11/07/2017

Et pour vous, c'est quoi le pire?

J'ai entendu récemment une collègue se plaindre que, après la naissance de son petit, tout le monde lui disait de "profiter", car ça passait vraiment "trop vite". Elle, au contraire, trouvait cette fusion totale avec un môme braillard plutôt ennuyeuse - quand elle n'était pas carrément en pleine détresse, après 6 semaines de nuits interrompues, et donc, à juste titre, elle ne voyait pas ce que les autres voulaient dire.

A l'époque, moi non plus, je ne voyais pas. Mais à présent que le nombre de jeunes mâles hargneux, non communicatifs - et pourtant ô combien revendicateurs est passé de un à deux, je me prends à me demander si moi aussi, je ne viens pas de basculer de l'autre côté de la Force, je me demande si à mon tour je ne suis pas prête à répéter cette phrase énervante aux jeunes mamans en détresse... et pourtant, mes souvenirs "nouveaux-nés" sont toujours très loin du rose bonbon - bleu pastel! 

C'est pourquoi j'ai décidé de comparer. Je reste juste, ceci dit: pas question de comparer les mérites du nouveau-né versus l'enfant de deux ans ("je braille" ou "je dis que ma maman est la plus belle"), ni de l'enfant de 8-10 ans (période de calme où l'évolution semble aller vers le haut et vers l'avant) versus l'ado (heu... période de tsunami où l'évolution semble aller vers le "plus grand, plus biès", et où, s'ils devaient s'exprimer sur nous, ça ressemblerait plutôt à "ma daronne c'est la plus ringarde/chiante/injuste/pas stylée..."). 

J'ai décidé de comparer les deux (jusqu'à présent) plus horribles phases de la vie, j'ai dit: le nouveau-né versus l'ado... qu'est-ce qui est plus pénible, un bébé ou un "jeune"? Quelqu'un qui braille pour s'exprimer, ou quelqu'un qui borborygme (si possible de manière monosyllabique, même pour dire "anticonstitutionnellement"), et qui semble toujours trop comateux pour daigner répéter? Quelqu'un qui a des besoins d'attention constants, ou quelqu'un qui a des besoins de pognon constants? Voici donc le match de l'année - et n'hésitez pas à poster pour compléter ce à quoi je n'aurais pas pensé, dans ma petite expérience d'un de presque 15 et d'un de 12 qui y rentre... (j'avoue, je n'ai pas encore des angoisses de sorties ou de permis de conduire, encore moins des belles-filles qui vivent chez moi...)

1. Le corps après la venue du bébé / de l'ado

Là, on pourrait se dire que le match est gagné d'avance: heureusement pour nous, mamans, l'ado ne doit pas passer par notre vagin pour apparaître! Il se s'accroche pas à nos tétons, il ne provoque pas de bouleversement hormonal... alors, un point pour l'ado? Oui, peut-être... mais c'est sans compter les rides qu'on gagne à cause d'eux! Mais bon, aurions-nous échappé à ces dites rides si on avait eu la bonne idée le malheur de ne pas avoir d'enfants? Allez, j'accorde le point à l'ado. 0 - 1

2. Nos nuits avec le bébé / l'ado

Là encore, chez moi en tout cas, y a pas photo: le premier se réveillait toutes les deux heures (le bébé, je veux dire, pas l'ado!), le deuxième n'a passé ses nuits qu'à (gloups, pulsion de haine qui revient) 2 ans et demi... Je ne dois plus me réveiller pour des cauchemars, des biberons, des tétées... Je ne dois pas encore me réveiller pour aller chercher quelqu'un en boîte (ou parce qu'il n'est pas encore rentré malgré qu'il soit 4h et que j'avais bien dit 2h dernière limite... bref, je "profite", quoi!) Par contre j'ai dû une fois descendre parce qu'ils se disputaient... ben oui, les hormones, ça ne rend pas forcément plus malin! C'est vrai pour les gonzesses qui enfantent, ben c'est vrai aussi pour les enfants qui grandissent! Mais bon, une fois encore j'accorde le point à l'ado. 0 - 2

3. Les repas avec le bébé / l'ado

Oui, j'ai bien dit "avec" l'ado... parce que j'insiste quand même que le repas du soir soit pris en famille autour d'une table et sans télé. Avec des couverts et des assiettes. Et même des légumes (la plupart du temps, quoi! ce soir c'était pâtes aux lardons, j'avoue...). Evidemment, s'il pouvait, l'ado mangerait tous ses repas soit en ville avec sa tribu, soit seul devant son écran...

L'avantage majeur de l'ado, c'est qu'il mange tout seul comme un grand. Pas toujours proprement. Pas toujours droit à table (bizarre, cette tendance de la colonne vertébrale de l'ado à suivre une courbe parfaite). Pas toujours avec le sourire, parce que, honte sur moi, je ne m'inspire pas très souvent des Mc Do' et autres "crasses" pour mon menu, du coup, ben, ce que je propose, c'est bèrk. Mais au moins il manipule les couverts tout seul, et ne passe plus son temps à éternuer la bouche pleine de soupe aux carottes sur mon chemisier blanc. Il fout des coups de coude à ses voisins, voire des coups de pieds (ça grandit vite, ces petites bêtes), mais il mange seul. Et honnêtement, moi, donner la becquée ça m'emmerdait assez vite. Donc je tendrais vers le point une fois encore pour l'ado - sauf qu'il grogne, qu'il râle, qu'il soupire quand on l'exploite (= quand on lui demande de dresser la table), qu'il ne se contente pas des petits plats préparés avec amour, mais qu'il fait comme l'écureuil avant l'hiver: l'ado stocke dans sa tanière, des trucs gras et sucrés de préférence, et comme il oublie parfois à quoi sert ce truc en plastic à côté de son bureau (= sa poubelle), ben, disons que la tanière, parfois, embaume un peu tout l'étage. Un peu comme les langes de bébé, tient, à l'époque... 

En résumé, le bébé gazouille, sourit, éternue et ne mange pas seul. L'ado grogne, salit, râle, mais mange seul. Et ils puent tous les deux (voir plus loin). Allez... égalité? donc on en est à 1 - 3

4. La propreté du bébé / de l'ado

Tout comme les propriétaires de chien, les parents de bébés n'aiment pas ramasser les crottes - sauf qu'on n'a pas tellement le choix, les bébés étant généralement trop biès pour comprendre le concept de ch... sur le trottoir pour amuser les autres. C'est ZE désavantage majeur du bébé - et dès qu'il passe au solide, ça empire. Et quand il devient carnivore, je ne vous raconte pas... mon homme a déjà failli gerber en s'occupant du change du matin. L'ado a beau être un peu flairant lui aussi, on a rarement envie de vomir quand on lui dit bonjour. Quand on rentre dans sa chambre, c'est une autre histoire. Mais en le bisant, lui, ça va encore. Par contre, un bébé, une fois le derrière propre, ça sent généralement assez bon - ok, parfois le lait sûri, mais ce n'est pas une généralité. L'ado, lui, traverse parfois une phase hydrophobe qui peut être assez pénible pour ses proches. Il a l'air crad', mais bon, ça pourrait être fashion dans certains milieux, mais il oublie souvent que ces foutues hormones ont un effet direct sur certaines parties du corps. L'ado pue des pieds, par exemple. Mais ça ne le dérange pas: c'est SON odeur, dit-il d'un air angélique. Et si ça vous fait chier en plus, c'est bonus!

Sa chambre, son domaine privé, ben l'ado a ça en commun avec les chats, il doit marquer son territoire. Heureusement, il ne pisse pas contre les murs (enfin, pas ceux de sa chambre, sinon un seul conseil: le faire castrer au plus vite!), par contre il accumule des vivres (voir point 3), on ne sait jamais que sa mère ne décide de cuisiner des légumes TOUS LES JOURS, afin d'assurer ses réserves en gras et en conservateurs cancérigènes. Sauf qu'il entame de nombreux paquets, qu'il laisse ensuite péricliter - sans doute l'esprit curieux et ouvert de l'ado, qui décide de faire de chaque moment de sa vie une merveilleuse aventure scientifique, sans oublier qu'il vit avec d'autres...

Donc là, je dis clairement, le point va au bébé. 2 - 3

5. Les rapports humains

En début de vie, on se dit "vivement qu'ils parlent". Et pourtant, on oublie à quel point il est facile de communiquer avec un bébé. Attention, je n'ai pas dit qu'il était simple de les décrypter. Mais si vous observez les yeux d'un bébé à qui la mère parle, gazouille, chante, c'est magique: la moindre connerie que vous proférez a tout de suite l'air de le fasciner, de l'amuser, de le rendre HEU-REUX! Vous vous sentez la reine du monde, devant les yeux pleins d'amour de ce petit être qui vous répond, certes, avec des borborygmes, mais également avec tout son corps, qui semble dire "continue, parle-moi, je t'aime!"...

Et l'ado? Heu... le point commun, c'est l'articulation du langage, qui régresse à nouveau au stade du grognement (on ne PEUT pas décemment dire "gazouillis", même si j'aimerais bien!). Si on décrypte le reste... c'est là que ça se corse. Ses yeux vous évite, sa bouche tombe vers le sol, et tout son corps semble dire "mais qu'est-ce que tu m'emmeeeeeerdes!!!". Que faites-vous pour l'emmerder? Rien. Vous êtes là. Vous vous intéressez à lui. Vous osez lui poser plein de questions chiantes et indiscrètes (du genre "tu écoutes quoi en ce moment?" - KGB, les mères, c'est bien connu!). Il vous soupçonne sans cesse de vouloir l'espionner. Vous êtes comme une espèce de gros caillou géant qui se dresse entre lui et le plaisir: les potes, les écrans, le mutisme. Bref, vous faites chier. 

Ici aussi, je ne PEUX PAS ne pas donner le point au bébé. 3 - 3

6. Eux et l'univers autour d'eux

 

On pourrait dire qu'ici, le match est clairement inégal, si on prend en compte le développement du cerveau... et pourtant, quand on y regarde d'un peu plus près, non, pas tant que ça. Au contraire, quand je vois mes ados, je repense souvent à mes bébés...

En effet, ils ont des réactions un peu similaires: ils ne voient qu'eux, ne prennent en compte que leurs besoins, ils oublient qu'ils vivent avec d'autres personnes qui ne sont pas eux, et ils voient l'univers à travers le prisme de leur petit nombril... Leur univers, c'est l'Univers. Le reste, ils s'en foutent.

Autre point commun: leur allergie à toute forme de frustration. Le bébé, forcément, ne comprend pas qu'on puisse reporter la satisfaction de ses besoins primaires (= téter) d'une éternité (quelques minutes). L'ado... ben, c'est pareil: il ne comprend pas qu'on puisse reporter la satisfaction de ses besoins primaires (= consommer, que ce soit de la nourriture, des gadgets électroniques, des fringues ou notre précieux temps en trajets pour sa vie sociale trépidante) d'une éternité (à partir de quelques minutes également).

C'est le point qui m'énerve, me révolte, me frustre et m'attriste le plus chez mes ados... et pourtant, j'ai des souvenirs de réactions pareilles. Pas aussi virulentes (mes parents, je pense, m'auraient reclapée assez vite...), mais d'un égocentrisme tel qu'en y pensant, j'ai moi-même envie de me foutre des claques. Et comme je suis, je pense, devenue quelqu'un de relativement empathique et ouvert sur le monde, je garde espoir... Pas le choix!

Donc ici aussi, je donne un point à chacun. 4 - 4

L'image qu'ils nous donnent de nous

Autrement dit, peut-on se sentir une bonne mère avec l'un ou l'autre?

Le bébé a l'art de nous faire sentir comme les plus idiotes du monde, parce que, pensez-vous, c'est bête, il vient rarement avec un mode d'emploi. Tout ce qu'on dit aux mamans concerne la grossesse, après, c'est démerde-toi, toute façon que veux-tu savoir, c'est que du bonheur, puis on va te donner 180 milliards de conseils - contradictoires, bien sûr! Quand c'est un 2è ou un 3è, c'est pas grave. Quand c'est ton premier, que tu as eu un accouchement de merde, un début d'allaitement de merde, un moral de merde... ben c'est un peu dur. Tu te demandes ce qui t'a pris de le vouloir à ce point, ce môme. Tu as peur.

Ben, quand ils deviennent ados... c'est un peu la même chose. Sauf qu'on sait qu'à un moment, ça fonctionnait pas trop mal (entre les deux phases), donc que tout ne vient pas forcément de nous et de notre incapacité congénitale. C'est dur - parce que quitter une phase chouette pour une phase de merde, forcément, c'est plus difficile que l'inverse. Mais finalement, ma plus grande peur à moi était de ne pas savoir aimer mon bébé, au tout début. Quand ils sont ados, ces salauds, c'est trop tard, le mal est fait, on les aime à crever même quand ils nous en font voir de toutes les couleurs. ça doit être pour ça, d'ailleurs, qu'ils naissent bébés... 

Mais quand ils nous envoient chier, nous et toutes les valeurs, tous les trucs qui sont importants pour nous, en nous disant qu'on est à côté de la plaque, ce n'est pas forcément agréable non plus. A moins d'être un parangon de confiance en soi et en ses convictions (pas notre cas, malheureusement), ça déstabilise un peu. On se sent parfois (souvent? tout le temps?) un mauvais parent qui ne sait pas et qui n'a jamais su s'y prendre. C'est quoi le pire, monstre sans coeur ou biès qui n'a aucune idée? Franchement, j'hésite...Egalité encore? ça nous ferait un score de 5 - 5...

Conclusion

En commençant ce billet, inspiré, vous l'aurez compris, par l'exaspération à laquelle me mènent parfois mes deux grands, je pensais atteindre un score "stalinien" de 100% de succès pour le bébé... J'ai essayé d'être relativement objective, tant que faire se peut. J'ai également un peu forcé le trait - sinon c'est moins drôle, puis ça devient trop personnel. Ma conclusion verra un autre point commun entre les deux personnages, du moins en ce qui me concerne: pour ces deux stades (et pour les autres aussi, finalement), on passe par des moments de doute, de découragement, voire de désespoir à se dire qu'on a tout raté, et qu'on n'aurait jamais dû les mettre au monde, ces fichus mômes. Puis votre bébé vous sourit... et le soleil se lève et illumine tout autour de vous. Vous oubliez votre corps endolori, votre cerveau brouillé après mille nuits sans sommeil, vous êtes heureuse.

Quand l'ado vous entoure de ses grands bras osseux, même si aucun mot ne sort de sa bouche, parce que ça devient pudique, ces petites choses fragiles malgré tout, le même sentiment vous envahit. Et comme c'est plus rare, ces moments deviennent d'autant plus précieux. 

De temps en temps, de préférence ailleurs que devant vos yeux, on vous rapporte que votre ado a été poli, souriant, agréable et tourné vers les autres (et tout ça gratos!). Là aussi, vous vous dites "ok, il n'a pas TOUT jeté à la poubelle de ce que j'ai essayé de lui inculquer". Vous reprenez espoir.

Parfois, même, vous arrivez à avoir une vraie conversation avec eux, sans qu'ils ne se referment comme des huîtres hostiles. Faut choisir son moment (enfin, celui de l'ado) et SURTOUT ne pas basculer dans la "parentalité" (du style conseils ou reproches) sinon ça fout le camp, mais en attendant votre inévitable gaffe (consciente ou perçue comme telle par l'ado), ça aussi, c'est bon.

Enfin, il y a les vacances, où, forcément, on ne parle plus d'école, où on est plus disponible... là aussi, c'est l'occasion de les retrouver un peu comme du temps où ils étaient "les vôtres" uniquement.

C'est peut-être ça qui est dur, malgré tout ce qu'on nous avait prévenus: le bébé, il est à vous. L'ado... ben, il déploie ses ailes, quoi. Allez, faites-lui vite un câlin avant qu'il ne se casse pour de bon dans l'âge adulte! 

09/09/2014

On m'avait dit "Tu verras, les filles..."

On m'en avait dit, des conneries sur ce qui m'attendait en devenant maman d'une petite fille après deux garçons! On m'en avait prédit, des horreurs! On m'en a posé, des questions sur les "différences" que j'allais forcément remarquer dès sa deuxième heure de vie! (j'avoue que pour moi, un nouveau-né est un nouveau-né et que la différence se résumait surtout à une série de plis à nettoyer plutôt qu'un petit robinet, pendant ces premiers mois!).A présent ma fille va avoir cinq ans, et j'attends toujours qu'apparaissent toutes les horreurs qu'on m'avait promises.

Ma fille, c'est d'abord quelqu'un qu'on ne peut pas mettre dans une seule case. Certes, elle aime les princesses, les fées et le rose à paillettes, mais elle peut aussi jouer aux combats, aux mutants ou aux pirates avec son grand frère. Ok, justement le fait d'avoir deux grands frères, ça aide... et ça me convient assez bien. J'adore le contraste entre ses hurlements guerriers et son goût pour "les robes qui tournent". J'adore que ce goût des robes qui tournent ne l'empêche pas de jouer à fond dans le jardin ou la cour de récré, ce qui fait qu'en fin de journée elle ressemble plus à Cendrillon qu'à la reine des neiges. J'adore qu'elle aime les princesses et les cheveux de sirène mais qu'elle n'ait peur de rien. J'adore qu'elle fasse tourner son papa autour de son petit doigt mais qu'elle me fasse d'énormes câlins. C'est une personnalité, ma fille. Et non, je ne suis pas du tout subjective: elle est tout simplement formidable, intérieurement et extérieurement! (et si vous ne me croyez pas, venez la voir, vous verrez que c'est objectivement vrai!).

A présent, nous ne nous sentons plus parents de deux "unités" comme c'était le cas au tout début, forcément. Nous sommes à la tête d'une véritable tribu. Avoir trois enfants, pour beaucoup, c'est l'horreur, c'est un de trop. Nous, nous apprécions beaucoup les différentes possibilités d'alliance que cela offre. Ainsi, lorsque Lou joue avec son frère aîné, c'est lui clairement qui dirige le jeu - quitte à la laisser gagner. Mon ado (ben oui, il a eu douze ans entretemps!!!) est tout simplement génial avec les petits, depuis toujours, et quand il le veut bien, il l'amuse, il la stimule, il la fait rire, il est ZE grand frère comme on l'a toutes rêvé. (oui, il peut aussi être super chiant mais là j'ai envie de parler de trucs positifs, OK JE PEUX, OUI?)

Avec son frère cadet (enfin, son deuxième grand frère, celui du milieu), c'est différent. Tous les deux partagent une imagination débordante et le goût des histoires, et c'est un réel bonheur de les entendre s'inventer tout un univers et se confondre réellement avec leur personnage. Combien de fois n'ai-je pas cru devoir intervenir en entendant leurs cris et leurs menaces... pour réaliser très vite qu'ils sont simplement pris par leur jeu! Cela a d'ailleurs parfois donné des dialogues assez cocasses:

"Arrête, je vais te frappeeeeeeeeer!" (hurlement suraigu de ma fille en colère)

"Et puis là j'allais te frapper avec mon épée et t'allais mourir mais tu allais vivre encore grâce à tes pouvoirs" (voix de ma fille, toujours, mais 1000 décibels en moins car elle explique la suite de l'histoire...)

J'adore les voir jouer ensemble, eux aussi.

Quant aux deux mecs ensemble, c'est l'amour vache, parfois, mais quand j'entends les autres parents, purée on ne peut pas se plaindre. Ils sont complices, malgré tout, très souvent, et j'espère voir cette complicité s'épanouir à mesure qu'ils grandissent tous les deux.

C'est cool une tribu de cinq...

C'est cool d'avoir deux grands garçons.

C'est cool d'avoir une nana, ce qui fait que je ne suis pas en absolue minorité parmi tous ces mâles.

C'est cool d'avoir trois enfants super différents mais tous formidables, magnifiques et intelligents (nananère!).

C'est cool de pouvoir dire qu'on est toujours une tribu, soudée, et qu'on dégouline d'amour ensemble.

C'est cool de pouvoir être bisounours de temps en temps. Le cynisme mordant peut bien attendre... il est toujours de retour plus vite qu'on ne croit.

03/05/2014

Je voulais juste lui acheter un pantalon...

Quand t'as des mômes, tu reçois de notre fabuleux gouvernement belge des allocations familiales. En gros, c'est un chèque qu'on t'envoie tous les mois pour te récompenser d'avoir fait la danse du ventre il y a quelques années (et d'avoir assumé les conséquences). Quand tu fais le troisième, c'est le jackpot, les alloc' doublent. Du coup les gens te disent que tu l'as fait exprès (c'est clair que c'est un méga bon calcul puisque les nôtres, on ne les nourrit pas, ils s'habillent avec les cartons qu'on trouve à terre les veilles de passage camion-poubelle et quand ils ne sont pas à l'école, on les garde dans la cave en attendant qu'ils bonifient - en les retournant d'un quart de tour toutes les 3 heures, histoire qu'ils ne se sclérosent pas trop).

Bref, ce samedi, armée du précieux chèque, j'ai enfin pris mon courage à deux mains et j'ai décidé d'aller chercher des pantalons pour ma fille, qui a les jambes qui poussent comme mauvaise herbe sous la pluie. Des pantalons. Je pensais. Un peu naïve, toujours rêveuse, inlassablement optimiste.

Je sais que, parmi mes nombreux défauts, je suis une monstrueuse malahie, une difficile, quoi, surtout en matière de vêtements. Que ce soit pour moi ou pour les enfants (à part peut-être Mr Aîné qui a l'âge d'assumer ses goûts de chiotte personnels), j'ai les idées très claires sur ce que je veux, et encore plus claires sur ce que je ne veux pas.

Liste des choses dont je ne veux en aucun cas:

  • les pantalons slims: peut-être que ça va "commencer à aller" (déjà l'écrire me semble un affront) mais jusqu'il y a peu, notre ravissante fille avait gardé ses rondeurs de bébé, donc n'aurait pas pu être à l'aise dans un skinny, fût-il à la mode. On fait quoi, alors: on lui dit qu'à 3 ans elle est vraiment trop grosse? Ou comment créer des problèmes d'anorexie en 10 leçons.
  • les paillettes: désolée, en dehors de certaines manifestations (en gros, le bal du carnaval ou le "pestacle" de fin d'année), les paillettes, je dis non. Et la tulle, pareille: comment veux-tu jouer dans la cour avec ces machins-là???
  • le rose à outrance: savez-vous que les filles n'ont pas besoin d'être vêtues de roses de pied en cap pour se rendre compte qu'elles sont des filles? Et si les autres les prennent pour des mecs, soit elles sont encore trop petites et elles s'en foutent (genre la mienne à 8 mois, elle n'a pas l'air d'avoir été traumatisée d'être un nouveau-né habillée en bleu ou brun - couleurs qui, d'ailleurs, lui allaient à merveille!!!), soit elles sont grandes et les gens ont de la m... dans les yeux.
  • les fringues Hello Kitty: ça je peux pas. C'est trop, non, je ne peux pas. Ou alors un pyjama, une culotte ou des chaussettes. Mais le reste, non. Et encore, comme je veux rester polie, je ne vais pas parler des adultes qui portent des fringues Hello Kitty...
  • les motifs léopard: pour moi le message envoyé est clair: j'aime marcher le long des trottoirs et proposer aux jeunes (ou pas) hommes une partie de fun rétribuée. Je ne vois pas comment ça peut être beau. Mais ça doit être moi qui suis psycho-rigide! Toujours est-il que JAMAIS SUR MA FILLE TANT QUE JE PEUX L'EVITER!!!
  • les t-shirts avec des grandes princesses ou autres personnages de la télé, ou encore avec d'immenses dessins soit cuculs, soit agressifs.
  • les tons pastel, encore moins ce qu'ils essaient de faire passer pour du pastel actuellement, et qui, à moi, me rappellent de vieux rideaux laissés au fond du grenier pendant quelques décennies, genre rose pâle-passé-qui fait sale; bleu pâle-passé-qui fait (etc...)
  • les trucs fluo (à part le foulard de ma voisine, qui lui va à merveille mais sans doute parce qu'il agrémente des t-shirts SOBRES): pourquoi pas les épaulettes, les boutons dorés et les coiffures en brosse, tant qu'on y est?... ah bon, c'est revenu à la mode aussi? Et vive le "staïle" des années '80!!! Va-t-on revenir aussi aux permanentes?
  • les accessoires qui font trop "madame" (autrement que pour se déguiser, bien sûr), voire carrément "sexy".
  • les boutons dorés, clous et autres trucs "blinquants": purée, y a pas moyen de laisser le t-shirt tranquille???
  • les têtes de mort, même si elles sont rose fluo (surtout si...?)
  • Et j'arrête là car la liste est encore longue et je n'ai pas envie de passer (difficile, moi?????) pour une (trop) chiante - donc je ne vais pas parler des trucs pour adultes.

M'enfin bon, vous pouvez imaginer qu'avec ces images en tête, je risquais peu de me ruiner - ou alors je DEVAIS me ruiner complètement en oubliant les grandes enseignes et en dévalisant les boutiques au style classique (pas de chance, ma fille se conduit plus comme une camionneuse que comme une petite fille modèle - comprenez qu'en fin de journée on a envie de la mettre à la lessive (cycle long, bouillant avec prélavage) avec ses fringues).

Heureusement, je me disais que l'emmener avec moi n'était pas un risque: puisque je l'ai bien élevée et qu'en général elle adore les petites robes à 4 euros que je lui achète en seconde main (mais ils n'ont pas de pantalons pour elle là non plus), elle ne risquait pas de tomber dans les panneaux que tendent certaines enseignes à chaque mètre de magasin! Hé ben... en fait, si. Force fut de constater, après 2 tours de "ooooh, regarde ça, maman, je le veux, c'est troooop bôôôôôô!" que MA fille aussi a des goûts de chiotte.

Tout y est passé: des robes de communion raides comme de la tulle (tu penses vraiment pouvoir faire des courses de tricycle avec ça ma chérie?) aux t-shirts (immondes) affichant une (effrayante) Dora (mauve pastel avec des paillettes), en passant par la panoplie Hello Kitty, aux robes de princesses et aux diadèmes en "perles". Elle est même tombée en admiration devant un t-shirt rose berk avec une tête de mort en clous dorés... Au secours!!!

Je tombe des nues car elle me disait, AVANT, que "trop de rose ou de mauve c'est pas beau, hein maman?" (petite frotte-manche, va!) et que "les paillettes nous on n'aime pas, hein maman?"... En fait, c'était comme le drogué au chocolat qui dit qu'en fait il n'aime pas vraiment pour essayer de s'en persuader, puis qu'on emmène chez Galler sans le prévenir ni le préparer... ben c'est l'orgie, quoi!

J'ai demandé au magasin s'ils offraient la livraison gratuite pour ceux qui achetaient tout le magasin. Ils n'ont pas semblé goûter mon (pourtant désopilant) humour, et ma fille n'a pas compris la (pourtant subtile) allusion. Moi, je voulais juste lui acheter un pantalon...

 

14/04/2014

Mais où est donc passé le mode d'emploi?

Ou "Leçon d'humilité non sollicitée"...

Il n'y a pas si longtemps, j'ai commencé à me sentir à l'aise dans mes baskets de parents. La petite dernière quittait tout doucement le monde de la toute petite enfance, nous faisions nos adieux aux chaises pour bébés, aux lits pliants, aux poussettes, aux panades et autre panoplie de guerrier, pardon, de parents...

Nous disions à tchao aux nuits interrompues, aux repas trop chahutés par des "régimes" différents, aux problèmes de logistique inhérents à la famille-nombreuse-avec-très-jeunes-enfants, bref, je commençais à me dire que nous allions pouvoir sortir la tête hors de l'eau. Mieux: je me sentais - osons le mot - expérimentée! Ce qui ne veut pas dire que je ne m'énervais plus, mais au moins j'avais l'impression, un peu, de gérer, de connaître, enfin, c'est comme le mec qui bosse dans la même boîte depuis 10 ans, même quand t'as des trucs bizarres qui surgissent, la plupart du temps, tu te sens en terrain connu et ton connu t'aide à gérer la toute petite part d'inconnu qui persiste, tu la trouves même sympa, cette part d'inconnu, sinon t'aurais presque peur de t'embêter. Tout roule, quoi!

Donc même quand notre charmant fils aîné a commencé sa métamorphose de garçonnet rieur en pré-ado hargneux, je n'ai pas tremblé: pour moi, c'était l'équivalent cité plus haut du "truc bizarre qui surgit parfois": un peu surprenant au début, mais vu l'expérience dans la boîte, on a quand même les outils pour gérer.

Hé ben, pas du tout!!! Je ne sais pas ce qui m'arrive, mais pour l'instant, avec eux, je rame. Ce n'est même pas qu'ils soient particulièrement difficiles (un peu chiants mais sans plus): c'est plutôt moi qui me sens à côté de la plaque. J'ai l'impression que absolument chaque décision que je prends est la mauvaise. Celle qui va les vexer, les embêter, disons-le platement, les faire chier, sans pour autant être une perle de sagesse éducationnelle (vous savez, le genre "tu me remercieras plus tard"... j'ai plutôt peur que ça ne me revienne à la gueule à mes vieux jours et qu'ils me laissent croupir dans mon urine en me balançant tout ce qu'ils n'osent pas me dire pour le moment!). Pourtant j'essaie de prendre en compte les désirs, même ceux qui ne sont pas exprimés (merci Maman de m'avoir appris à décoder le non-dit, même si purée, qu'Est-ce que c'est chiant, un mec qui ne parle pas et qui préfère râler après qu'on n'ait pas bien lu ses pensées!!! Y en a trois, ici!!!). J'essaie d'être juste. J'essaie plein de trucs... t'en fiche, systématiquement, je suis à côté de la plaque. Et j'arrive même à être à côté de la plaque avec les trois en même temps! Si ça ne me mortifiait pas autant, je m'admirerais presque, de faire chier autant de gens en si peu de temps!

J'en viens à m'auto-apitoyer à mort (silencieusement car ch'uis même pas sûre qu'avec ces affreux monstres, la culpabilisation, ça marche!). Hier je me suis même surprise à penser (j'ai presque honte de le dire) "Tracassez pas, je vais de toute façon bientôt mourir puisque je suis sûre d'avoir Alzheimer et il est hors de question que je vous impose ma démence, dès l'annonce du diagnostic je choisis ma façon de quitter à tout jamais cette vallée de larmes et vous serez bien plus tranquilles!!!".

Pourtant quand ils ont enfin prononcé leurs premiers mots (puisque, rappelez-vous, mes enfants n'ont jamais été des génies de précocité), je disais voilà le mode d'emploi! Y avait qu'à attendre un peu!!! C'était long, 18 mois à deviner mais là, youpie, ils parlent! Personne ne m'avait dit que le mode d'emploi de l'époque serait si vite périmé! Ou alors c'est moi qui suis périmée... va falloir me ré-inventer en autre chose: j'étais une mère "à consommer frais", pas un bon vin qui bonifie...

Finalement, ce n'est peut-être pas par hasard que je me suis glissée dans notre cave tout à l'heure (pour des raisons impubliables, la cave est un endroit qu'en général j'évite - ça y est, on va croire qu'on y conserve les cadavres des épouses précédentes!!!) avec un sac poubelle à remplir: inconsciemment, j'espérais peut-être retrouver le mode d'emploi de mes djônes si difficiles à contenter pour le moment? Ou alors, va falloir que, de plus en plus, je me fasse une raison: je ne suis pas leur copine, et vu que, pour les pré-ados, la mère est un animal par définition pas cool, quoi que je fasse, ce sera de toute façon raté?

Purée, et c'est sensé durer jusqu'à quand, cette phase-là???

 

25/01/2014

Faut-il euthanasier ses enfants avant la puberté?

C'est une question que je me pose depuis bien longtemps, moi qui suis prof et entourée d'ados à longueur de journée. Certes, ce n'est qu'une petite minorité qui me l'a inspirée, la plupart des jeunes gens que je fréquente sont formidables, ouverts, "inspirants" (c'est français, ça?), attendrissants... Mais cette minorité-là se manifeste encore de temps en temps, et me rappelle cette question essentielle.

Sauf que... dans ma tête, les enfants ne devenaient "sales ados" qu'une fois leur entrée à l'école secondaire bien officialisée! En d'autres mots, j'avais encore le temps! Hé ben... en fait non. Là, une réponse devient urgente: mon fils aîné devient pré-ado, au-secours!!! Mais comment les reconnaît-on, ces drôles d'animaux?

Un premier signe qui ne trompe pas: les pré-ados n'ont pas de mère, ils sortent tous d'un œuf, d'une coquille, d'un engin spatio-temporel venu de Krypton, peu importe, mais pas d'une mère. Ils ont un chauffeur, oui, et quelqu'un pour tenir le portefeuille, accessoire indispensable à leur soif de créativité vestimentaire et autre. Mais ce n'est pas une mère: c'est une inconnue dans le meilleur des cas, une domestique à reléguer à la cave en fin de service dans les pires.

Autre signe: les fringues... Ah, il est loin, le temps où vous faisiez les boutiques avec amour (et seule) en trouvant immanquablement LE truc qui allait rendre votre bout de chou ENCORE un peu plus beau, le temps où ses petits yeux brillaient de plaisir rien qu'à vous voir l'admirer! A présent, puisque vous, mère, n'existez pas officiellement, même pas la peine de vous le dire: vous avez des goûts de chiotte, donc plus la peine de vous casser la tête. Sauf que là où ça devient un peu compliqué pour un petit cerveau de mère (forcément débile!), c'est que venir avec vous dans les magasins, ça ne va pas non plus, puisque c'est la gêne d'être vu avec vous, puisque les copains, EUX, ils n'ont vraiment pas de mère, pas comme le vôtre qui est obligé de mentir; de même, gare à vous si votre pré-ado n'est pas rhabillé régulièrement, puisque les copains, eux, ils le sont! (mais comment ils font??? J'ai tjs pas trouvé...)

Troisième signe observé chez nous: la taille du sourire, qui est inversement proportionnel à la taille de l'ado. Un "vrai" mec ne sourit PAS, que diable! Il a de vrais problèmes, lui!... mais ne lui demandez pas lesquels: vous ne comprendriez pas, de toute façon!

Quatrième signe: le pré-ado se rend compte de son horrible réalité: il est maltraité. Mais si, même le vôtre! Ecoutez plutôt: TOUS ses copains ont plein de trucs que lui n'a pas, TOUS ses copains peuvent tout faire et pas lui, c'est pas de la maltraitance, ça? Donc essayez d'être plus cools, parents, même de votre cave, cachés aux yeux des autres!

Cinquième signe: l'importance, justement, de ces f*** ch*** de copains de m***! Qui, en plus, ne comprennent pas votre petit bébé tendre et rose (ah non, c'est fini ça!!!), qui blessent sa sensibilité (voire sa tronche) avec leurs blagues "subtiles", leurs moqueries, leurs jeux "virils" genre "on se marche dessus, c'était trop drôle!" (c'est du vécu!!!). En plus ils ont un pouvoir semblable à celui que possédaient, jadis, les empereurs romains avec leur pouce levé ou baissé, ces crétins, puisqu'ils se permettent de juger la coiffure, les fringues, les chaussures ou l'attitude de votre magnifique petit prince et qu'ils peuvent, d'un geste ou d'une parole, le reléguer dans le clan des "cools" ou le clan des "losers". Et si les copains l'ont dit, n'essayez même pas, vous bêtes parents, enfin, adultes qui paient et qui conduisent, de les persuader du contraire: vous n'y connaissez rien, puisque vous n'avez rien vécu!

Enfin, sixième signe, et pas le moins agaçant: c'est que ça discute, ces animaux-là! Et pas toujours de la manière la plus rationnelle qui soit! Que ce soit des insultes déguisées, le fait de se braquer sur un mot pour cesser d'écouter le message de fond ou la simple envie de vous contredire pour le plaisir, comme ils nous connaissent bien, les bougres! Et comme ils savent sur quel bouton appuyer! Et nous, vieux cons, trop souvent, on ne marche pas, on court!

J'ai souvent envie de m'énerver, pour le moment... mais, en le voyant écrit, le sentiment dominant est plutôt une grande tendresse pour mes propres parents, qui ont vécu la même chose, puisque sache, ami pré-ado, que même l'adolescence n'est pas un concept inventé par votre génération. Elle vient juste un peu plus tôt.

Puis finalement, j'ai encore la chance que, une fois rentré à la maison, mon petit pré-ado range son "costume" au placard et redevienne, pour un moment au moins, "mon" fils, celui qui me donne à penser que j'ai encore un peu le temps avant de penser à lui parler d'alcool, de cigarettes, de joints, de contraception...

Allez... pas encore tout de suite, l'euthanasie...j'attends encore un an et j'y repense!

18:51 Écrit par Catherine dans La tartine d'humour | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : les enfants grandissent |  Facebook |

31/08/2011

Déjà demain!

Ben oui, ça y est, les vacances sont (déjà?!!!!) presque finies... demain, c'est le grand jour, l'horrible ou merveilleux jour, le jour de la rentrée scolaire!

Demain, pour des millions de parents et d'enfants à travers le monde, la vie va changer, s'assombrir pour certains (genre moi - un peu, quoi!), s'éclairer pour d'autres (genre les mères au foyer qui n'en PEUVENT PLUS d'avoir leur "d'jones" dans les pattes et qui veulent retrouver des journées zen et une maison qui reste rangée plus de 4 minutes à la fois - je les comprends), c'est la RENTREE, vous dis-je! (même si vous n'aviez probablement pas besoin de moi pour vous le rappeler!

A nous les joies du réveil qui sonne bien trop tôt, du trafic qui reprend son droit, des cahiers à couvrir, des milliards d'obligations simultanées et pourtant contradictoires...

Etant celle que je suis, je me demande forcément de quoi sera cette année sera faite. De quoi aurai-je l'air, au soir du 30 juin 2012? (oui, je pense déjà aux prochaines vacances... sale prof, va!) Serai-je satisfaite? Heureuse? Frustrée? Ou juste harrassée?

Aurai-je réussi à tenir (on ne se refait pas, décidément!) toutes les bonnes résolutions qui fourmillent dans ma petite tête? Ou aurai-je repris la bonne habitude de m'auto-flageller (je sais, j'avais dit que j'allais arrêter!) en me disant que je suis vraiment, une fois de plus, trop méga nulle?

Vais-je réussir à rester une gentille maman zen et aimante, ou vais-je (à nouveau?) me transformer en mégère hystérique et hargneuse au moindre contretemps?

Vais-je réussir à conjuguer l'obligatoire et le superflu sans pétage de plombs?

Vais-je réussir à survivre à l'hiver sans déprime, épuisement, écroulage total?

Vais-je réussir à arrêter de me mettre des défis insurmontables, rien que pour pouvoir geindre que j'y arrive pas?

J'ai bien entendu envie de vivre une année douce. Sans trop de stress. J'ai trop eu l'impression, l'année passée, de ne plus arriver à distinguer l'indispensable du superflu et de craquer sous le poids des obligations. Réelles ou imposées par moi-même? Je ne sais même pas.

J'ai envie que cette année soit une année de découvertes pour toute la famille. J'ai envie de bien-être. Je ne veux pas (plus?) me laisser bouffer.

Je n'ai pas encore la recette miracle qui allonge les journées. Mais j'espère que ce ne sera pas nécessaire. Pourtant, vu le fourmillement de projets, je doute déjà un peu... mais je me suis déjà ménagé des bouffées d'air. Ainsi, j'ai le bonheur immense d'annoncer publiquement que cette année je reprends le sport. Oui oui, carrément. Une bonne résolution de plus à jeter après un mois? Même pas: j'ai trouvé un "cours" de natation (entretien, quoi!) qui a lieu en même temps que celui de mes garçons! Donc pas le choix: ce qu'on ne fait pas pour soi, on est bien obligés de le faire pour sa précieuse progéniture, n'est-ce pas?

Autre (bonne) surprise: mon fils aîné veut faire du hip hop... Moi qui adore le monde de la danse (j'ai fait de la danse classique étant petite, même si j'étais nullissime), je me réjouissais de revivre ça à travers ma fille... ben non, ce sera d'abord mon grand garçon! J'étais toute émue de le voir bouger sur des rythmes R'nB lors des journées portes ouvertes de l'école. Je me vois déjà sangloter lors du spectacle de fin d'année (la grande honte, mais je ne peux pas m'en empêcher!)... mais au moins, faire le taxi pour ça ne va pas me peser (surtout si l'école derrière chez nous lui plaît autant que celle à l'autre bout de la ville - il a intérêt! )

Quand au fils cadet, il rentre en 1è primaire... lui, il va découvrir les joies de la lecture. Il y arrive déjà un peu... on lui dit parfois "pas trop vite, tu vas t'ennuyer en classe si tu sais déjà tout!", mais c'est si gai de le voir déchiffrer quelques mots simples! Que c'est gai de grandir!

J'ai envie de rester zen le plus longtemps possible. De ne pas tout de suite gaspiller le bénéfice de ces vacances. C'est qu'elles n'ont pas été bien ensoleillées, nos vacances belges, mais c'était gai.

Demain, une autre vie reprend. Mais une vie que j'ai choisie. A moi d'éviter les écueils... et de me pardonner quand ça foire...

Bonne rentrée à tous!

10/12/2010

C'était un 12 novembre...

Un petit pas pour l'humanité, mais un immense pas pour Lou, à 14 mois tout juste, un mois plus tard que ses frères qui, eux, ont marché pile poil le jour de leurs 13 mois... Seraient-ils au courant de notre incapacité génétique à nous rappeler les dates importantes?

La voici, en photos...

DSC_0179.jpgDSC_0180.jpgDSC_0182.jpgDSC_0184.jpgDSC_0196.jpg... puis une de nos rares photos du trio infernal.

Bravo ma chérie!

14:50 Écrit par Catherine dans Le toast illustré | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : les enfants grandissent |  Facebook |