qui portent des fringues Hello Kitty...
  • les motifs léopard: pour moi le message envoyé est clair: j'aime marcher le long des trottoirs et proposer aux jeunes (ou pas) hommes une partie de fun rétribuée. Je ne vois pas comment ça peut être beau. Mais ça doit être moi qui suis psycho-rigide! Toujours est-il que JAMAIS SUR MA FILLE TANT QUE JE PEUX L'EVITER!!!
  • les t-shirts avec des grandes princesses ou autres personnages de la télé, ou encore avec d'immenses dessins soit cuculs, soit agressifs.
  • les tons pastel, encore moins ce qu'ils essaient de faire passer pour du pastel actuellement, et qui, à moi, me rappellent de vieux rideaux laissés au fond du grenier pendant quelques décennies, genre rose pâle-passé-qui fait sale; bleu pâle-passé-qui fait (etc...)
  • les trucs fluo (à part le foulard de ma voisine, qui lui va à merveille mais sans doute parce qu'il agrémente des t-shirts SOBRES): pourquoi pas les épaulettes, les boutons dorés et les coiffures en brosse, tant qu'on y est?... ah bon, c'est revenu à la mode aussi? Et vive le "staïle" des années '80!!! Va-t-on revenir aussi aux permanentes?
  • les accessoires qui font trop "madame" (autrement que pour se déguiser, bien sûr), voire carrément "sexy".
  • les boutons dorés, clous et autres trucs "blinquants": purée, y a pas moyen de laisser le t-shirt tranquille???
  • les têtes de mort, même si elles sont rose fluo (surtout si...?)
  • Et j'arrête là car la liste est encore longue et je n'ai pas envie de passer (difficile, moi?????) pour une (trop) chiante - donc je ne vais pas parler des trucs pour adultes.

M'enfin bon, vous pouvez imaginer qu'avec ces images en tête, je risquais peu de me ruiner - ou alors je DEVAIS me ruiner complètement en oubliant les grandes enseignes et en dévalisant les boutiques au style classique (pas de chance, ma fille se conduit plus comme une camionneuse que comme une petite fille modèle - comprenez qu'en fin de journée on a envie de la mettre à la lessive (cycle long, bouillant avec prélavage) avec ses fringues).

Heureusement, je me disais que l'emmener avec moi n'était pas un risque: puisque je l'ai bien élevée et qu'en général elle adore les petites robes à 4 euros que je lui achète en seconde main (mais ils n'ont pas de pantalons pour elle là non plus), elle ne risquait pas de tomber dans les panneaux que tendent certaines enseignes à chaque mètre de magasin! Hé ben... en fait, si. Force fut de constater, après 2 tours de "ooooh, regarde ça, maman, je le veux, c'est troooop bôôôôôô!" que MA fille aussi a des goûts de chiotte.

Tout y est passé: des robes de communion raides comme de la tulle (tu penses vraiment pouvoir faire des courses de tricycle avec ça ma chérie?) aux t-shirts (immondes) affichant une (effrayante) Dora (mauve pastel avec des paillettes), en passant par la panoplie Hello Kitty, aux robes de princesses et aux diadèmes en "perles". Elle est même tombée en admiration devant un t-shirt rose berk avec une tête de mort en clous dorés... Au secours!!!

Je tombe des nues car elle me disait, AVANT, que "trop de rose ou de mauve c'est pas beau, hein maman?" (petite frotte-manche, va!) et que "les paillettes nous on n'aime pas, hein maman?"... En fait, c'était comme le drogué au chocolat qui dit qu'en fait il n'aime pas vraiment pour essayer de s'en persuader, puis qu'on emmène chez Galler sans le prévenir ni le préparer... ben c'est l'orgie, quoi!

J'ai demandé au magasin s'ils offraient la livraison gratuite pour ceux qui achetaient tout le magasin. Ils n'ont pas semblé goûter mon (pourtant désopilant) humour, et ma fille n'a pas compris la (pourtant subtile) allusion. Moi, je voulais juste lui acheter un pantalon...